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Techouva : ouvrir les mains et les deux Youd

Le Malbim et le Zohar expliquent comment la volonté de l'homme ouvre la bonté divine, et pourquoi la régularité compte.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Psychologie de la techouva : sérieux, joie et amour selon le Rav Kook, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction

Mesdames et Messieurs, nous allons continuer sur notre lancée. Notre sujet, c'est la Téchouva. Nous sommes partis du Tehillim 145, où David Hamelekh nous dit qu'il faut ouvrir les mains. Je voudrais vous ajouter aujourd'hui quelques éléments qui manquaient peut-être dans le cours précédent.

Regardez la deuxième ligne. Le Targoum Yonatan, qui en réalité traduit mais explique en même temps la Torah, nous explique ce que cela veut dire. Il dit: « Il ouvre les tombeaux », comme s'il y avait des tombeaux fermés. Il y a donc une force qui ouvre ces tombeaux. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Il ramène un verset qui dit qu'un jour Hakadosh Baroukh Hou ouvrira les tombeaux d'Israël. Qu'est-ce que l'ouverture des tombeaux d'Israël ? Où ce verset est-il écrit ? Dans Yechezkel. Et à quoi fait référence Yechezkel ? À l'exil. C'est-à-dire que lorsqu'Israël se trouve en exil, c'est comme s'il était mort. La nation est dans un état de mort.

Ouvrir les tombeaux de l'exil, c'est donc faire sortir le peuple, le faire renaître et le faire revenir sur sa terre. Il y a ici une comparaison avec la mort, et avec l'ouverture des deux youd. C'est comme l'ouverture, dit le Rabbi Jonathan Ben Uzziel, d'une femme stérile, une femme qui ne peut pas donner la vie. Il y a ici une ouverture de youd: à partir de ce moment-là, elle peut donner la vie.

Il ramène exactement la même chose à travers un autre verset, où Hakadosh Baroukh Hou s'est souvenu de Rachel, qui était stérile, bien entendu, et qui a pu ensuite donner des enfants au monde. Dans tous les cas de figure, le trou vers le tombeau — puisque la Guemara nous dit aussi que la partie par laquelle le bébé sort du corps de la mère s'appelle, dans le langage hébraïque, le tombeau —

C'est comme si le bébé était mort à l'intérieur, même s'il est vivant, car on ne compte véritablement sa vie qu'à partir du moment où il est sorti du ventre. C'est pour cela que vos jours sont comptés à partir du jour de votre naissance, alors que vous étiez déjà vivant dans le ventre. On ne dit pas qu'un enfant a une semaine plus neuf mois; il a une semaine depuis le moment de sa naissance. Cela veut dire que le peuple d'Israël commence à vivre seulement à partir du moment de sa naissance, à partir du moment où Hakadosh Baroukh Hou ouvre les tombeaux de l'exil.

Le Malbim est antérieur à lui, Rachi aussi. Regardez le troisième degré: Hakadosh Baroukh Hou ouvre la main pour donner de la parnassa, et il va donner.

Il va nous faire comprendre quelle est Sa volonté et, en même temps, Sa bénédiction, c'est-à-dire le lien que nous devons avoir avec Lui. Donc, de la même manière, Rachi nous dit qu'il y a ici une certaine ouverture pour pouvoir donner la vie.

Je reviens à nos fameux youd, l'ouverture des deux youd. Le premier youd est le nom de Dieu, le tétragramme Youd-Hé-Vav-Hé.

Le deuxième youd est à la fin du nom Adonaï. Et entre ces deux youd, il y a toute une vie. Une vie qui est divisée en six parties, puisqu'il reste six lettres au milieu entre les deux youd. C'est dans ces six lettres que nous devons agir, que nous devons nous développer, pour que le youd initial se retrouve à l'extrémité opposée, c'est-à-dire dans l'action, dans notre vie. Est-ce que les choses sont claires ?

Le Malbim, qui est un autre commentateur, explique la même chose. Repartons de l'ouverture des mains, que les sages nous ont dit de ne pas lire. Je vous rappelle: qui dit cela, d'ailleurs, qu'il ne faut pas lire ? Où est-ce écrit ? Ce n'est pas dans la Guemara. C'est dans les Tikouné HaZohar.

C'est-à-dire que Rabbi Chimon Bar Yochaï, dans le Zohar, dans une partie qui s'appelle Tikounim, écrit qu'il ne faut pas lire « ouvre tes mains ». Mais il faut comprendre: celui qui ouvre les youd, celui qui arrive à séparer le potentiel du manifesté. Les deux degrés sont équivalents à deux lettres youd. Le potentiel, youd; la fin de l'action, aussi youd. La différence entre les deux, bien entendu, c'est que le potentiel est encore potentiel, alors que le deuxième youd est déjà le développement de ce potentiel.

J'ai pris ce potentiel, je l'ai développé, je l'ai ouvert, et j'en ai fait, en réalité, quelque chose qui, dans la somme globale, à la fin du processus, ressemble tout à fait à ce que j'avais au début. Cela équivaut à dire que je n'ai rien perdu en route. Lorsque tu arrives à faire cette ouverture des deux mains ou des deux youd, peu importe, c'est l'occasion de générer la bonté, de générer la vie entre les deux youd. C'est comme si je créais un réceptacle en ouvrant ces deux youd pour recevoir la bonté divine.

Et là, le Malbim ajoute quelque chose de nouveau, qu'on n'avait peut-être pas compris jusque-là. Il donne une nouveauté. Il nous dit: qui est-ce qui ouvre les mains ? Non, là, il donne quelque chose d'autre: la volonté. C'est-à-dire que... Tout à fait, mais est-ce que tu l'entends ? C'est ça le problème.

Si tu entends la volonté de Dieu, alors ta volonté fait en sorte de devenir un réceptacle. Je vais essayer d'approfondir avant d'avancer, avec votre permission.

Notre âme, qu'est-ce que c'est, en réalité ? Il est difficile de définir une âme. Les sages, pour nous aider, ne vont pas la définir: ce n'est pas du vent, ce n'est pas un souffle, ce n'est pas un esprit. Ils vont nous dire que c'est en réalité la quantité de volonté que tu as en toi. Autrement dit, la grandeur de mon âme équivaut à la grandeur de mon vouloir.

Plus un homme veut, plus son réceptacle devient en réalité grand, capable de recevoir la bonté divine. Donc tout dépend de la volonté, de ce que l'on veut. Quand tu veux quelque chose, le vouloir de cette chose est le réceptacle, ton kéli dans lequel tu recevras la bénédiction.

Si tu veux beaucoup, tu seras un grand canal de réception. Si tu veux un peu, tu seras un petit canal, et tu recevras donc beaucoup moins. Non, Hachem décide, Il a déjà décidé, mais Il te laisse le libre arbitre de savoir à quel degré tu fixes ton désir. C'est-à-dire que si tu voulais te lever ce matin pour aller à la téfila, tu te serais levé. Mais si, dans les cent pour cent de ton vouloir, tu laisses un pour cent de « peut-être que je ne vais pas me lever parce que je suis un peu fatigué », qui a gagné ? Le un pour cent.

C'est-à-dire que lorsque tu veux quelque chose véritablement, tu le fais et tu l'as. En réalité, le désir de l'homme, la quantité ou la qualité de notre désir, c'est ce qui va gérer ce que nous aurons dans notre vie. Quelque chose que tu as vraiment voulu dans ta vie, tu arrives généralement à y accéder.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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