Israël, le nom d'Hachem et la sortie d'Égypte
Pourquoi le peuple d'Israël est le « nom » par lequel l'infini se dévoile, et ce que la sortie d'Égypte révèle de notre rôle.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Émouna et moussar : pensée juive (cours du cycle), 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le sujet principal du judaïsme, c'est la Gueoula. La Gueoula signifie le dévoilement du Kodesh dans la création. Il y a l'essence du Kodesh et il y a le nom. Le nom, c'est un dévoilement du degré qui s'appelle Kodesh. C'est-à-dire qu'il y a le Kodesh et le nom du Kodesh. Le Kodesh, c'est l'essence même du divin. Le nom du Kodesh, c'est Israël. Ça veut dire que nous sommes le nom d'Hachem dans ce monde.
Quand on parle du nom, on parle du sens, de la direction. En hébreu, l'Hachem Ma: pourquoi ? Vers quoi ? Au nom de quoi ? Autrement dit, au moment où tu définis quelque chose par le nom, tu commences à guérir de l'oubli, du manque d'identité, du manque de savoir. Et ce nom révèle en fait le sens pour lequel le monde tout entier a été créé. Ça donne une direction, et les valeurs du ciel peuvent descendre sur la terre.
De la même manière que mon nom n'est pas pour moi, je ne m'en sers jamais: mon nom, c'est pour ceux qui vont m'appréhender, m'appeler, essayer d'être en contact avec moi. De la même manière, Hachem, au niveau de Son essence, est intouchable, car Il est l'infini. Il faut donc, entre guillemets, habiller cet infini dans une notion qui est plus recevable. Cet habillage s'appelle Shem. Et ce Shem, c'est donc Israël.
Israël a été créé en tant que nation, a été pensé en tant que nation, pour dévoiler l'essence divine, l'essence de l'infini dans ce monde. Autrement dit, pour dévoiler ses valeurs, pour dévoiler ses qualités, pour dévoiler sa morale, pour dévoiler comment le monde doit évoluer, selon quels critères le monde devrait vivre sa vie.
Nous sommes dans le livre de Chemot. Nous sommes dans le livre des noms, c'est-à-dire le commencement des définitions des choses. Jusqu'à maintenant, nous étions dans un livre qui relève de la notion de tête, donc d'incompréhensible: Béréchit. Dans le mot Béréchit, il y a Roch. La tête renferme le tout, mais d'une manière fermée. Il faut maintenant commencer à verbaliser, donc donner un nom, appeler, nommer, définir, pour pouvoir comprendre les notions qui étaient déjà dans la tête, d'une manière exprimée.
Et donc le livre de Chemot, c'est le début de l'histoire réelle. Pourquoi l'histoire réelle ? Parce que l'histoire réelle, telle que nous devons la compter, c'est l'histoire avec laquelle commence le processus du dévoilement d'Hachem dans ce monde. Étant donné que c'est seulement dans ce livre que la nation d'Israël apparaît, l'histoire commence réellement à partir du livre de Chemot. On peut dire donc facilement que le livre de Béréchit, c'est de la préhistoire, par rapport au livre de Chemot qui commence l'histoire.
Le peuple d'Israël, qui va être le porteur du message divin, a été créé pour cela. C'est un rôle très important, car il est de l'ordre de l'infini. Et donc nous avons la capacité, nous sommes résistants à la lumière de l'infini. Car quiconque joue ou jouerait à ce jeu-là brûlerait. Mais le peuple d'Israël, étant donné qu'il a été fabriqué avec les données nécessaires et suffisantes pour lui permettre de dévoiler les valeurs de l'infini, lorsqu'il le fait, arrive à être le porte-parole. C'est-à-dire qu'il n'explose pas, il n'implose pas. Il arrive à être le porte-parole sans brûler pour autant.
Seulement, il faut sortir de l'oubli. Il faut sortir de l'écorce qui cache la lumière divine pour la dévoiler. L'Égypte est le code qui définit cet oubli, ce manque, ce manque d'expression des choses. Donc le mot Mitzrayim ne vient pas seulement nous raconter l'histoire d'une terre, d'un lieu géographique, mais c'est une notion. C'est une notion qui parle d'oubli, de perte de l'identité.
Dans le mot Mitzrayim, vous pouvez découper le mot en deux. Il y a Metsar, qui est une prison, une étroitesse, et il reste les deux lettres Mi, Ki. Traduction en français: en Égypte, le « qui », l'identité, est en prison. L'identité de qui ? Pas du peuple d'Israël, mais d'HaKadosh Baroukh Hou. Le peuple d'Israël, encore une fois, n'est que le porteur du message d'HaKadosh Baroukh Hou. Donc le mot mi vient définir, en réalité, les valeurs divines. L'identité d'HaKadosh Baroukh Hou, c'est elle qui se trouve emprisonnée dans un contexte qui s'appelle Égypte.
Le rôle d'Israël, c'est de devenir un peuple pour commencer à dévoiler ce mi, cette identité, cette force. Il faut donc libérer le mi, il faut libérer l'identité, il faut savoir qui nous sommes et quel est notre rôle dans ce monde. Ça, c'est la notion de sortie d'Égypte.
À partir de cela, vous comprenez que sortir d'Égypte ne s'est pas passé une seule fois dans l'Histoire, mais se produit à chaque génération. Ça se perpétue, ça se renouvelle. Et vous êtes aujourd'hui les nouveaux acteurs de cette nation qui, elle, est le porte-parole d'HaKadosh Baroukh Hou. Donc vous devez savoir votre rôle. Vous devez connaître les qualités que vous avez reçues intrinsèquement, pour faire réaliser le projet divin.
Si vous n'étudiez pas votre identité, si vous ne connaissez pas votre identité, vous ne pouvez pas savoir ce pourquoi vous avez été créés. Votre création serait alors comme si elle était en vain. Il faut savoir que l'identité d'Israël…
Nous sommes maintenant dans ce contexte qui s'appelle Mitzrayim, et nous devons sortir de Mitzrayim, non pas seulement pour libérer Israël de Mitzrayim, mais pour libérer en réalité Mitzrayim elle-même, c'est-à-dire l'exil lui-même. Les nations du monde elles-mêmes sont à libérer de leur propre exil.
Qu'est-ce que ça veut dire, que Mitzrayim elle-même est en exil ? Écoutez bien, je ne fais que traduire l'expression Yetziat Mitzrayim. Que veut dire le mot Yetziat Mitzrayim ? La sortie de l'Égypte elle-même. Je n'ai pas dit Yetziat mi-Mitzrayim. Je suis en train de dire que le but ultime de la valeur du divin doit arriver jusqu'au degré qui s'appelle Mitzrayim, qui lui définit l'oubli, qui lui définit la distance, la plus grande distance entre l'infini et le fini.
Le nom d'HaKadosh Baroukh Hou, son dévoilement, ses valeurs, son éthique, doit arriver jusqu'à ce niveau-là. Tant que l'expression divine n'est pas arrivée à cette bassesse, à ce niveau bas, on ne peut pas encore réellement parler de plénitude. Effectivement, le premier degré, le degré pilote qui va subir la Gueoula dans ce monde, c'est Israël. Donc Israël va devenir le pilote de toutes les guéoulot possibles et imaginables, de toutes les nations du monde, à tous les temps.
Nous sommes sortis au printemps. Donc nous devenons, comme dit le Rav Kook Zatzal, la Gueoula de l'Égypte devient le printemps pour toutes les formes de délivrance, dans tous les domaines possibles et imaginables, à tous les temps, pour toutes les nations, tout le temps.
Et donc, les nations du monde, lorsqu'elles sortiront un jour de leur exil, appelleront cette sortie-là leur printemps. Ce printemps est une imitation du printemps d'Israël, c'est-à-dire de l'optimisme, de la capacité à voir la lumière dans n'importe quelle situation de la vie, et surtout lorsque nous redevenons une nation, comme nous sommes en train de le devenir dans les parachiot que nous lisons, pour arriver ensuite en Erets Israël.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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