La libération de la neshama et celle du corps
Pourquoi la sortie d'Égypte a libéré l'âme d'abord, et ce qui reste à libérer dans le corps aujourd'hui.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov. Nous allons continuer notre développement concernant la Gueoula de la Neshama par rapport à la Gueoula du corps. Nous avons dit que la sortie d'Égypte s'est faite be-hipazon, avec vitesse, justement parce qu'il y avait un lien avec la libération de l'âme. Et étant donné que c'est l'âme qui a été libérée à la sortie d'Égypte, cela… Morale.
La libération d'Égypte était la libération de la neshama. Eh bien, cela s'est fait be-hipazon, d'une manière rapide, c'est-à-dire en défiant la notion de temps. On est dans le deuxième chapitre, Kol Nefesh ou Mitsva… Kol nes ou mitsva… Donc, tout ce qui concerne le miracle, c'est toujours au niveau de l'intériorité. Car, rappelez-vous, le mot miracle introduit une notion qui défie, lui aussi, les notions de temps et d'espace.
Donc le miracle, c'est quelque chose qui vient d'ailleurs. Ce n'est pas quelque chose qui vient d'ici. La terminologie qui définit l'ici, c'est teva. L'antithèse de teva, c'est nes. Donc nes ne vient pas d'ici. Nes équivaut à Olam Haba. Teva équivaut à Olam Hazé. On peut dire que la neshama est un nes dans le corps, qui est, lui, en réalité un kli, lié au teva, au temps. Donc nous sommes dans un mariage entre le temps et ce qui est en dehors du temps.
Donc la notion de nes, mitsad hanefesh, et tout ce qui concerne la nature, teva. Rappelez-vous que le mot teva a aussi le sens de tabaat, c'est-à-dire une bague. Eh bien, ça, c'est mitsad hagouf. Ça vient du corps.
De même qu'il n'existe pas de nature corporelle (teva gouphani) au niveau de la neshama, c'est-à-dire que la neshama n'a rien à voir avec le corps, en fait, dans sa structure intérieure, car elle est esprit, pur, de même il n'y a pas de spiritualité, de nes ou de miracle, en fait, dans la notion de corps. C'est-à-dire que le corps ne connaît pas ce qui dépasse les notions de temps, d'espace et de nature.
Donc, en fait, la neshama ne connaît pas le corps et le corps ne connaît pas la neshama. En tout cas, ils ne connaissent pas mutuellement les degrés de l'autre. Ils ont du mal à comprendre et à assimiler les degrés de l'autre. Alors, comment se fait-il que de temps en temps on voie un miracle au niveau du corps, alors que c'est paradoxal ?
Sache que, en fait, il y a un Assiya qui fait que le corps, à ce moment-là, n'était pas corps. Il est sorti de sa nature corporelle et, à un moment donné, il a joué en fait le rôle de la neshama. Donc toi, tu croyais voir un corps, mais ce n'était pas un corps. Nous voyons qu'en réalité la demande porte sur quelque chose de naturel.
La nature du corps va en se développant de plus en plus. C'est-à-dire que les hommes, et c'est ce que le Rav est en train de nous dire, les générations, au fur et à mesure que l'histoire humaine avance et se développe, il y a de plus en plus de demandes au niveau du corps, et pas au niveau de l'esprit. Rappelez-vous, nous avons dit que tout ce qui était esprit a déjà été libéré en Égypte.
Donc forcément, intuitivement, les enfants d'Israël des dernières générations cherchent plutôt à descendre au niveau du corps. Donc, en fait, cela nous permet de comprendre pourquoi les générations que nous vivons sont plus reliées au corps qu'à l'esprit.
Et donc la Gueoula, celle que nous sommes en train de vivre maintenant, touche beaucoup de niveaux qui sont justement corporels. Les acquisitions de la nation tout entière, les acquisitions de l'État, tout ce qui a trait à la matière, c'est ce qui prend le plus de poids aujourd'hui, au risque même de négliger, à un moment donné, des valeurs de l'âme.
Vous allez donc voir une génération tout entière qui s'occupe du corps. Et vous allez vous poser la question: comment est-il possible que cette génération ait oublié l'esprit ? Elle n'a pas oublié l'esprit. Intuitivement, elle sent que l'esprit a déjà été libéré, et qu'aujourd'hui il s'agit de libérer le corps. Et donc on s'occupe du corps en premier.
Donc, vous voyez de vos yeux que tout ce qui concerne les sdarim, l'ordre du Kodesh, devrait être le lieu de toutes les acquisitions de l'esprit. Et il n'y en a pas, cela n'avance pas comme il faudrait que cela avance. Au contraire, on voit une diminution de tout ce qui a trait aux valeurs de la Torah, aux valeurs de l'intériorité des choses. Et donc les gens mettent le paquet sur le corps plutôt que sur l'esprit.
Pourquoi ? Parce que justement, intuitivement, et je le répète pour la cinquième fois, l'esprit a déjà été libéré: c'est la sortie d'Égypte, ce que nous avons étudié la semaine dernière. Et étant donné que l'esprit a déjà été libéré, et que cela s'est fait be-hipazon, en vitesse, en défiant les notions de temps, il reste au monde aujourd'hui à libérer son corps. Comment fait-on pour libérer son corps ? On permet à la neshama, qui a déjà été libérée, de gérer les valeurs du corps.
Mais étant donné que le corps n'a pas encore eu assez d'espace pour lui-même, il est en train de compléter, de combler les vides qui n'ont pas été remplis à la sortie d'Égypte. Je parle d'Israël, et bien entendu Israël est le reflet du monde entier. Israël est comme un miroir de l'humanité tout entière. L'humanité se reflète dans le peuple d'Israël.
C'est exactement ce qu'on est en train de dire. C'est-à-dire que la Malchout, tu as tout à fait raison, c'est la libération du corps. Tant qu'il n'y a pas de Malchout, il n'y a pas de libération du corps. Maintenant, combien de temps cela prend-il ? Cela peut durer longtemps. Pourquoi cela dure-t-il ? Parce qu'il s'agit du corps et non pas de la neshama. Si c'était la neshama, cela n'aurait pas pris de temps.
Étant donné qu'il s'agit du corps, cela prend du temps. Quand on enlève un plâtre à quelqu'un dont la jambe a été plâtrée, il faut quelques mois pour qu'il retrouve sa musculature première. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu atrophie. Les muscles sont atrophiés, et il va donc falloir les réanimer. Eh bien, le corps de la nation d'Israël a été atrophié pendant des millénaires, et cela prend du temps pour le remettre en circuit.
Même après les galouyot, une fois que nous avons été libérés d'Égypte, toutes les autres galouyot concernent le corps et non pas l'esprit. Et aujourd'hui, c'est la totale. C'est-à-dire que c'est le dernier degré: Édom et Ismaël, Occident et Ismaël. C'est ce double exil dans lequel nous sommes, et nous sommes en train d'en sortir, mais c'est au niveau du corps, donc de l'état des choses, au niveau de la matière. La Torah nous a déjà été donnée, la neshama a déjà été libérée.
Et donc, étant donné que la Gueoula du corps s'habille dans la nature, elle prend la forme naturelle. Et la Gueoula de la neshama, elle, est au niveau du miracle, c'est-à-dire en dehors du temps. Donc, comprenez bien …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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