Voir le tout avant les détails dans l'étude
Le cours enseigne à partir du général (le clal), descendre dans le détail (le prate), puis revenir au tout.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Explication et approfondissement autour de la fête de Souccot, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je suis convaincu de revenir. Ce n'est pas évident pour Yoël de venir comme ça tous les mois, c'est assez épuisant. Mais, ceci dit, on a trouvé un petit compromis: Yoël va essayer de venir tous les deux mois, au moins avant les fêtes. Je suis vraiment ravi.
Lorsqu'on regarde la réalité de notre vie d'une manière trop restreinte, trop ponctuelle et limitée aux événements, on a un problème: on risque de perdre l'image globale. C'est toujours un problème dans la vie de savoir avoir une vision globale, puis après rentrer dans les détails. Le problème dans notre vie, c'est qu'on rentre trop rapidement dans le détail des choses, et on perd l'image globale. Encore plus, on ne l'a jamais eue: on rentre tout de suite dans les détails.
Malheureusement, c'est vrai aussi dans l'étude. Lorsqu'on rentre dans une sougya, on rentre tout de suite dans le sujet. On n'arrive même pas à avoir conscience de ce qu'on est en train d'étudier d'une manière générale. Ce qui fait que les détails vont couvrir le tout. En hébreu, on dit: tu ne sais plus que tu es dans une forêt. C'est-à-dire que le détail, encore un arbre, encore un arbre, encore un arbre, et tu ne sais pas que ça s'appelle forêt. Tu ne vois pas l'ensemble, tu vois les détails.
Nous avons l'habitude d'enseigner que la force générale est comme l'âme de tous les détails, qui vont en réalité sortir de ce général. C'est-à-dire que l'étude de la Torah doit toujours commencer par une vision globale des choses. Et une fois que la vision globale est plus ou moins vue, car on ne peut pas la comprendre entièrement, alors on peut plonger dans tous les détails. Les détails n'existent pas en fait: ils ne sont que la mise en détail d'un tout. Autrement dit, il n'y a que le tout qui existe, et le détail est une coupure, une mise en détail du tout.
Un exemple: le soleil. Lorsqu'il est mis en détail, ça devient des rayons de soleil. Mais vous êtes bien d'accord que les rayons du soleil n'existent pas, ils ne sont que le soleil qui émane. Si j'enlève le soleil, le rayon n'est pas. Alors que si j'enlève le rayon, le soleil continue d'être. Donc le soleil, c'est le tout, et il va rayonner par une multitude de rayons. Les rayons n'existent pas, ils ne sont que des bras de ce grand soleil.
C'est exactement la même chose dans toute l'étude de notre vie, je veux dire l'étude de la Torah. La Torah, c'est l'étude de la vie. Et donc il faut tout le temps voir une image globale de tout ce qu'on fait. Il y a une règle, les sages nous donnent une règle pour l'étude. Cette règle doit traverser trois degrés. Quand tu veux étudier quelque chose, tu dois étudier d'abord le tout: en hébreu, c'est le clal. Une fois que le tout est vu, tu dois rentrer dans les pratiques, dans le prate, dans le détail. Puis, une fois que tu as fini ce travail-là, il faut revenir à la fin au grand tout. En hébreu, ça se dit clal, prate, clal.
On commence par le tout, on descend dans le détail et on remonte dans le tout. Quelque chose d'assez concret pour que vous compreniez de quoi je parle: les deux parachiot de Torah qu'on vient de passer, Yitro et Michpatim.
Dans la paracha de Yitro, qu'est-ce qui se passe ? C'est grandiose. On voit le tout. Mais dans ce tout-là, on ne tient pas encore véritablement quelque chose dans la main. La paracha de Yitro est tellement grande, tellement céleste. C'est le mont Sinaï. C'est une vision, ce sont des voix, ce sont des bruits. C'est un événement exceptionnel. Il est tellement exceptionnel que quand on rentre après cet événement, on n'a rien dans la poche. On rentre le soir dans la tente: « Chéri, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? » Il y avait tellement de choses, mais est-ce que vous avez ramené quelque chose ? Non. On a entendu, on a vu, mais on n'a rien encore.
Alors que dans la paracha suivante, Michpatim, tel que son nom l'indique, on a déjà une mise en détail de ce grand tout, qui commence à être détaillé. Il va y avoir une multitude de mitsvot dans la paracha qu'on vient de passer. Mais à la fin de Michpatim, après tous ces détails, il y a juste un extrait où on voit que Moché remonte.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Moché vient du tout, il est descendu dans les détails, et à la fin de tous ces détails, il doit clôturer par une vision globale une fois de plus. Un artiste qui est en train de façonner une œuvre doit avoir une vision globale de la mise dans l'espace de son œuvre. Une fois qu'il a cette vision globale, il va rentrer dans les détails, dans la fabrication. Et une fois la fabrication faite, il va falloir se reculer pour voir encore une fois le tout. Peut-être que les ensembles, tous les détails, ne vivent pas ensemble comme il faut, parce qu'un équilibre n'est pas respecté. Et donc il faut le clal, le prate et le clal. Et là, on s'aperçoit qu'il y a un or, un or très important.
Alors on va essayer de faire un petit peu ce jeu dans l'année. On ne va pas tout prendre, parce que nous sommes dans la fête de Pourim, mais on va essayer de concentrer notre étude sur quelques mois autour de Pourim. On va commencer par exemple par Tou Bichvat. Tou Bichvat, ça ne fait pas très longtemps. À Tou Bichvat, qu'est-ce qu'on a fait ? On a mangé des fruits. On a pris conscience de notre lien avec la terre. C'est une fête que les kabbalistes ont remise à jour, une fête qui n'est marquée nulle part. Et on a commencé à prier et à faire des bénédictions sur les fruits. C'est très intéressant: on a trouvé le divin qu'il y a dans les fruits de la terre.
C'est un thème très important pour le Rav Kook, en hébreu Hakdoucha chébaTéva, la sainteté qui se trouve dans la nature. Est-ce que j'arrive à trouver le divin dans la matière, dans un fruit ? Et là, il y a toute une éducation que je ne vais pas développer, mais juste un petit détail: savoir tout le temps d'où je viens, de qui je reçois ma force. C'est pour ça que lorsque je prends une pomme pour faire une bénédiction, je n'oublie pas que la pomme vient d'un arbre. Ça paraît tout bête, mais pas du tout. Il y a des gens qui mangent des pommes sans savoir que cette pomme a un passé, un père, une mère. Quand je prends la pomme, l'éducation de base me dit: Borei péri ha-ets. Rattache toujours la pomme à sa source. C'est une éducation de vie, pour savoir d'où tu viens et ce que tu es en train d'intégrer.
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