La brisure des kelim et la place du receveur
Pourquoi l'orgueil brise les ustensiles, et comment le shalom passe par la complémentarité des points de vue.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le fils du roi et la Torah des secrets, Rabbi Shimon Bar Yochai, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
J'espère que vous allez bien, je suis très heureux de vous retrouver. Vous m'entendez bien, vous me voyez ? C'est super, on vous entend très bien, on vous voit très bien.
Je remercie Yeshiva Online et tout notre groupe de partager ces shiurim, et je vous remercie, vous, spectateurs de nos shiurim. J'espère qu'ils vous apportent quelque chose, comme nous sommes heureux de les partager. Nous étions au stade de la création du monde, ou plutôt de ce qui a précédé la création du monde, et nous devions comprendre comment le monde dans lequel nous sommes est apparu.
Je répète succinctement: avant l'apparition de notre monde, qui est déjà un monde de réparation, il y a eu des mondes de dégradation. Cette dégradation était voulue, afin de nous donner la place à nous, les créatures, une place qui nous permettra de contribuer à la perfection de ce monde. Nous sommes dans un processus de perfectibilité, c'est-à-dire un processus qui nous pousse petit à petit à clôturer l'histoire humaine, qui n'est ni plus ni moins que l'histoire de Dieu lui-même, et qui s'habille en réalité dans l'histoire humaine.
Pour ce faire, il fallait que nous soyons dans un monde où le choix de nos actes, de nos pensées, de nos actions existe. Et pour que ce choix existe, il fallait en réalité créer une certaine perturbation, parce que tout vient de l'Infini, béni soit-il. Si tout restait au niveau de l'Infini, il n'y aurait jamais eu autre chose que lui. Le fait de créer un monde dans lequel il y a « autre chose » veut dire que cette autre chose doit avoir une liberté pour pouvoir réagir, pour pouvoir accepter ou refuser ce degré de l'Infini qu'il a créé. Il y a donc ici une création volontaire d'un manque, et ce manque, nous l'avons défini comme le monde qui a précédé le monde de la réparation, qu'on appelle Atzilut.
Ce monde s'appelle donc Olam HaNekoudim. Vous vous rappelez que c'est le monde des points, et dans ce monde-là, les points ne se respectaient pas. Imaginez une existence où chacun des éléments pense qu'il est seul, qu'il n'y a rien d'autre que lui: une sorte d'ego gonflé à bloc, qui ne laisse pas l'existence à autrui. Dans cette condition, le monde ne peut pas exister, et il y a donc ce qu'on appelle une explosion. Le terme habituel de nos sages dans la Kabbale, c'est chevirat haKelim, la brisure des récipients. Les kelim sont des ustensiles qui, justement parce qu'ils ne comprenaient pas la position nécessaire pour recevoir les grandes lumières, à savoir que pour recevoir une grande lumière, je dois être quelqu'un qui donne et je dois être quelqu'un qui reçoit...
Et donc, ce n'est pas seulement au niveau de ce que nous étudions. Je traduis maintenant ces valeurs dans notre vie à nous, de tous les jours. Si vous voulez recevoir de grandes lumières, de grandes valeurs, une Torah profonde, quelque chose qui est au-delà du premier niveau du texte de la Torah, il faut développer dans votre être des qualités nécessaires, obligatoires pour pouvoir contenir ces grandes lumières sans se briser. Pour contenir la grande lumière divine, il faut être quelqu'un qui, d'abord, connaît sa position de receveur. Autrement dit, je suis une créature: par ma nature, de par ma naissance, de par ma création, je suis quelqu'un qui a été créé. Je ne suis donc pas le créateur, je subis, et donc je reçois.
Première réception: c'est la vie. Autrement dit, je ne peux pas vivre si cet Infini ne me fait pas vivre à chaque instant. Je vis de son être. Le fait de reconnaître que je ne peux pas vivre si ce n'est de son être infini me permet déjà d'accéder à une lumière supérieure, parce que je me mets en position de receveur, de réceptacle. Alors que si j'ai l'impression de m'être fait moi-même, de m'être créé moi-même, comme dit le Pharaon... Comprenez bien que c'est une image: ce sont des
personnes qui ressemblent au Pharaon, qui disent « Li yeori ve'ani asani », « Le Nil m'appartient et c'est moi qui me suis fait tout seul ». Oublier le roi d'Égypte, le Pharaon, c'est en réalité un élément qui peut se réveiller, ḥas vechalom, à l'intérieur de chacun d'entre nous: une méconnaissance des choses, une mécompréhension des choses, une incompréhension des choses, qui me porte à croire, ḥas vechalom, que je me suis fait moi-même, que je n'ai besoin de personne et que je n'ai à recevoir de personne ni
remarques, ni explications, ni leçons, ni quoi que ce soit.
Le maître, dans la traduction hébraïque, dit que chaque point de ce monde où il y a eu la brisure se comportait de cette manière-là, et il disait: « Ani Melekh », c'est moi le roi, personne n'est au-dessus de moi. Morale: lorsque l'ustensile est de cette catégorie-là, la lumière de l'Infini ne peut pas le traverser, car en le traversant, elle le brise. Tout simplement parce qu'il n'est pas fabriqué de la façon nécessaire et suffisante pour que cette lumière passe par lui sans le briser, sans l'éclater. Il fallait donc créer un nouveau stade, une nouvelle étape dans laquelle les mêmes points qui n'avaient pas compris qu'ils étaient interdépendants les uns des autres le comprennent maintenant. Il fallait une étape de brisure pour que cette brisure reste comme une trace à l'intérieur de chacun de nous. C'est-à-dire que la destruction première, avant même la création du monde, c'était une forme d'égoïsme.
— Qu'est-ce que vous entendez ? Un petit bruit, un bip comme ça.
— Un bip, ce n'est pas chez moi.
— Non, je n'ai pas de bip. Quelqu'un est ouvert. Ce que je vous dis ici, peut-être que je vais baisser un tout petit peu le micro, il est peut-être trop fort. Vous allez me dire si vous m'entendez mieux.
— On vous entend très bien, Rav. Là, c'est mieux.
— Non ? Ça ne va pas là ?
— Non, non, vous êtes éloigné. Et là, ça va mieux ?
— C'était mieux avant.
— Alors je déconnecte. Et là, c'est mieux ? Là, ça va mieux ?
— Oui.
OK, alors on continue. Je reprends maintenant dans le texte. C'était en réalité un préambule. Vous voyez ce degré de Ani Melekh, ici. Chaque point considérait qu'il était une existence à part entière et qu'il n'avait pas besoin d'autrui. Je réexplique: chaque point ne considérait pas l'existence de l'autre, il ne se voyait que lui-même, comme si ce point était déjà complet, parfait. Il n'y a donc pas besoin de lien entre ce point et le reste des points. Bien entendu, c'est une existence de destruction. D'ailleurs, toutes les destructions, quelles qu'elles soient, commencent par ce genre de phénomène: je ne regarde pas l'autre, je ne regarde que moi, mon intérêt passe avant l'intérêt collectif de l'équilibre. On appelle cela chevira, une brisure. Dans un monde comme celui-ci, il n'y a ni partage, ni capacité de recevoir: chacun pour soi.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
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