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Pourim, la guerre contre Amalek et l'unité d'Israël

Pourquoi Amalek s'attaque au peuple et non aux individus, et ce que signifie le mishloa'h manot.

55 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pourim, la lumière de Yesod d'Abba et le lâcher-prise, 1 h 03

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Les jours de Pourim sont des fêtes de l'année, ce qu'on appelle Chouchan Pourim. Ça, c'est toi qui le dis, et les gens dans la rue le disent. Les gens en font des fautes, c'est comme Tou BiChevat.

On ne dit pas Kaga Ilanot, c'est Rosh HaShana Laila. Ça n'a jamais existé à Ilanot. Donc les gens font des fautes. Mais vous êtes là pour apprendre les choses à la source. Et donc Yemei Pourim. Dans la Méguila d'Esther, jamais tu ne verras Kag. Yemei Pourim. Maintenant, ce qui m'intéresse, ce n'est pas de savoir si c'est une fête ou si c'est un jour. C'est qu'il y a une essence. Chaque fête, on va l'appeler fête parce qu'on n'a pas d'autres mots en français.

Chaque fête dans l'année arrive avec une force contradictoire. Je veux dire par là qu'à chaque fois que vous êtes face à un événement, vous avez une force qui va venir gâcher cet événement. Donc Pourim va venir avec une force négative qui va essayer de massacrer la fête. Par exemple, après ça…

La force contradictoire, c'est l'Égypte. Tant que tu n'as pas combattu le hamets et l'Égypte, tu ne peux pas sortir et profiter réellement de ton Pessa'h. D'accord ? Mais de nos jours, ça n'a pas de sens de dire ça, parce que de nos jours il n'y a pas d'Égypte. De nos jours, quand moi je dis Pessa'h, il n'y a pas d'Égypte. Il n'y a pas d'Égypte quand tu fais Pessa'h aujourd'hui. Alors qu'est-ce que tu dis dans la Haggada de Pessa'h ?

Tu dois considérer comme si toi tu étais en train de sortir d'Égypte, comme si toi tu étais sorti d'Égypte. Ça veut dire que l'Égypte, ce n'est pas seulement un pays. Tu comprends bien que c'est une notion que tu dois combattre pour vivre ton nouveau Pessa'h de cette année différemment de ce que tu l'as vécu la semaine dernière ou l'année dernière. Toutes les notions existent. Et donc la leçon première, c'est que chaque fête arrive avec ce que les kabbalistes appellent une écorce, c'est-à-dire quelque chose qui cache. Chaque fête a une écorce. Elle vient cacher l'essence même de la fête.

Quelle est l'écorce de Pourim ? Amalek. D'accord ? Non, je l'ai dit il y a cinq secondes. En français, étant donné qu'on n'a pas d'autres mots pour parler, on parle de fête. Tu ne m'écoutes pas ? Alors que Pourim n'est pas considéré comme une fête. Ça s'appelle Yemei HaPourim. Il n'y a pas marqué Dékhag HaPourim azeh, loï, avor.

D'accord ? Il faut aller à la source des choses. Il ne faut pas dévoyer et sortir de ce que la Torah nous dit, de ce que les Hakhamim nous disent, et de ce qui est écrit dans les sources des choses. Donc la force contradictoire à Pourim, c'est Amalek. Qu'est-ce que c'est que ce Amalek ? Quand est-ce qu'Amalek apparaît dans l'histoire ? Chaque fois que nous nous endormons, à chaque fois qu'on tombe dans une léthargie ou dans un oubli. Et en réalité, que se passe-t-il quand on dort ?

On perd la partie la plus profonde de notre être. On perd, en réalité, l'essentiel de la neshama. Il ne nous reste dans le corps, au moment du sommeil, que ce qu'on appelle le néfesh. Une partie infime qui s'habille dans le sang et qui maintient l'homme avec une certaine… et qui est loin, loin, loin, loin de sa véritable vie. La preuve, c'est que je peux te parler pendant ton sommeil, tu n'entends rien.

Je peux t'ouvrir les yeux, tu ne vois rien. C'est bizarre: tout est là, et comme si rien n'était là. Ce sommeil-là, c'est en réalité une perte. Si je devais traduire ça avec les lettres du nom d'Akadoch Baroukh Hou, les quatre lettres du Nom de Hachem, c'est quoi ? Ce sont les lettres qui nous font vivre. On appelle ça le Nom Havaya. C'est avec ces lettres que nous vivons. Au moment du sommeil, on perd les deux premières lettres. Donc c'est comme s'il nous restait…

…pendant qu'on est en sommeil, que le Vav et le Hé, les deux dernières lettres, qui sont responsables de notre survie, de notre vitalité minimale. Mais l'essentiel de notre lumière est dehors. Et bien, c'est ce qui s'est passé d'une manière collective dans l'histoire de Mordekhaï et d'Esther à Pourim. Et qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'au moment où cette essence quitte l'homme, immédiatement l'homme se trouve…

…dans un monde éparpillé, parce qu'il n'est plus dans son unité. Il n'est plus un. Il est comme mort. C'est pour ça que le sommeil est considéré un petit peu comme la mort, parce qu'il y a une séparation des deux premières lettres avec les deux dernières lettres du Nom. Donc la neshama étant dehors du corps, l'homme ne peut pas vivre de cette manière. C'est un amoindrissement de l'être. C'est comme s'il était en train de mourir. Ça veut dire qu'il est dans un état d'exil.

Donc le sommeil est un état d'exil. On appelle ça, dans le langage des kabbalistes, si'ouk mohrim: on lui enlève les mohrim, comme si ces mohrim, ces cerveaux, étaient partis, avaient quitté. Et il est éparpillé, il ne sait plus où est son unité. Donc l'exil est comparé à la mort. Quand le peuple d'Israël ne vit pas sur sa terre, il est dans un tombeau, dans un cimetière. Le prophète Ézéchiel nous le dit clairement:

remonter en Israël, c'est sortir d'un cimetière pour revenir sur la terre. La réalité est très équivalente. « Je vous ferai sortir de vos tombeaux. » Morale: l'exil est un éparpillement. Et qui nous révèle ce secret ? Le mal lui-même. Haman. Haman harasha, ce fameux Haman, nous voyons son existence dans la Méguila d'Esther. Comment est-ce qu'il commence à parler de nous, du peuple d'Israël ? Yéchno. Qu'est-ce que ça veut dire, Yéchno ?

Il y a. Mais les Hakhamim nous disent: non, ils dorment. Yashnu. Yashen. Autrement dit, Haman, la première définition d'Israël qu'il a dans sa bouche, c'est: ils dorment. D'après ce que je viens de vous expliquer, ça veut dire qu'ils ont perdu leur neshama, parce qu'ils sont éparpillés. Mais il sait, Haman, que dans la source nous sommes un. Alors qu'est-ce qu'il dit ? Yéchno, un.

Il est normalement uni. Il est un. Et là, il est en sommeil. Et donc, s'il est en sommeil, quelle est la suite du verset ? Il est éparpillé. Il est complètement explosé. Il est séparé chez les nations du monde, alors qu'il devrait être sur sa terre. Conclusion de ce raisonnement, qui représente maintenant qui ? Amalek.

Puisque Haman, dans la Méguila d'Esther, est appelé Haman HaAgagi. Il vient d'un certain Agag. Et qui était Agag ? Le roi d'Amalek. Donc Haman, c'est en réalité un descendant d'Amalek, d'Agag. Et ce Haman va définir, en définissant la situation du peuple d'Israël à cette époque-là, qui d'ailleurs ne porte pas le mot Israël…

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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