Pirké Avot 1:3 : servir sans salaire, par amour
Le Bartenoura et le Ramban : amour et crainte de Hachem, et la valeur propre des mitsvot.
Rav Shaoul David Botschko
Ensuite : Les relations et la parole selon Pirkei Avot, 43 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Mishna Guimel, Pirké Avot. Shalom à tous, Boker Tov à tous, Kol HaKavot, tout ce monde qui vient étudier la Torah comme ça, dimanche matin, c'est formidable. Mishna Guimel pose beaucoup, beaucoup, beaucoup de problèmes de pensée juive.
Antigonos ich Socho, qui était de la ville de Socho, a reçu de Chimon ha-Tsadiq l'enseignement suivant. D'abord on traduit, puis on va essayer d'expliquer. Il disait: « Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître afin de recevoir une récompense.
Soyez comme des serviteurs qui servent leur Rav sans attendre une rétribution, et que vous ayez la crainte de Dieu. » Cet enseignement pose un très gros problème, parce qu'un des fondements du judaïsme, c'est notre émouna en la rétribution et la punition. Le rabbin qui a compté et résumé les treize principes du judaïsme les met parmi les treize principes, et d'autres, qui n'ont compté que trois principes, ont retenu la croyance en Dieu, et donc c'est un fondement de notre émouna.
Alors, qu'est-ce que vient nous dire ici Antigonos ? Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître à la condition de recevoir une récompense, mais soyez comme des serviteurs qui servent leur maître sans attendre une rétribution. On va voir d'abord ce que nous explique la Bartenoura.
La Bartenoura nous explique que l'enseignement premier de cette Mishna est de nous dire qu'il faut servir Dieu avec amour. Nous avons deux types de relations avec Hachem: la relation d'amour et la relation de crainte. Si vous regardez la Mishna, elle commence par l'amour et termine par la crainte.
C'est-à-dire que la Mishna veut nous enseigner, c'est un premier enseignement de cette Mishna, que nous ne faisons pas les choses par peur. Nous aimons la Torah, nous aimons les mitsvot, et souvent nous aimons Hachem, mais nous voulons faire sa volonté. D'un autre côté, nous devons le craindre. Ce n'est pas notre petit copain.
Le Ramban, Rabbi Moshé ben Nahman, explique que ces deux manières de servir Hachem, celle de l'amour et celle de la crainte, sont nécessaires pour les deux types de mitsvot que nous avons. Nous avons des commandements positifs: il faut manger dans la souka, il faut jeûner à Kippour, il faut prier, il faut donner de la tsedaka, il faut visiter les malades, il faut consoler les endeuillés. Tout cela fait partie des choses que l'on va faire, et ce qui nous pousse à les faire, c'est l'amour d'Hachem.
Et puis il y a des commandements négatifs: il ne faut pas voler, il ne faut pas tuer, il ne faut pas profaner ses Chabbats, etc. Pour ceux-là, on a besoin de la crainte. L'amour, c'est le rapprochement envers Hachem. La crainte, c'est de savoir que ce n'est pas notre copain.
Le premier enseignement d'Antigonos ich Socho n'est donc pas de dire qu'il n'y a pas de récompense, mais qu'il y a deux manières de servir Hachem, et qu'elles sont toutes les deux nécessaires. On sert Hachem avec amour, on est heureux de faire la Torah et les mitsvot. Mais nous savons tous que nous avons des penchants, alors il faut avoir une crainte du Ciel: savoir qu'il y a un maître qui voit tout ce que nous faisons, et qu'il nous demandera des comptes si nous désobéissons. La dernière partie de la phrase vient équilibrer la première. C'est un premier enseignement pour comprendre cette Mishna.
Un peu plus loin dans la Mishna, nous allons voir... Comment ça se trouve ? Voilà, la Mishna 11.
Dans un petit moment, je vais expliquer le rapport, afin que vous ne soyez pas condamnés à l'exil et que vous n'alliez pas dans les mauvaises pensées. Les élèves qui viendront après vous vont boire ce que vous avez enseigné et vont mourir, et ainsi le Nom de Dieu sera profané. La Bartenoura explique cela, mais c'est déjà marqué dans Avot de Rabbi Natan, c'est-à-dire dans le chapitre 5 d'Avot de Rabbi Natan.
Nous voyons peut-être le texte ici, et je peux vous le montrer à l'écran. Vous pouvez me laisser, notre ami, donner la possibilité de montrer un texte. Quel texte ? Un texte que j'ai sur mon ordinateur. Il faudrait que Laura me l'envoie par mail, ce sera le mieux. Je ne peux pas faire le partage d'écran. Si vous savez le faire, il n'y a pas de problème, vous pouvez nous faire partager. Il faut que j'aie l'autorisation. Voilà, vous m'avez donné le partage d'écran. Eh bien, voilà, c'est ça.
Voilà, dans Avot de Rabbi Natan. Vous voyez cette Mishna: nous avons la Mishna que nous avons chez nous, exactement le même texte, mais il y a une petite différence. Regardez. C'est comme chez nous: « Ne soyez pas comme les serviteurs qui servent leur maître à la condition de recevoir une récompense, mais comme des serviteurs sans intention de recevoir une récompense. » Donc on a parlé de la crainte. Et qu'est-ce qu'il ajoute ici ?
Pour que votre récompense soit pleine, et pas de la récompense... Dans cette Baraïta même, dans cette Mishna même. Pour bien comprendre pourquoi cet ajout, on va voir la suite du texte de cette Baraïta.
Ils ont bien étudié l'enseignement d'Antigonos ich Socho. Comment peut-on dire une telle chose ? Est-ce qu'un employé peut travailler toute la journée sans recevoir de récompense le soir ? S'ils savaient qu'il y avait un monde futur, qu'il y avait la résurrection des morts, ils n'auraient pas dit ainsi. C'est-à-dire qu'il n'y a pas... Ah, il n'y a pas ? Eh bien, ils ont abandonné la Torah.
Les Sadducéens sont issus de la maison de Béïtos, et viennent des élèves d'Antigonos ich Socho. Maintenant, on va retourner à la Mishna. Les Tsedoukim, les Sadducéens, tirent leur nom du premier qui s'appelait Tsadok. Béïtos, c'est le nom de celui qui s'appelait Béïtos. Eh bien, ils passaient leur vie à faire des vacances, à utiliser des objets d'argent et des objets d'or. Ils disent: vous voyez, les pieux, les religieux, ils vivent mal dans ce monde-ci, et ensuite il n'y a pas de monde à venir.
Alors maintenant, on va revenir à la Mishna. J'ai terminé de rapporter. Vous me remettez la Mishna, voilà. Maintenant, vous allez comprendre ce qu'il dit un peu plus haut. Voilà, voilà.
Il faut faire attention à vos paroles. C'est-à-dire que dans les paroles d'Antigonos ich Socho, il y a un véritable danger. Dire aux gens: servez le maître sans espoir de recevoir une récompense, c'est risquer que les élèves qui viendront après ne comprennent pas cet enseignement, et qu'ils tout abandonnent.
C'est un premier enseignement qu'on a ici. On a vu que la première partie de la Mishna, c'est l'amour de Dieu, la deuxième partie, c'est la crainte de Dieu, et qu'il faut trouver l'équilibre. C'était l'intention d'Antigonos ich Socho: non pas dire qu'il n'y a pas de récompense.
Maintenant, on a vu un deuxième enseignement: le danger des paroles de Socho. C'est pour cela que a dit: faites attention à ce que vous dites. Parce que lorsqu'on demande à quelqu'un de servir Dieu sans attendre de récompense, il peut penser qu'il n'y …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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