Le vin, la mariée et la bougie de Hanouka
Le traité Chabbat et le débat de Beth Chammaï et Beth Hillel sur le nombre de bougies de Hanouka.
Rav Élie Kling
Ensuite : Pourquoi le Talmud n'a pas de traité sur Hanouka, 1 h 31
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C'est bien de regarder ce qui se passe dans la Guemara. Vous savez que normalement, chaque séder a une massekhet, un traité talmudique qui lui est consacré. Le traité de Chabbat s'appelle Chabbat. Le traité de Roch Hachana s'appelle Roch Hachana. Le traité consacré à Kippour s'appelle Yoma. Le traité consacré à Pessa'h s'appelle Pessa'him. Il y a même un traité consacré à Souccot, qui s'appelle Souca. Et ainsi de suite.
Il n'y a pas de traité de Hanouka, pour toutes sortes de raisons sur lesquelles je ne vais pas m'étendre maintenant, parce que les raisons qu'on donne d'habitude sont des raisons que je n'aime pas tellement. Si je vous dis que je n'aime pas tellement, vous allez me demander: alors qu'en pensez-vous ? Et on va partir dans toutes les directions. Donc on laisse tomber. En tout cas, il n'y a pas de traité talmudique consacré à Hanouka. Ce n'est pas parce que, comme vous pourriez le croire, Hanouka n'est pas une fête de la Torah, c'est une fête rabbinique. Ce n'est pas la bonne réponse, bien sûr, puisqu'il y a une autre fête instaurée par nos sages, et qui, elle, a son traité. C'est laquelle ? Pourim. Pourim, bien sûr. Et comment s'appelle le traité de Pourim ? Méguila. Ce n'est donc pas vraiment la raison pour laquelle il n'y a pas de traité de Hanouka.
Cela ne veut pas dire qu'on ne parle pas du tout de Hanouka dans le Talmud. On en parle, mais à l'intérieur du traité de Chabbat: il y a quelques pages consacrées à Hanouka dans le deuxième chapitre. Quel rapport entre Chabbat et Hanouka ? La bougie, bien sûr. Le deuxième chapitre de Chabbat traite de la qualité des mèches et des huiles qu'on peut utiliser pour Chabbat. Il s'appelle Bamé madlikin, chapitre que tout le monde connaît par cœur, puisqu'on le lit chaque vendredi soir à la synagogue.
On parle donc des huiles et des mèches pour Chabbat. Une fois ce débat terminé, quelqu'un demande: « Ce que tu m'as dit pour la qualité des mèches de Chabbat, est-ce que c'est vrai aussi pour les mèches et les huiles de Hanouka ? » On est alors parti sur le problème des mèches et des huiles de Hanouka. Et une fois ce nouveau débat terminé, quelqu'un dit: « Puisque tu as commencé à parler de Hanouka, Mai Hanouka, qu'est-ce que c'est que Hanouka ? »
Quelques pages sont consacrées à cette question. Autrement dit, on parle bien de Hanouka dans le Talmud, mais de manière détournée, pas directement. Il n'y a pas de traité de Hanouka, et même quand on en parle dans le traité de Chabbat, c'est indirectement. Comme si, sans l'histoire de l'allumage des bougies de Chabbat, on n'aurait pas parlé de Hanouka. C'est évidemment une erreur: on en aurait parlé quand même. Il faut faire confiance à nos maîtres, qui auraient certainement trouvé une possibilité pour placer le sujet.
Bref, tout cela pour vous dire que ce que nous allons étudier maintenant est un passage très connu sur Hanouka dans le traité de Chabbat, dans le deuxième chapitre. Voici ce que dit le texte, que je vais lire avec vous: Tanou rabanan, nos maîtres ont enseigné:
Mitsvat Hanouka ner ich oubeito. C'est l'un des passages les plus connus consacrés à Hanouka. La mitsva de Hanouka, nous dit le Talmud, a connu une évolution. La manière dont on célèbre Hanouka aujourd'hui, avec l'allumage des bougies, n'est pas exactement celle du départ. Il y a eu trois stades dans l'évolution de la halakha. Le premier stade, c'est ce qu'on appelle hiker hadin, la règle telle qu'elle était au départ: mitsvat Hanouka ner ich oubeito, une bougie par famille et par jour. Le texte dit: une bougie par famille et par jour.
Imaginons une famille de cinq personnes le quatrième jour de Hanouka. D'après ce que vient de dire le Talmud, combien de bougies brûlent ? Oui, en effet, mais encore... J'avais une prof de français qui, chaque fois qu'on ne répondait pas, disait « mais encore », c'est très énervant. Je me venge maintenant. Donc, si on est cinq personnes le quatrième jour, combien de bougies sont allumées d'après le premier stade ? Pardon ? Non ? Non. La mitsva consiste à allumer une bougie par famille et par jour. Donc le quatrième jour, avec cinq personnes, combien de bougies brûlent ?
Vingt-cinq ? Non. Alors j'ai bien fait de poser la question. Il y a une seule bougie qui brûle. Et si on était le sixième jour avec cinq personnes ? Vingt-deux ? Non, une seule. D'accord. Je reprends: d'après le premier stade de la halakha, il convient d'allumer une bougie par famille et par jour. Peu importe le jour, peu importe le nombre de personnes à la maison. Une seule bougie. Il ne s'agit pas ici du chamach, mais des bougies de la mitsva. Et combien de bougies brûle-t-on en huit jours ? Huit. Huit en tout. Exactement.
Non seulement on n'a pas besoin d'acheter beaucoup de bougies, mais on n'a même pas besoin d'acheter la hanoukia, puisque chaque famille allume chaque jour son petit bougeoir. C'est une mitsva économique. C'est comme ça que c'était à l'époque, et c'est important de le savoir aujourd'hui. Imaginez qu'on soit le cinquième jour, et qu'on ait l'habitude d'allumer cinq bougies. Mais la personne n'a plus de bougies à la maison, les magasins sont fermés. Il ne faut surtout pas qu'elle se dise: « Puisque je n'ai pas cinq bougies, je n'allumerai
pas. » Ce n'est pas parce que tu n'as pas cinq bougies que tu ne peux pas allumer, puisque la mitsva, à l'origine, c'était une seule bougie. Il suffit d'une seule bougie pour accomplir la mitsva. Même aujourd'hui, il est important de savoir quelle était la définition de la mitsva à l'époque: une seule bougie par jour, et par famille, cela suffit largement d'après la mitsva telle qu'elle était à l'origine. C'est ce qu'on appelle le premier stade. D'accord ?
Ensuite, la Guemara nous raconte un phénomène très juif, que je ne pense pas exister réellement chez les autres: quand la halakha dit « voilà, elle est comme ça », il y a toujours des gens qui disent: « Nous, nous voulons faire mieux que ce que la halakha demande. » C'est très bien, a priori. On les appelle les mehadrin, ceux qui veulent embellir la mitsva.
Deuxième stade, celui des mehadrin qui veulent faire davantage: ner léchol ehad vé-ehad, chacun allume une bougie pour lui-même. Reprenons l'exemple: cinq personnes le quatrième jour, combien de bougies brûlent alors ? Une. Mais encore ? Pardon ? Valérie. D'après les mehadrin, c'est le deuxième stade. Valérie nous dit quoi ? Cinq. Oui, cinq. Et si on était le sixième jour avec cinq personnes dans la maison ? Cinq. Et le deuxième jour ? Cinq aussi. Donc, d'après ce deuxième stade, le nombre de bougies ne change pas selon le jour de Hanouka, mais selon le nombre de personnes: chacun allume sa propre bougie.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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- 1
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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