La smikha, la transmission de maître à élève et la Kabbale
Pourquoi la smikha s'est arrêtée, et comment la Torah cachée de la Kabbale s'est transmise depuis Moshe Rabbeinu.
Orot veKelim
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom, shalom à tous, shalom à toutes. Shavouot tov, comment ça va ? Shavouot tov à tous et à toutes. Eh bien, journée assez triste, hein, assez triste. Comme tu l'as dit, David, aujourd'hui on va étudier les Hachem yichmor… ceux qui sont partis dans la catastrophe de Méron, et aussi pour la refoua chléma de tous ceux qui sont encore dans les hôpitaux.
Et il n'y a pas encore tellement de mots pour s'expliquer ce qui s'est passé. Je pense que pour l'instant, l'heure est à la solidarité et au recueillement de chacun. Comme dit d'ailleurs le Rambam, si on étudie déjà le Rambam, la condition à toutes les mitsvot et à toute la Torah, c'est d'être lié à Am Israël, aussi bien dans ses joies
que dans ses tristesses. Comme il le rappelle: si quelqu'un fait les 613 mitsvot, mais n'est pas joyeux dans les joies du peuple d'Israël et n'est pas triste dans ses tristesses, alors toutes ces mitsvot ne valent rien. Et donc aujourd'hui, comme l'a décrété le gouvernement, c'est un jour de deuil national, et on peut tout simplement se recueillir et être solidaires dans nos cœurs avec les familles
des défunts, et réfléchir à la notion d'unité d'Am Israël. Sans transition, on continue notre étude. C'est possible que ce soit le dernier cours de ce sujet, qui est la transmission de la Torah orale
depuis Moshé Rabbénou jusqu'à aujourd'hui. On va essayer de finir aujourd'hui l'exposé historique. Et avant de continuer sur notre frise chronologique, j'aimerais compléter un sujet dont on n'a pas parlé, qui s'appelle la smikha.
Alors, qu'est-ce que la smikha ? La smikha, c'est le fait qu'un rav nomme son talmid, son élève, reconnaisse sa valeur et lui dise: « Tu es apte à devenir toi-même juge, tu es apte à devenir toi-même rav, à enseigner la Torah, à la transmettre, etc. » Donc c'est vraiment quelque chose qui se transmet de maître en élève.
Ce titre-là, on l'appelle donc samour. Quelqu'un qui a reçu cette nomination, cette smikha, devient donc quelqu'un de nommé, qu'on appelle samour. Et ça commence, bien sûr, avec Moshé Rabbénou. Et ça va durer comme ça pendant plus de 1500 ans, cette smikha-là. Alors, regardez dans les mots du Rambam. On est dans Hilkhot Sanhédrin. Voilà.
Peu importe quel tribunal: il faut toujours que dans n'importe quel tribunal il y ait quelqu'un qui est samour, quelqu'un qui est nommé, qui a été lui-même nommé par quelqu'un qui a été nommé, etc.
Et donc, comment ça a commencé ? Moshé Rabbénou a posé ses mains sur la tête de Yehoshoua et l'a nommé comme étant son successeur. Et ainsi, pas seulement Yehoshoua, mais aussi les soixante-dix sages
de l'époque de Moshé Rabbénou lui-même, il les a nommés. Et ensuite, ces mêmes smourim, ces gens nommés, ont continué de nommer des gens les uns après les autres, comme ça.
Il faut toujours qu'il y ait quelqu'un qui soit nommé. Et donc cette smikha a continué pendant plus de 1500 ans. Et puis, on ne sait pas exactement quand. Selon les historiens, c'est à peu près à l'époque des Amoraïm. Alors, l'époque des Amoraïm, sur notre frise, c'est entre la clôture de la Mishna et la clôture de la Guemara. À ce moment-là, on ne sait pas trop non plus pourquoi, mais la smikha s'est arrêtée.
C'est-à-dire que, a priori, selon les sources qu'on a, c'est tout simplement parce qu'on n'a pas trouvé de personnes qui étaient à la hauteur. Pour être samour, il faut être professionnel dans toute la Torah. Il faut savoir trancher dans toutes les lois de toute la Torah. Et certaines choses se sont perdues, certaines choses qu'on ne connaît pas. À l'époque du Rav Kook, donc il y a à peu près un siècle, on lui a demandé: voilà, est-ce qu'on ne pourrait pas renouveler ?
Et il a répondu: écoutez, on n'a pas aujourd'hui quelqu'un qui soit baki, professionnel dans toute la Torah. Parce qu'on sait que dans la Torah il y a aussi, par exemple, des lois de sortilège, des lois de sorcellerie, etc. Pour savoir ce qui est considéré comme de l'idolâtrie ou non, il faut savoir parler soixante-dix langues. Bref, apparemment, à un moment, ce sont aussi des conséquences de la galout, des persécutions, etc. Ça, c'est perdu. Et puis, apparemment, le dernier
des samourim, le dernier des nommés, n'a pas trouvé d'élèves à nommer. Et donc la smikha s'est arrêtée. Alors, quelle est la conséquence de l'arrêt de la smikha ? Eh bien, si on n'a pas de samourim, si on n'a pas de gens nommés, on ne peut pas juger les dinei nefachot, c'est-à-dire un tribunal qui serait capable de prononcer une peine de mort, par exemple. On ne peut pas avoir non plus de Sanhédrin. Le Sanhédrin, c'est un tribunal central qui serait capable de juger des questions
du collectif: est-ce qu'on part en guerre, est-ce qu'on ne part pas en guerre, etc. C'est-à-dire que toutes les plus grosses questions, finalement, auxquelles la Torah orale aurait réponse, sans la smikha, ce n'est pas possible. Donc, finalement, les juges vont se contenter de juger les dinei mamonot, c'est-à-dire tout ce qui relève des discussions d'argent.
Ça peut être aussi dans les issourim, c'est-à-dire ce qui est casher et ce qui ne l'est pas, etc. Mais si quelqu'un, par exemple, est passible de mort, et d'autres grandes questions comme ça, eh bien, on n'a plus la possibilité. Le Rav Kook écrira, à propos de ce sujet, que c'est ce qu'on appelle hones chez Yechevat Ratson Pnimi, c'est-à-dire qu'on est contraint, mais en fait on est contraint, quelque part, à cause de notre niveau spirituel. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement
une contrainte technique: « Mince, on n'a pas de samour, donc on ne peut pas juger telle ou telle question. » C'est la résultante de notre niveau. C'est-à-dire que lorsque Am Israël, et on va le voir vers la fin du cours, n'est pas sur sa terre, n'est pas lui-même chez lui, bien entendu, ses actions sont aussi limitées. C'est comme quelqu'un de malade, qui ne peut pas agir
de la même manière que quelqu'un qui est complètement sain. Il y a des choses qu'il ne peut plus faire. Parmi les choses qu'on ne peut plus faire, il y a le fait de juger les dinei nefachot. Donc ça, c'est pour la smikha.
Il y a un texte du Rambam très important, très intéressant, très connu, concernant ce qu'on appelle le tikoun de la smikha, c'est-à-dire: est-il possible de faire revenir la smikha ? Regardez comment il l'écrit. Comment pourrait-on faire le renouvellement de la smikha ? Eh bien, si tous les sages d'Erets Israël, donc les dayanim d'Erets Israël, se mettent d'accord sur une personne et lui disent: « Toi, tu es samour, toi, tu es plus grand que tout le monde »,
il faut qu'ils soient tous d'accord. S'il y a un sage qui n'est pas d'accord, ça ne marche pas. Et donc, ça veut dire qu'on pourrait renouveler ça: tous les sages, tous les rabbins réels, se mettent autour d'une personne, et lui, voilà, lui, …
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