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Le Rav Élie Kling : histoire de sa famille et de son père

Parcours du père du Rav Kling : Nice, la radio Shalom Nitsan, puis Kfar Maimon jusqu'en 2003.

9 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Le Rav Elie Kling, de l'exil à l'alia dans le Néguev, 1 h 34

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Avant la reprise de l'émission « On en veut toujours plus », nous vous proposons de revoir un extrait de chaque invité avec son questionnaire personnel.

Moitié, moitié. Ah, parce qu'il y a un côté hyper sympathique, mais grave. Depuis tout à l'heure, je le kiffe. Tu connaissais pas Rav Ely Kling ?

— Non, pas du tout. Je viens de le découvrir, je suis hyper content de le connaître.

— Mais attends… Qu'est-ce qu'il y a ?

Alors, l'interview pour être plus proche, Rav Ely Kling. Nous allons faire une interview mémoire. Mémoire. C'est une interview ashkénaze.

Je le dis à tous mes invités, je te le dis à toi aussi Rav: l'interview est écrite par Shimcha Nathalie. Donc quoi qu'il arrive, s'il y a des choses que tu ne comprends pas, c'est normal. Personne ne comprend.

Alors on va faire une interview mémoire. Si je te dis 1928: 1928, c'est l'année de naissance de ma mère, de mon père. Si je te dis 1945: 1945, c'est la fin de la guerre de… c'est la sortie d'Égypte ? C'est la rentrée au Séminaire israélite de France de ton père. Ah, tu vois ? Oui, il s'est passé plein de choses. Ah oui, on en connaît des choses.

1949. 1949, ça doit être le mariage de mes parents ?

— Oui, avec ta mère, Esther Hakoun. Voilà. Donc, le côté séfarade du Rav Kling.

— Voilà. Moi, je m'entendais parce que vu le nom, ça devait être que sa mère, quoi. D'Algérie, oui. Moi, c'était Ghanem, ma mère. J'avais une tante qui s'appelait Hakoun.

Hakuna Matata. Bravo ! Il a toujours l'air propre pour me suivre. J'étais sûr qu'il avait… Il était là, il est toujours là. Quel chant fantastique.

Non mais je crois que tu avais une coque de téléphone avec écrit Hakuna Matata à un moment.

— Tu rigoles ? J'ai jamais le devis.

— Ou une sonnerie de téléphone ?

— Non, mon téléphone c'est 0 545 545 005.

D'accord, ok. Il place son téléphone, on a pas demandé. Très tunisien comme numéro. Ok, très bien. Malgré qu'il ait acheté nazi.

Alors, on reprend l'interview mémoire. 1955. Ah, mon père est arrivé à Lyon. Il est devenu le ? Grand rabbin de Lyon. Bravo. 1974. Ah, tu passes sur 59, où je suis né cette année-là. C'est une interview mémoire. Ok. Alors, qu'est-ce que tu dis, 74 ?

— Ah, on a votre date de naissance. 74, on est parti à Nice. Il a été nommé grand rabbin de Nice.

— Et en quelle année tu es né ?

— En 1959. Ah, quand même.

— Oui, quand même. Il a deux ans d'écart avec toi. J'attendais la réflexion de…

Alors, 1974, donc grand rabbin de Nice.

— Oui. 74 à 93. Michael Jackson.

— Bah, il était donc à Nice.

— Oui. Ensuite, il a fait Alyah en 93.

Radio Shalom Nitsan, c'est quoi ?

— Radio Shalom Nitsan, alors ça, c'était la grande aventure de mon père en tant que grand rabbin de Nice. C'était l'époque des radios libres.

— Ok.

— Et donc ça fleurissait un peu partout. Et lui, il avait une page par semaine que la radio libre de Nice, la municipalité de Nice en fait, lui accordait. Et puis, un jour, le maire de Nice, qui était très sympathique au départ, lui a dit: non, aujourd'hui tu ne peux pas, parce que c'est une fête chrétienne, je ne sais plus laquelle. Ça l'a tellement énervé que, parce que c'est une fête chrétienne, on ne peut pas avoir la petite heure d'émission juive, il a dit: on va faire notre radio. Et c'est un cas unique dans l'histoire des radios juives en France, puisque c'est le rabbin qui a décidé de créer la radio.

Je me rappelle qu'ils se baladaient avec des boîtes d'œufs. Parce qu'on lui avait dit qu'on pouvait isoler un studio avec des boîtes d'œufs sur le mur, et que ça coûtait moins cher.

Donc il a fait tout ça, il s'est occupé de tout. Après, il était le directeur de la radio, et c'est lui qui accordait des horaires, des pages horaires aux différents responsables communautaires. Ces dames de la Viso avaient le droit de venir entre telle heure et telle heure. Et lui, il faisait tout: il faisait la politique, les informations, la Torah… Il faisait, il faisait, il faisait tout. Et puis il me disait: si j'avais connu ça avant, si j'avais connu ça avant. Voilà un outil qui permet de joindre des milliers et des milliers de gens en une journée, beaucoup plus que tout ce que j'ai fait pendant…

Alors, ça doit lui faire plaisir aujourd'hui que son fils soit à la télévision ?

— Certainement. Mais quand même, quand il a fait son Alyah, il continuait à enregistrer des émissions qu'il envoyait à la radio, Shalom Nitsan.

— Alors, son Alyah, justement, quelle année ?

— En 93, je pense, oui.

— Bravo. Il est venu où, en Israël, en 93 ?

— Il est venu à Kfar Maimon. Il est venu au départ parce que nous étions là-bas depuis quelques années déjà. Et il ne voulait pas rester dans ce petit village sympathique. Il voulait certainement aller à Yerouchalayim ou ailleurs. Mais au fur et à mesure que… comme il avait son pied-à-terre là-bas, il s'est dit: pourquoi chercher ailleurs ? Il était très impressionné par cette vie d'un village juif conscient de l'or judaïque. Et ce qu'il a beaucoup aimé là-bas, à Kfar Maimon, c'est que ce sont des agriculteurs,

des gens qui travaillent la terre, avec beaucoup d'idéal. Ils font de la émouna, ils étudient la Guemara tous les jours. Il ne lui venait pas qu'il y ait autant de monde à la synagogue le Chabbat qu'à Kippour. Lui qui avait connu les Kippour de France, il disait: comment est-ce possible ? Mais enfin, c'est normal: une très grande synagogue avec beaucoup de monde. Il y avait du monde, et il y avait des… Et il adorait ça. Personne ne savait exactement qui il était.

C'est-à-dire qu'on savait qu'il était rabbin, parce que c'est ce que je disais quand on me posait la question, mais il ne savait pas trop quel genre de rabbin c'était. On ne savait pas qu'il avait failli être grand rabbin de France, par exemple, des choses comme ça. Ils l'ont appris seulement à son décès, lorsque les gens sont venus pour la chiva, etc. Et ils m'ont dit: comment est-ce possible qu'on ne l'ait jamais su ? Parce que lui, en fait, il prenait plaisir.

À aller assister aux cours du Rav, à s'asseoir avec tout le monde. Et au contraire, il adorait cette vie. Il s'était acheté un petit vélo pour faire ses courses à la Makolet du coin, et il cultivait son jardin. Et il faisait les petites mitsvot qu'il avait l'habitude de faire, avec beaucoup d'amour et de simplicité. C'est une grande leçon de vie pour tout le monde.

Et en 2003, hélas… il nous a quittés, beaucoup trop tôt.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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