Le sionisme politique porté par des laïques : pourquoi
Le Rav Cherki montre que le Yichouv ancien a préparé le terrain, puis que la téchouva nationale précède celle des mitsvot.
Rav Oury Cherki
Ensuite : "La Finalité de Jerusalem", 46 min
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Bonjour à tout le monde. Chalom. On m'a demandé — c'est David Altar qui a eu la délicatesse de me le demander — si je pouvais donner un cours sur le pourquoi, ou la signification, du fait que le sionisme politique a été véhiculé par des non-religieux, des hilonim. C'est ça, notre sujet. Je vais le séparer en différentes considérations. Tout d'abord, je vais vous raconter une petite histoire. Vous aimez les histoires, certainement.
J'étais une fois présent, le jour du Chabbat, à la seouda chlichit, le troisième repas, chez mon maître le Rav Tsvi Yehouda. Est arrivé là-bas un jeune rabbin des États-Unis, qui a posé plusieurs questions. Une des questions était la suivante. Il a dit: certains disent que la délivrance d'Israël ne peut pas venir par l'intermédiaire des hilonim. À quoi le Rav Tsvi Yehouda a répondu en levant le bras vers le ciel: « Kushiot al ribono shel olam » — ils ont des objections à faire aux maîtres du monde.
Ce qui veut dire: le fait historique est que la délivrance d'Israël a été réalisée, véhiculée essentiellement, disons — je parle de la force énergétique la plus forte de nos jours — par des hilonim. C'est vrai qu'il y a eu, évidemment, des débuts, des entreprises portées par des tsadikim, par des religieux, et que, sans elles, le sionisme politique n'aurait jamais abouti. Vous savez que dans l'historiographie sioniste officielle, on parle… Attendez une seconde, il faut que je fasse taire là-bas. Donc, dans l'historiographie officielle du sionisme…
On parle de la première Alya, de la deuxième Alya, de la troisième Alya. La première Alya, c'est 1882. La deuxième, c'est un peu plus tard. La troisième, 1904-1905. Et puis après, c'est essentiellement la troisième Alya qui est mise en valeur. Elle est socialiste, révolutionnaire, blonde aux yeux bleus. Et puis, brusquement, on apprend dans les mêmes livres d'histoire de cette historiographie officielle qu'il y a des tensions entre les nouveaux olim et ce qu'on appelle le Yichouv Hayachan, l'ancien Yichouv, c'est-à-dire l'implantation à Jérusalem, Jaffa, Hébron, Tibériade. Il y a donc des conflits d'influence, il y a donc opposition.
Ça veut dire qu'il y avait un Yichouv antérieur. Ah oui, mais ça, on n'en parle pas trop. On n'en parle pas trop, mais il faut savoir que, sans ce qu'on appelle le Yichouv Hayachan — ceux qui ont fondé Mea Shearim, entre autres — jamais l'implantation sioniste laïque n'aurait pu réussir dans son entreprise. Et c'est assez surprenant de voir qu'on a essayé de transplanter ici ce qu'on appelle la lutte des classes du marxisme, entre les ouvriers de la nouvelle Alya et les propriétaires des terres, délégués par le baron de Rothschild. Tout ce que vous pouvez voir comme lutte des classes véhiculée par les socialistes, on le retrouve en Erets Israël. Il faut donc effectivement rendre justice à tout ce qui a été fait.
Auparavant, rappelons que très tôt au XIXe siècle, la majorité de la population de Jérusalem est juive. Et ça ne s'est pas fait au livre socialiste: ça s'est fait justement par des tsadikim qui sont venus d'Espagne, de Turquie, de France, etc. On ne va pas vous faire toute l'histoire. Mais le fait est que, malgré tout, on se rend compte qu'à partir d'un certain moment, le projet du retour d'Israël à sa terre est véhiculé par des non-religieux.
Rappelons-nous tout d'abord ce qui se passait dans les premiers villages en Erets Israël, qui étaient essentiellement sponsorisés, soutenus économiquement par le baron de Rothschild et ses délégués. Il y avait dans chaque village une synagogue, il y avait un mikvé. La vie dans son ensemble était une vie religieuse. Antérieurement, d'ailleurs, à l'activité du baron Rothschild, il y avait l'activité de Moses Montefiore, qui était un pur orthodoxe et qui a construit des quartiers à Jérusalem, à Jaffa, à Tsfat. L'atmosphère était, disons, pour le moins traditionnaliste, si ce n'est plus.
Mais il y a eu la première crise lors de la Chemita, l'année sabbatique. La Torah nous dit de ne pas travailler la terre tous les sept ans, pendant une année entière. Dans les environs des années 1880, il y a eu une Chemita qui a mis en danger l'implantation juive en Erets Israël. Pour être sauvé, il a fallu l'intervention du baron de Rothschild. Ce qui veut dire qu'économiquement parlant, le Yichouv ne pouvait pas tenir. Bien heureusement, sont arrivés des hilonim. Des hilonim qui se disent: de toute façon, la Chemita ne nous intéresse pas, si ce n'est pour des raisons économiques, pour que les religieux veuillent bien acheter notre produit agricole. Mais il y a eu effectivement une difficulté technique. Il semblerait que le Yichouv, avec toute sa puissance, n'avait pas les capacités, les compétences nécessaires pour construire une société qui pourrait tenir par elle-même et servir de base à un État.
Imaginez, par exemple, un entretien entre le bon Dieu et un comité rabbinique. Dieu aurait demandé aux rabbins réunis: « Je voudrais que vous m'écriviez s'il est possible de fonder un État qui fonctionne selon la halakha dans la modernité. » Je suppose que si cette rencontre avait eu lieu, les rabbins auraient demandé six mois. Et après six mois, ils auraient présenté un rapport. Dans le rapport, ils auraient dit: « Maître du monde, nous avons bien réfléchi à la question et nous sommes arrivés à la conclusion que construire un État dans la modernité selon la halakha est possible. Mais pour cela, il faudra faire certaines coulisses, c'est-à-dire trouver les voies de facilité dans la halakha, et parfois faire quelques entorses à la loi, et ça nous gêne beaucoup. »
Et c'est pour ça que nous proposons au maître du monde, en vertu du principe « Chev ve'al ta'aseh » — c'est-à-dire « assieds-toi et ne fais rien, c'est préférable » — de repousser la décision jusqu'à ce qu'on trouve une meilleure solution. Le bon Dieu, déçu par la réponse, demande à son serviteur Ben Gourion de fonder l'État. Et Ben Gourion, pour lui, ça lui est absolument égal de savoir si à l'armée on mangera casher ou pas, si on respectera le Chabbat ou pas, si les mariages vont
se faire selon la halakha ou pas. Mais fonder un État, il sait le faire. Et donc Dieu lui fait confiance. Maintenant, il lui envoie à ses côtés le Rav Maimon — le Rav Yehouda Leib Maimon, qui était un des signataires de la déclaration d'indépendance et qui a été le premier ministre des cultes en Erets Israël. C'est lui qui cassait les pieds à Ben Gourion pour que ce soit casher à l'armée, pour qu'on respecte le Chabbat, pour que les mariages se fassent selon la halakha. Et toutes
les lois de ce qu'on appelle la coercition religieuse en Erets Israël sont le fruit de cette collaboration entre le Mizrahi, c'est-à-dire les sionistes religieux, et le sionisme officiel, celui de Ben Gourion, le Mapaï et tous ses amis.
On voit bien que le bon Dieu fait son travail. Il veut fonder un État, il veut ramener Israël à sa terre. Il s'adresse à ceux qui en ont la capacité technique de le …
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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Oury Cherki ».
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