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La halakha, les bonnes intentions et la mission d'Israël

Le Rav Cherki explique le texte de Orot : la volonté ne suffit pas, il faut des moyens pratiques et la sagesse de la Torah.

59 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les longues trajectoires de l'histoire et la résurrection des morts, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Notre site, bien que n'ayant pas reçu le lien aujourd'hui. Mais j'ai fait un effort extraordinaire, je suis rentré dans le lien de la semaine dernière et je vois que ça a quand même marché. Exactement, c'est le même lien toutes les semaines. Je ne savais pas que David vous envoyait les liens, mais c'est noté désormais. Bon, d'accord. Je ne savais pas moi non plus que c'était le même lien chaque semaine. Bon, alors on va y aller. Nous sommes en plein dans Orot du Rav Kook.

Et nous en sommes à Israël et Triatho, au chapitre Youtet. Il y a ici une analyse de la différence qu'il y a entre la Torah et les autres formes d'éventuelles révélations, ou en tout cas d'inspiration religieuse qu'on peut trouver dans le monde, aussi bien le christianisme que l'islam. Et ce que le Rav Kook peut reprocher, une des choses que l'on peut reprocher aux traditions spirituelles issues du judaïsme, c'est qu'elles ne sont pas rentrées dans les détails du monde de la halakha.

Vous savez que la halakha est considérée très souvent comme étant une sorte de minutie excessive. On rentre un peu trop dans les détails dans la vie, on ne nous laisse pas respirer. Pour donner un exemple de ça: quand vous vous levez le matin, vous ouvrez un œil. Vous avez donc envie de vous frotter les yeux. Or, là, la khaboudine, vous n'avez pas le droit de frotter les yeux tant que vous n'avez pas fait l'ablution matinale. Alors, comment on fait cette ablution matinale ? On va au

robinet ? Non, non, non, pas du tout. Il faut prendre un ustensile, un kéli. Maintenant, cet ustensile, vous l'avez pris, mais il est fendu. S'il est fendu, il est disqualifié, vous ne pouvez pas vous en servir. Donc vous allez prendre un autre ustensile, mais vous découvrez bientôt que l'eau est brûlante. Si l'eau est brûlante, elle n'est pas apte à la netilat yadayim. Non, alors il faut reverser à nouveau, reprendre de l'eau. Oui, mais vous avez touché l'eau avant de la verser sur vos mains, donc il

faut reverser à nouveau. Mais non, on vous laisse verser sur les mains, attention, non, non, de gauche à droite, de droite à gauche, trois fois, etc. Tout ça pour pouvoir se gratter les yeux.

Et ça n'en finit pas. Quand vous voulez attacher vos lacets, il y a des règles sur la façon d'attacher ses lacets, etc. On pourrait donc se dire que la halakha rentre un peu trop dans les détails de la vie de l'homme. D'un autre côté, on peut dire exactement le contraire: c'est grâce à la halakha que tous les actes de l'homme ont un sens, y compris la manière d'attacher ses lacets. Et ça, c'est extraordinaire, parce que vous savez qu'on attache ses lacets très souvent dans sa vie.

Des milliers, des dizaines de milliers de fois, nous attachons nos lacets sans y attacher d'importance. Mais à partir du moment où ça devient une halakha, ça veut dire qu'il y a une relation directe entre un acte tout à fait trivial et banal et l'infini, la transcendance. C'est ça qui est extraordinaire dans la halakha. Mais tout ça, c'est, disons, pour dire l'aspect positif de la halakha. Il y a encore autre chose: grâce aux règles pratiques, les grandes idées s'inscrivent dans la réalité terrestre et sont assurées de

ne pas dévier.

Alors, tout cela, c'était une introduction pour comprendre le texte que nous allons commencer à lire. « Vénérable est la bonne volonté orientée vers Dieu dans la profondeur de son aspiration. » Mais que peut faire la volonté seule ?

C'est-à-dire que le fait de vouloir ne donne pas encore les moyens. Je veux, par exemple, faire l'ascension de l'Everest. Bon, c'est très bien, mais il faut en avoir les moyens. Il faut pour cela une pratique, des cordages, des provisions, des chaussures adaptées, des prévisions météorologiques. Je ne peux pas monter sur l'Everest uniquement en voulant le monter. Il faut également de la pratique. Donc ce que nous dit le Rav Kook, c'est que la volonté n'est pas suffisante. C'est vrai. Et on a de bonnes intentions, mais les

bonnes intentions doivent également avoir des moyens pratiques de s'accomplir. Il y a d'ailleurs une expression employée par les goïm qui dit que le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions. C'est une expression non juive. Pour les juifs, toute bonne intention, finalement, une fois récupérée, aura toujours un sens positif. Mais effectivement, c'est insuffisant. Al ken, c'est pour cela: tant que cette volonté ne s'élève pas jusqu'à la cime de la lumière de la connaissance, d'écouter la sagesse suprême, elle ne peut pas se frayer des chemins de

vie.

C'est-à-dire qu'il y a différents niveaux de spiritualité auxquels il faut être attentif. Et très souvent, chez les spirituels, chez les mystiques, chez les religieux, il y a des intuitions qui font que l'on écoute l'harmonie du monde. On entend la splendeur, on contemple la splendeur de la divinité. Mais on ne rentre pas dans la sagesse suprême. La sagesse suprême, c'est elle qui est à la source de la prophétie de Moshé, qu'on appelle aspaqlaria ha-meira, c'est-à-dire le miroir limpide, qui est la dimension de la Torah de Moshé.

Or, si vous avez remarqué, la loi de Moshé est à la fois prophétique et halakhique en même temps. C'est-à-dire que c'est le seul niveau de prophétie qui est capable de rentrer dans le détail de la vie. Tandis que si on n'est pas à l'écoute de cette sagesse suprême, alors que fait la volonté ? Cette volonté ne prendra qu'une brique abandonnée. Elle ne peut pas s'associer à un grand bâtiment.

À quoi le Rav Kook fait-il allusion ? C'est quoi cette histoire de briques ? C'est une allusion directe au passage du traité Sanhédrin qui parle des relations difficiles entre Yehoshua ben Perachia et son élève Jésus. En effet, d'après la tradition midrashique, Jésus aurait été un élève de Yehoshua ben Perachia, un des grands maîtres antérieurs à Hillel, de l'époque des Zougot. Et il y a là-bas tout un conflit entre eux, dans lequel nous n'allons pas rentrer, puisque le raccourci ne l'amène pas. Mais il y a un point très important: lorsque Jésus s'est senti repoussé par son maître, ce qui d'ailleurs était une erreur, et venait également d'une erreur de comportement de la part de son maître, quand Jésus a voulu comprendre qu'il était rejeté,

alors le Talmud nous dit qu'il a pris une brique, qu'il l'a érigée, qu'il l'a mise debout et s'est prosterné devant la brique. C'est une forme d'avodah zara, cela voudrait dire que par dépit il est tombé dans l'idolâtrie, par dépit à cause du comportement de son maître. Mais pour le Rav Kook, c'est en fait une métaphore. Une brique est une partie d'un bâtiment. Pour construire une maison, vous avez besoin de beaucoup de briques. Si vous en prenez une seule, vous ne pourrez pratiquement rien faire. Et la brique en question, pour le Rav Kook, c'est une des valeurs parmi les valeurs. C'est la valeur de l'amour. En …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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