Le corps saint et la neshama dans la Gueoula
Le Rav Kook sur l'exil qui sépare l'âme du corps, et la guérison du peuple sur sa terre.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La ségoula d'Israël : un don de naissance à activer, 53 min
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Béézrat Hachem, aujourd'hui nous allons étudier un texte des Chazon HaGueoula, du Rav Kook, zatsal, qui concerne la résurrection d'Israël. Le Rav va traiter ce sujet en rappelant l'exigence que le peuple d'Israël doit, à présent, avoir vis-à-vis de sa rédemption, de sa Gueoula. Donc dans Triad Israël, Kaf, il dit la chose suivante.
Grande est notre exigence au niveau corporel. Nous avons besoin d'avoir un corps sain. Nous sommes beaucoup occupés et préoccupés de tout ce qui concerne la neshama, de tout ce qui concerne les âmes. Mais c'était au détriment du corps. Nous avons oublié la sainteté du corps.
Le Rav donne ici un hidouch: le corps d'Israël est saint. Jusqu'à présent, on pouvait croire que le degré de sainteté n'incombe qu'à la neshama. Voici que le Rav vient et nous dit non: même le corps d'Israël est saint, lui aussi a été doté d'une sainteté. Donc, nous dit le Rav, nous avons oublié littéralement que le corps était saint, la sainteté du corps. Pire que cela, nous avons mis de côté, délaissé, abandonné la santé et la force au niveau de nos corps.
C'est-à-dire que nous avons omis de faire le lien entre les mondes.
Le Rav est en train de nous définir la maladie de l'exil, qui fait en sorte de séparer la neshama du corps, à tous les niveaux. L'exil n'est pas seulement la sortie d'Israël de sa terre, c'est aussi la sortie de la neshama du corps. C'est-à-dire que l'on sépare en réalité l'âme du corps. On considère que le corps n'est pas capable de vivre au niveau de la neshama. Donc la neshama, pour atteindre ses degrés supérieurs, doit quitter le corps. L'exil, c'est une séparation du corps et de la neshama.
Et donc on craint de se confronter au degré du corps, parce que l'on a peur que le degré du corps cache, camoufle, et même gâche le degré de ta neshama. Autrement dit, on est en train de développer dans son système une séparation des forces. On donne la place à la neshama, mais le corps n'a plus du tout sa place, ce qui fait que, de facto, dans la réalité, on va commencer à paraître comme quelqu'un de très faible corporellement.
Et vous savez que si un membre du corps n'est pas en mouvement, si vous bloquez un bras, ne serait-ce que pour un mois, il devient atrophié, il faut faire de la rééducation pour le rééduquer. Eh bien, pendant 2000 ans d'exil, on a un peu éteint notre corps au détriment de notre neshama. Et donc le Rav nous dit que lors de la Gueoula, de la rédemption d'Israël, il va falloir rééquilibrer les forces, c'est-à-dire donner des forces, un poids, une importance au degré du corps que nous avons oublié pendant 2000 ans, parce que nous avons seulement négligé le corps de la nation.
On a négligé la terre d'Israël, pour justement une Torah qui est déconnectée de la terre et qui est seulement au niveau de l'intellect. Quel ? C'est tout simplement une conséquence, ce n'est même pas une influence. À partir du moment où tu n'es pas sur ta terre, tu ne peux plus rien faire concernant la terre. Donc là-bas, faire quelque chose au niveau terrestre, c'est contradictoire, parce que la sainteté ne se trouve pas sur la terre en dehors de la terre d'Israël.
D'une manière naturelle, ceux qui sortent en exil comme un combat, le ciel et la terre. Étant donné que le ciel ne peut pas descendre en dehors de la terre d'Israël, car la terre en dehors de la terre d'Israël n'est pas adéquate pour recevoir la lumière divine, les hommes pieux, religieux, se disent, et à juste titre, qu'ils ne doivent s'occuper que de l'esprit de la Torah. Mais pendant ce temps, il n'y a plus de jambes. Il n'y a plus de pieds. Le monde de l'infériorité, c'est-à-dire le monde de la matière, n'existe plus, puisque la kedoucha, la sainteté, ne peut pas descendre ailleurs que sur la terre d'Israël.
Lorsqu'on revient sur notre terre, c'est en réalité une guérison. Eh bien, on doit rééduquer ce corps qui a été atrophié pendant 2000 ans, le corps de la nation et le corps des Juifs, individuellement parlant. On forçait tout simplement: à partir du moment où il a été atrophié, il n'a pas vécu. C'est-à-dire que le peuple ne s'est pas occupé de choses concrètes. De quoi s'occupe-t-on quand on est en exil ? De la naissance, de la brit mila, d'un mariage, d'une bar mitsva, d'une bat mitsva, de la mort. C'est tout. Il n'y a pas de question de labourer la terre.
Il n'y a pas de question d'économie, parce qu'on n'a pas de système économique à développer. On est chez des gens étrangers, dans une nation étrangère. Ce n'est pas notre sujet, ce n'est pas notre problème. — Quel ? Oui, mais cela, ce n'est pas pour Israël. — Quel ? Cela, c'est d'ailleurs plus grave. Le Zohar dit que ceux qui font cela à l'extérieur, c'est comme donner leur semence à une autre femme. Car donner ton intelligence et ta force à une autre nation, c'est tout simplement gaspiller les forces qui reviennent à Israël pour une nation étrangère.
Mais ce n'est pas de cette manière-là que cela doit se faire. C'est pour cela qu'il fallait juste survivre. Et les gens qui étaient liés à la Torah s'occupaient uniquement de Torah, c'est-à-dire qu'ils s'occupaient d'esprit. Mais que l'esprit descende dans la matière, c'est déjà une nouveauté, et cela, c'est le retour d'Israël sur sa terre. Cela veut dire qu'on ne peut plus se suffire de développer notre neshama quand on revient.
Le Rav nous dit ici: on a oublié le corps, et maintenant il faut se souvenir du corps, se rappeler que nous avons un corps qui est lui aussi kadoch et qui fait partie lui aussi de cette entité. On ne peut pas, intelligemment parlant, séparer l'être humain en neshama et en corps et faire la séparation des deux, parce que cela, c'est un manque de vie. Vivre, c'est une neshama dans un corps. Cela s'appelle la résurrection des morts: quand la neshama revient dans le corps, les morts revivent.
Sous-entendu, lorsque le peuple d'Israël revient sur sa terre, c'est comme la neshama qui revient dans le corps. Donc cela s'appelle aussi la résurrection des morts. À chaque fois que tu développes ton système sur la terre d'Israël, imagine-toi que tu fais pousser des légumes en terre d'Israël: tu fais une mitsva de la Torah, de développer ta terre, d'investir sur ta terre. Construire une maison en Erets Israël, c'est une mitsva. Mais ailleurs, pas du tout.
Cela veut dire que tout ce que tu fais ici, même si c'est au niveau le plus bas, apparemment sans Torah, c'est quand même de la Torah, parce que la terre, la matière de cette terre d'Israël, est aussi sainte que la Torah étudiée sur cette terre ou que le développement de la neshama sur cette terre.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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