Pessah et l'alliance entre les morceaux selon le Rav Hirsch
Pourquoi Pessah, matza et maror sont l'essentiel du récit, éclairé par Béréchit 15 et le Rav Hirsch.
Rav Élie Kling
Ensuite : Les cinq rabbins de Bnei Brak et l'ordre du Séder, 1 h 12
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon après-midi à tous. Avec un grand plaisir, on va enchaîner sur le second cours de cette série, Touche pas à l'oiseau, avec notre ami, le Rav Élie Kling. Bonne étude à nous tous.
Tout le monde va bien ? Vous avez voté ? Ça va. Si vous n'avez pas voté, allez voter. Ici, c'est pour les gens qui ont déjà voté. Si vous n'avez pas voté, il faut y aller maintenant, parce qu'après, on oublie.
Il faut voter le plus tôt possible. J'espère vous faire Chéhéhéyanou avant le vote. Moi, je fais Chéhéhéyanou tous les quatre ans. Tous les quatre ans.
Bon, on va parler de Pessa'h, donc d'une autre forme de libération, ou la même, justement, je ne sais pas. Et comme on vient de l'entendre à nouveau, cette mitsva de raconter la sortie d'Égypte, qui est une mitsva positive, une des 613 mitsvot, est l'une de celles qu'on accomplit comme toutes les mitsvot: il faut savoir à quel moment on l'a réellement accomplie. Parce que le récit de la sortie d'Égypte, c'est un peu long, avouons-le. Il est donc possible qu'à un moment ou à un autre, on perde le fil, on s'endorme un petit peu, on s'assoupit. Et on n'écoute pas tout.
Si on s'est assoupi au milieu, est-ce qu'on a quand même fait la mitsva ? Ou est-ce qu'on ne l'a pas faite ? Quel est l'essentiel dans cette affaire, et quel est le secondaire ? Comme on l'a entendu il y a un instant, les choses sont assez claires, puisque dans la Haggada de Pessa'h, on nous raconte bien que tout dépend: si on a bien écouté le petit passage… Je suis un petit peu pris à la gorge, ce n'est pas grave. Si on a bien écouté le petit passage, on nous apprend que celui qui ne dit pas ces trois choses-là, il n'a pas… c'est comme s'il n'avait rien fait.
C'est très frustrant. Imaginez que vous avez bien préparé votre Pessa'h, ça fait deux, trois semaines. Vous faites le ménage à fond, vous préparez le Séder, vous allez inviter, la nourriture et tout ça. Et imaginez qu'au moment crucial, où il fallait écouter, vous êtes assoupi, vous avez l'esprit ailleurs, vous êtes allé voir à la cuisine si tout était sur le feu comme il fallait, etc. Vous avez raté le passage. Alors le passage, c'est…
Si vous avez raté ce passage-là, c'est comme si vous n'aviez rien fait. Et comme vous le savez, dans la Haggada, il y a quelques petites lignes pour expliquer ce qu'est le Korban Pessa'h, le fameux sacrifice pascal, quelques petites lignes après pour dire ce qu'est la matsa, et enfin quelques petites lignes pour dire en deux mots ce qu'est le maror. Vous savez qu'à chaque fois, on montre du doigt le Pessa'h, la matsa, le maror… pour donner un peu de caractère, comme d'habitude, un peu plus de vie, pour que ce ne soit pas uniquement une conférence. Mais en tout cas, c'est le passage essentiel.
La question est de savoir pourquoi Pessa'h, matsa ou maror, c'est justement l'essentiel. Pourquoi pas autre chose ? Pourquoi pas le haroset, l'histoire des quatre enfants, les quatre verres de vin, je ne sais pas. Pourquoi justement Pessa'h, matsa et maror ? Si vous avez raté ça, ce n'est pas que vous n'avez pas fait la mitsva de Pessa'h, hamets, matsa et maror; c'est que vous n'avez pas fait la mitsva du récit, vous n'avez pas fait la Haggada, quoi. Vous n'avez pas raconté l'essentiel. Ça, c'est l'essentiel: Pessa'h, matsa, maror.
Pourquoi est-ce l'essentiel, justement ? Il me semble que, comme le grand organisateur, le gentil organisateur nous vient de le raconter, la clé de tout ça se trouve dans le Houmach Béréchit, au chapitre 15. J'étais censé vous préparer… ce n'est pas compliqué, en plus. C'était juste une photocopie d'une feuille du chapitre 15. Et puis, avec les élections, j'ai zappé l'affaire, quoi.
À propos des élections, vous êtes allés voter, hein ? Parce que si vous n'êtes pas allés voter, c'est maintenant. Il faut aller voter. Oussek bémitsva patour, etc. Il faut aller voter.
Donc, c'est le chapitre 15 de Béréchit. Si vous avez un Houmach Béréchit à côté de vous, un Tanakh, ouvrez avec moi. Sinon, vous écouterez, et je vous raconte.
Pourquoi est-ce que je pense que c'est le chapitre 15 qui est à l'origine de tout ça ? Parce que figurez-vous que dans ce chapitre, il y a cette fameuse alliance, qu'on appelle l'alliance entre les morceaux. C'est ainsi que c'est traduit en français. En hébreu, ça se dit Bérit bein habetarim. Betarim, ce sont effectivement les morceaux. Et cette alliance entre les morceaux est la première grande alliance faite par Dieu. En hébreu, on dit mekhounén, c'est-à-dire un moment fondateur de toute l'histoire juive. C'est là que tout commence vraiment. C'est le début du début.
Or, dès que vous lisez ce passage, ce chapitre 15, vous vous apercevez que vous êtes en plein… comment dire… en plein film. Un film qui n'est pas très clair, en plus. Plein de symboles, et des symboles qui sont un peu angoissants, a priori. Il manque juste la musique de fond, et vous êtes en plein dans un film d'Hitchcock. En fait, c'est le chapitre 15 de Béréchit, je vous assure, c'est Hitchcock. Vous allez voir tout de suite.
Je vous lis le début, chapitre 15, verset 1: Aharei haDevarim ha'éleh, après ce qui a été raconté plus haut. Qu'est-ce qui a été raconté plus haut ? C'est l'histoire de la guerre des rois. Un cours sur la guerre des rois, ce n'est pas le sujet, mais vous savez qu'il y a quatre rois qui ont vaincu cinq rois rebelles, et parmi ces cinq rois, il y a celui de Sdom. Ils ont pris en captivité un certain nombre de gens, dont Lot, le neveu d'Avram, et Avram est allé le chercher, le récupérer, il a fait la guerre. Et ça s'est bien passé. Très bien.
Aharei tout ça, donc: hayah dévar Hachem el Avram bamahazé lémor. Abraham a eu une vision prophétique. Mahazé, ça veut dire une vision prophétique. Aujourd'hui, en Israël, mahazé veut aussi dire une représentation théâtrale. Mais a priori, mahazé, ça vient de hazon, de voir, de quelque chose de visuel. Il a eu une vision, il a vu quelque chose. Quand on dit qu'il a eu une vision prophétique, ça veut dire que c'est dans sa tête que ça se passe. Il l'a vu, il l'a vu. Mais si quelqu'un d'autre était passé au même moment, il n'aurait rien vu du tout. C'est dans la tête de Abraham que ça se passe. Mais c'est important pour comprendre ce qui va se passer après.
Alors, Dieu lui dit: al tira, n'aie pas peur. Al tira, Avraham, anokhi maguen lakh, je suis ton bouclier. Pourquoi aurait-il peur tout d'un coup, maintenant ? En général, on a peur avant d'aller à la guerre. Une fois qu'on est revenu d'une guerre victorieuse, on a peur de quoi ? Oui, ça, c'est pour les gens normaux: on a peur d'aller à la guerre, et on n'a plus peur quand …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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