Les plaies d'Égypte et la précision divine
Pourquoi Dieu frappe avec précision, distingue Israël et frappe les premiers-nés, selon le Rav Kook.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Toubichvat, le nouvel an de l'arbre et la Gueoula, 30 min
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Cet endroit-là. Donc on voit bien qu'il y a un Dieu qui est bien précis. Il ne fait pas une plaie qui touche tout le monde dans le même territoire. Il y a une différenciation. Un Dieu qui se manifeste dans un tri bien clair, bien précis, qui va frapper telle personne et sauver d'autres personnes. On voit donc un Dieu intervenant dans le monde de la nature avec une précision extrême, extraordinaire.
À tel point qu'aucune bête du peuple d'Israël n'est morte. La même chose au niveau de la plaie des ténèbres: pendant que le noir remplit la terre d'Égypte, les enfants d'Israël ont, eux, de la lumière là où ils sont installés. Et donc chaque plaie...
J'enlève encore une fois l'écorce, j'enlève ce qui me gêne à voir, et je réalise
Ce qui se trouve à l'intérieur de cette écorce, les choses deviennent de plus en plus claires. HaKadosh Baroukh Hou a choisi ce peuple-là et pas un autre pour dévoiler son nom sur terre. Alors, quel est le sommet de tout ça ? Le sommet de tout ce processus, c'est lorsque HaKadosh Baroukh Hou apparaît dans la plaie des ténèbres. Et là, il différencie complètement Israël par rapport aux nations du monde.
Ce n'est pas parce qu'Israël est meilleur que les autres nations du monde. Tout simplement, Israël a un rôle à jouer, qui est bien précis. Et ce qui empêche ce rôle de se manifester, c'est en fait une gêne. Il faut donc écarter cette gêne pour dévoiler le nom de Dieu sur terre. Et le nom de Dieu sur terre, bien entendu, ce n'est pas une domination des autres nations, Chaz véchalom, par Israël. Il ne s'agit pas de cela, mais bien au contraire de l'apparition du divin sur terre, avec toute l'éthique requise à cet égard: une manière équitable de vivre, une manière juste de vivre, avec des valeurs morales qui amènent la lumière divine, la paix et le divin sur terre.
Et les Hakhamim nous disent: yotar mimash anou yekholim la'akor gdoulato shel HaKadosh Baroukh Hou bishnoto et ha gadol shebe choukei ha teva be kriat Yam Souf, ma shi hou gadol mitzad ha kamout, haray, ein bo chayim dea ve askel, yotar mi ze mish tomem ala gvoura shel ha yediya ha pratit ve ha shilton ha gover, lif'ol kerega al nefashot rabot enosiyot. Le Rav Aviner noudi issi kel koshor ozdan khoyab, il noudi ke plus.
Et c'est le Rav Kook, en fait: il cite le Rav Kook, qui nous dit que la reconnaissance du Dieu qui change la nature du monde, lorsque par exemple l'eau se transforme en sang, est quelque chose d'extraordinaire. Malgré tout, ce n'est pas là que je peux voir la grandeur du divin. Je peux beaucoup plus voir la grandeur du divin lorsque HaKadosh Baroukh Hou fait une différenciation bien précise entre un enfant et un autre.
Tel enfant va mourir en Égypte, dans la plaie des premiers-nés, et il faudra que ce soit le premier-né de son père ou de sa mère, et pas un autre qui est juste à côté. Comment le Dieu surnaturel, on va dire, le Dieu transcendant, va-t-il entrer dans le monde, dans l'immanent, et faire une sélection aussi précise que celle-là ? Là, dit le Rav Kook, la grandeur de Dieu est beaucoup plus grande, et beaucoup plus visible à l'homme, beaucoup plus accessible à l'homme. L'homme comprend combien ce Dieu est grand: sa précision est aussi importante, aussi grande, au point de trier à ce niveau-là, avec cette précision-là, tout ce qu'il est en train de faire en Égypte.
C'est pour cela que la plaie des premiers-nés, c'est ce qu'on appelle, dans le terme de nos sages, une Gevourah, qui veut dire une rigueur. Elle se traduit généralement par « la tribu de rigueur », mais ici nous allons choisir une traduction différente, qui n'est pas une rigueur mais une précision. C'est-à-dire que ezeu Ghibor hako vechetitso, qui est l'homme fort, celui qui domine ses instincts. Or, l'instinct de Dieu, si l'on peut parler ainsi, c'est un instinct de propager sa lumière. Ici, l'instinct, c'est de contrôler, d'arrêter,
de donner une précision, une mesure à chaque chose. C'est donc comme si c'était l'inverse de sa propre nature. La nature de Dieu, c'est de propager, et là il agit avec une précision, avec un arrêt, avec une mesure, avec une frontière, avec des limites. Cela amène généralement à croire et à comprendre que HaKadosh Baroukh Hou est capable d'être un Gibor, quelqu'un de très fort.
Qu'est-ce que cette force-là ? C'est la domination, c'est l'arrêt, c'est la mise en mesure de toute cette immensité infinie qui tend à s'étendre. Il y a justement une mise en mesure, une mise en frontière. Et donc il va choisir tel enfant plutôt qu'un autre, tel peuple plutôt qu'un autre, à tel endroit plutôt qu'à un autre, tel jour plutôt qu'à un autre.
Ce n'est donc pas une plaie qui vient, comme pourraient le décrire des scientifiques: ce jour-là, il y a eu un volcan qui a coulé, et une couleur rouge est arrivée jusqu'en Égypte et a rempli le Nil de cette couleur-là. Non ! Puisque les sages nous expliquent, et la Torah nous le dit précisément, lorsqu'un enfant d'Israël prenait à boire, lui, c'était de l'eau, et l'autre, juste à côté, c'était du sang.
Autrement dit, ce n'est pas une plaie scientifique qui vient et qui est égale pour tout le monde. Il y a ici une sélection. Et cette sélection, c'est une précision extraordinaire qui se retrouve en Égypte. C'est de là que nous voyons la grandeur d'HaKadosh Baroukh Hou. Nous voyons la puissance de sa main, avec une connaissance précise, individuelle de chaque événement, et le fait de frapper tel endroit plutôt qu'un autre: cela, c'est une grandeur divine,
qui nous dépasse complètement. Je répète: le but de toutes ces plaies en Égypte n'était pas seulement de faire libérer le peuple d'Israël de là-bas. Pour libérer le peuple d'Israël d'Égypte, on aurait pu le faire d'une autre manière. HaKadosh Baroukh Hou, le Tout-Puissant, aurait pu choisir un autre chemin, une autre manière d'agir. Il s'agit ici de quelque chose d'autre.
On aurait pu faire sortir les enfants d'Israël avec une seule plaie, un seul coup qui annule entièrement l'Égypte: les enfants d'Israël auraient été libérés. Là, il y a quelque chose de bien plus fort. HaKadosh Baroukh Hou lui-même va retarder, il va mettre en mesure, là aussi, ses propres plaies. C'est-à-dire qu'il ne les donne pas tout de suite: il les donne petit à petit, avec une évolution, avec une précision, avec un temps,
et chaque plaie devient une étape dans le processus. Dans cette paracha, HaKadosh Baroukh Hou dit à Moshé: Bo el Paro, va chez Paro. [Question de l'auditoire non transcrite.] Alors, l'une des raisons, c'est celle que vous évoquez, c'est-à-dire préparer le processus de la Gueoula. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus fort encore: il faut d'abord que le peuple d'Israël reconnaisse qui il est.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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