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Le processus de la Gueoula, de la création de l'homme au retour sur la terre

Le Rambam définit la Gueoula par l'indépendance politique d'Israël, et l'on ne peut la brusquer sans sauter le temps nécessaire.

53 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La sortie d'Egypte, modèle de la délivrance d'Israël, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le messianisme et la royauté

Nous allons continuer aujourd'hui notre développement, le parallèle entre la création du monde, plus précisément la création de l'homme, et le processus de délivrance d'Israël, qui passe essentiellement par le retour du peuple d'Israël sur sa terre. Je vous rappelle une règle fondamentale au niveau du messianisme. Le messianisme n'est pas religieux.

Le messianisme est politique. C'est-à-dire que, malheureusement, les gens pensent que le messianisme est un degré religieux, alors que Melekh HaMachiah est d'abord un roi. Un roi signifie des lois politiques, une monnaie, une armée, une économie, une sécurité et tout ce qui tourne autour de cela. Ça veut dire que le processus messianique est avant tout un retour des enfants d'Israël sur leur terre.

Comme le dit le Rambam, la différence entre l'époque avant le Machiah et l'époque messianique se place sur une seule chose, sur un seul point, Chi'boud malchouyot bilvad. C'est-à-dire, est-ce que nous sommes soumis, assujettis aux nations, ou indépendants ? Donc, l'indépendance pour le Rambam, c'est en fait la Gueoula. Le début de l'indépendance. Lorsque le peuple d'Israël est autonome, qu'il est souverain sur sa terre. C'est comme ça que le Rambam définit la Gueoula. Et il va apporter un seul verset pour corroborer, pour renforcer ses dires. Ce verset dit que si tu es éparpillé, je te ramènerai sur ta terre. Donc le rassemblement des exilés, pour le Rambam, signifie la Gueoula, le début de la Gueoula en tout cas. Et donc nous attendons aujourd'hui la finition.

Nous attendons l'étape ultime de cette Gueoula, mais elle a déjà commencé. Nous sommes bien à l'intérieur de cette Gueoula, en plein milieu du processus. Nous avons dit donc qu'on ne peut pas accélérer le processus du dévoilement de ce papillon, puisque toute accélération défie en réalité la notion de temps. Et donc c'est comme si on rejetait naturellement le dévoilement messianique.

Et c'est comme si on désirait rester dans un processus messianique qui est hors nature. Tout simplement parce que hors nature égale hors temps. Celui qui veut raccourcir, simplifier, sauter par-dessus les étapes qui sont nécessaires pour élaborer le messianisme, c'est comme s'il disait à HaKadosh Baroukh Hou: ça ne m'intéresse pas, tout le processus, moi je veux le résultat final.

Donc je veux tout de suite, le Machiah ne me fait pas passer par tout le processus qui me permet d'être associé à sa venue. C'est d'ailleurs ce que Korah a fait dans la paracha de la semaine dernière. La paracha de Korah, c'est en fait un raccourci. Korah veut faire un court-circuit, arriver immédiatement à la fin des temps, sans passer par l'étape préparatoire, sans passer par la participation du peuple d'Israël.

Donc, compter sur le miracle d'HaKadosh Baroukh Hou, compter sur un processus qui vient toujours du haut vers le bas, sans placer des hommes un petit peu plus élevés que d'autres, puisque Kola Edda, Koulam Kedoshim, toute l'assemblée d'Israël est déjà dans la sainteté, comme ce sera à la fin des temps. Korah, en fait, saute jusqu'à la fin des temps pour éviter le passage qui est difficile, effectivement.

Car il demande une participation humaine, une association humaine au processus lui-même. Donc il compte sur le miracle et ne voit pas la nécessité de la nature. Dans notre exemple, les scientifiques ont essayé d'accélérer l'apparition du papillon, et ont obtenu des résultats néfastes puisque ce sont des papillons démesurés qui sont apparus, et malades.

Le processus ne doit pas sauter par-dessus le temps, car le temps c'est en fait la miséricorde divine qui nous laisse le temps d'agir. Pourquoi le temps c'est de la miséricorde ? Parce que tout simplement le temps s'appelle Rachamim en hébreu. Rachamim est le pluriel de Rechem, et Rechem est la matrice. La matrice de la maman, Rechem Haem, c'est donner le temps au fœtus de se former.

Dans son passage entre le Olam Haba et le Olam Azeh. Entre le degré spirituel dans lequel se trouve le bébé dans le ventre de sa mère, et le degré matériel dans lequel il sera lorsqu'il sortira dans ce monde. Apparemment, il est plus facile d'être dans ce degré spirituel du ventre, mais les Hachamim nous disent que ce temps-là n'est pas compté, puisque le temps commence à être compté à partir du moment où le bébé naît.

Moralité, c'est seulement lorsque le bébé arrive dans le monde de la matière qu'il commence à devenir participant. Il participe lui-même, il est associé lui-même à son façonnage, à son élaboration, au fait qu'il grandisse. Donc, nous préférons un bébé qui naît, qui est dans la matière, plutôt qu'un bébé qui est nourri, qui naît par un cordon ombilical. Et c'est pour ça que la nation d'Israël, lorsqu'elle arrive sur la terre d'Israël,

même dans le désert, lorsqu'elle est proche de rentrer en Erets Israël, les hommes de la nouvelle génération commencent à avoir des envies très très basses. Des envies de viande, des envies de chair, et ça peut être vécu, ou vu, comme quelque chose de très négatif. Or, les sages de la Kabbale nous disent, au contraire, que cela prouve que ce peuple est mature, donc il veut voir dans la matière les plus grands degrés de l'esprit.

Ils n'ont plus peur de la matière. Alors que, à l'époque désertique, la nation tout entière est dans un degré tellement spirituel qu'elle a peur de la matière, voire la faute des explorateurs. C'est la peur de rentrer dans la matière, la peur de descendre dans un monde matériel, et donc rester dans un monde spirituel où l'étude de la Torah me suffit, et je suis dans

une yeshiva extraordinaire avec le plus grand des Rabbanim, Moshé Rabbeinu. Donc, quoi de mieux ? Eh bien, les sages nous disent que ce n'est pas le désir d'HaKadosh Baroukh Hou, c'est exactement le contraire. Voyagez, quittez ce degré du mont Sinaï, parce que je prévois pour vous quelque chose de plus bas, apparemment, mais en réalité, où pouvez-vous monter ? Autrement dit, lorsque Moshé disparaît, il permet au peuple d'Israël de grandir.

C'est un paradoxe. Hineni, Oleh. Quand Moshé Rabbeinu va mourir, il est écrit Vekam ha'am hazé. Le peuple va se lever. Mais la suite, c'est Vezanah. Il va fauter, il va faire du znout. Alors vous allez me dire: c'est pas bien que Moshé disparaisse, puisque le premier degré que le peuple rencontre après la mort de Moshé, c'est le znout. Eh bien, les sages nous disent non.

C'est normal, c'est tout à fait naturel que le premier degré après que Moshé disparaisse soit de rencontrer les difficultés de la vie. Et il ne faut pas avoir peur, ça fait partie des difficultés de la vie. Vekam ha'am hazé, malgré tout, la Torah dit vekam, c'est une élévation du peuple. Le peuple se met debout, même si, dans ses premiers degrés, il va passer par un côté, deux autres. Donc ne tombe pas dans le piège.

La terre d'Israël, donc.

nous fait rencontrer des degrés qui sont un petit peu difficiles, en tout cas pour ceux qui ont peur. Ceux qui ont peur ne peuvent pas rentrer en Erets Israël. La première rencontre avec Erets Israël, ce sont toujours …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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