Les cadeaux d'Abraham aux fils de ses concubines
Le Talmud (Sanhédrin 91a) entend ces cadeaux comme une transmission de noms d'impureté, et le rav y oppose la technique mystique à la morale juive.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La contradiction de Rech LAkich, 54 min
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Donc nous sommes, comme d'habitude, à la page Tsadik Aleph, Hamoud Aleph, dans Sanhedrin, n'est-ce pas ? Si je ne me trompe pas, nous sommes à la quatrième ligne à partir du bas. La semaine dernière nous avons parlé d'un autre sujet, la Shoah, mais cette fois-ci nous continuons selon la routine. Page donc Tsadik Aleph, Hamoud Aleph, 91a.
Dans Sanhedrin, et nous en sommes à la quatrième ligne à partir du bas. Je me trompe ? Non, c'est exactement là que nous sommes. Au deuxième tiers de la ligne, vous avez le mot « maille ». Vous avez trouvé ? Et là-bas aussi, vous avez trouvé ? Dans… Oui ? Au premier banc, par exemple, ceux qui sont là-bas en train de discuter, vous avez trouvé le mot ? Oui ? Maille ?
Quatrième ligne à partir du bas. Faut-il que je passe à partir de… d'accord, bon. Mai matanot. Qu'est-ce que c'est que ces cadeaux ? De quels cadeaux parle-t-on ? Eh bien, des cadeaux qui sont mentionnés dans le verset qui a été cité plus haut. Le verset qui est cité plus haut, si vous regardez six lignes à partir du bas, vers la fin de la ligne: Vayiten Avraham et kol acher lo le Yitzhak.
Abraham donna tout ce qu'il possédait à Yitzhak. Ouleveney hapilagshim asher le Avraham. Quant aux fils des concubines d'Abraham, Natan Avraham matanot, Abraham leur donna des cadeaux. Alors la Guemara demande, dans la quatrième ligne à partir du bas: Mai matanot ? Qu'est-ce que c'est, que ces cadeaux ? Amar Rabbi Yirmiya bar Abba: Rabbi Yirmiya bar Abba disait: Mi-lamed shemassar lahem shemot toumah.
Cela veut dire qu'il leur a livré les noms de l'impureté. Parole sibylline, s'il en fut. D'accord ? Ça veut dire quoi, ça ? Qu'il leur a donné des noms d'impureté. À part ça, où est-ce qu'il les a envoyés, les fils de concubines ? À l'Orient, n'est-ce pas ? Kedma et Erets Kedem. À l'Est, au pays de l'Est. C'est ce qu'on appelle une lourdeur. On répète: à l'Est, au pays de l'Est. Si c'est à l'Est, c'est évident que c'est à l'Est.
Ça veut dire que c'est à l'est de l'est. C'est-à-dire très loin dans l'Est, ce qu'on appelle l'Extrême-Orient. Donc cela suppose déjà une influence quelconque d'Abraham sur la civilisation d'Extrême-Orient. Qu'est-ce que nous trouvons en Extrême-Orient ? Eh bien, nous avons les Hindous, les Chinois, les Japonais. C'est-à-dire: qu'est-ce qui, de l'enseignement d'Abraham, a été transmis là-bas ?
Eh bien, la Guemara nous dit que ce qu'il leur a transmis, c'est le nom de l'impureté. Bizarre, cette histoire. D'abord, ce n'est pas très sympa de la part d'Abraham, s'il donne déjà des cadeaux à ses enfants. Toute personne qui aime ses enfants, et Abraham aimait certainement ses enfants, ne leur donne pas des choses impures. Donc il leur a donné quelque chose qui est certainement pur. Mais dans ce cas, pourquoi la Guemara appelle-t-elle ça des choses impures ? C'est donc que c'est impur pour nous, mais que c'est pur pour eux. Avait-on une idée de ce que c'était ?
Non. Mais enfin, tu as très bien compris: effectivement, ce sont des choses qui sont impures pour nous, mais qui sont pures pour eux. Alors, comme quoi, justement ? Là, nous avons une indication: Shem, des noms. Quand on parle d'invoquer le nom de Dieu, en général, c'est ce qu'on appelle la prière, ou la Torah. Il y a une relation qu'on a avec le divin qui s'appelle le Shem. Ça, c'est le nom de Dieu. Or, il y a des noms d'impureté, il y a des noms de pureté.
Il faut savoir qu'il existe, en Extrême-Orient, une science du contact avec le spirituel qui passe par des noms. Dans leur langage, on appelle cela le mantra. Il y aurait donc des mantras qui seraient des noms de Dieu et qui seraient d'origine abrahamique. Et il est impur de s'en servir. Mais pourquoi serait-il impur de s'en servir ? Tout simplement parce que c'est une technique.
Or, chez nous, les Juifs, la relation envers le divin passe par la morale, tandis que chez les nations, elle passe par la connaissance de la technique du spirituel. La technique n'est pas en soi morale, même si elle implique de la morale. Par exemple, les méditations, tous ces machins-là.
Cela demande un certain effort, évidemment, un effort même moral, de renoncer aux bassesses de ce monde et à des choses de ce genre. Mais l'essence même de la relation envers le divin, c'est la technique, la connaissance du non. Tandis que chez nous, c'est le contraire. La Guemara dit: la prophétie ne réside que sur celui qui est à la fois sage, vaillant et riche.
Nous savons que sage, vaillant et riche sont des qualités morales, puisque n'est vaillant que celui qui domine ses instincts, et n'est riche que celui qui se contente de son sort. Nous avons donc ici la transmission d'une science, la connaissance de la divinité, qui arrive au Proche-Orient. Merci beaucoup, c'est fort gentil. Ah, tu as réchauffé le verre, ce qui est très bien. Voilà ta bonne. Voilà ta bonne. J'apprécie.
Il y a d'ailleurs, dans la tradition extrême-orientale, un mantra utilisé de manière standard, c'est ce qu'on appelle Om. Vous connaissez ça ? Non, vous ne connaissez pas. Oui ? Om.
— Je la connais.
Il est intéressant de savoir que ce nom-là est mentionné chez les kabbalistes comme étant un des soixante-douze noms de trois lettres du Nom de Dieu. On le connaît, et on en connaît encore soixante et onze, à part ça. Eux, ils en ont un sur soixante-douze, ce n'est quand même pas mal: un soixante-douzième de cette connaissance. Il est intéressant de voir également que les nations concernées ont donné le nom d'Abraham au Créateur du monde. C'est quand même surprenant. Ils l'ont fait, n'est-ce pas ? Chez les Hindous. Leurs prêtres, qu'est-ce que ce sont ? Des brahmanes.
Pourquoi sont-ce des brahmanes ? Parce qu'ils rendent un culte à Brahma. D'accord ? Brahma étant le créateur du monde. C'est-à-dire qu'ils ont donné le nom de notre ancêtre au créateur du monde. Intéressant. Vous avez, dans le livre de Béréchit, au chapitre 2, au verset 4: Éleh toledot hachamayim veha'arets behibaram. Voici les engendrements du ciel et de la terre lorsqu'ils furent créés.
Et lorsqu'ils furent créés, se dit Béhi Bar'am. Et la Guemara nous dit: ne lis pas Béhi Bar'am, mais Bé Avraham. Parce que c'est pour Abraham que le monde a été créé. Ça, c'est une lecture juive de la chose. C'est-à-dire que quand on dit: le monde est créé pour un tel, ça, c'est chez les Juifs. Quand une phrase de ce genre passe chez les goïm, elle devient automatiquement du paganisme: « C'est Abraham qui a créé le monde. » D'accord ? C'est pour cela qu'ils donnent ce nom.
Non, non, au contraire, ils divinisent un homme. Au contraire. Bon, donc c'est ce que dit Rabbi Yirmiya bar Abba. Et maintenant que nous avons fini ce thème, nous allons pouvoir continuer. Dans le chapitre 2 de Béréchit, …
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