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La loi Nation : identité juive et destin d'Israël

Pourquoi la loi fondamentale de 2018 n'a pas de constitution, comment la souveraineté juive peut se dire en démocratie, et le lien entre nation et émouna.

1 h 22

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Ensuite : La rafle du Vel d'Hiv, contexte et enfants déportés, 1 h 20

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Est-ce que tu m'entends ? Chalom, Erev Tov. Vous ne m'entendez pas ? Attends, c'est peut-être moi qui ai un problème. Deux secondes. Je vous entends. Ah, c'est moi, c'est moi. Tout va bien, tout va bien. C'est bon. Chalom, Erev Tov. Merci d'être avec nous ce soir. Merci à nos téléspectateurs et téléspectatrices. Je vois qu'on est déjà plus d'une trentaine connectés en direct, et ce n'est que le début. Merci, Rav, de nous accorder ce temps en pleine vacances. Vacances, c'est vite dit: jusqu'au 9 avril, ce n'est pas les vacances encore. Voilà, c'est les vacances.

— Rav, j'ai eu une notification il y a une semaine dans mon téléphone qui m'a dit que, il y a 7 ans, a été votée la loi Nation. C'est l'anniversaire de la loi Nation, dans deux jours.

— Exactement. Je vais même vous dire le nom complet de cette loi: Chok Yesod: Israël, Medina Leom shel Am Yehoudi. On va traduire. Chok Yesod, c'est la loi fondamentale. Israël, Medina, Leom, c'est le pays et la nation, et shel Am Yehoudi, c'est du peuple d'Israël, du peuple juif. Le pays, la nation du peuple juif.

— Le pays, la nation du peuple juif. Et je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris, grave, parce que moi, je me rappelle de ces images-là. Et je vais vous les montrer tout de suite.

— David Ben-Gurion est arrivé. Toutes leurs vies ont été conduites à ce moment-là.

— Excusez-moi. Je peux te le faire si tu veux, je le connais par cœur, et je fais même bien la voix. Bref.

— Rav, moi ce que je me rappelle de ces images-là, c'est qu'on a signé ce document-là, cette déclaration d'indépendance, où l'on dit très clairement, sans aucun doute, que le pays d'Israël est fait pour le peuple juif. On met la Ménorah, on met le Degel Israël, on met la Tikva en place. Et j'ai été surpris. Vraiment très surpris qu'en 2018, parce que cette loi, la loi Nation, a été mise en place en 2018, qu'est-ce qui s'est passé de 47, 48, jusqu'à 2018 ?

— Tout d'abord, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas anodin qu'ils aient décidé de faire cette loi-là 70 ans après. 70 ans, c'est aussi pour marquer le coup. Mais la question que tu poses est fondamentale.

Pour l'anecdote, tu as montré la déclaration d'indépendance, ce très beau parchemin signé par tous les dirigeants du Yishouv, de ceux qui habitaient en Israël à ce moment-là, et qui vont devenir le gouvernement provisoire. Pour l'anecdote, il faut savoir que toutes ces belles signatures ont été apposées sur un parchemin vide. Lorsque David Ben-Gurion fait la déclaration d'indépendance, il ne la lit pas sur le parchemin. Si tu regardes les images qu'on vient de voir, il a des feuilles A4, et c'est sur ça qu'il lit. Pour la simple raison que c'est à peine deux heures auparavant qu'ils ont terminé le texte. Il n'a pas encore eu le temps d'être recopié comme il faut, tout joli, sur le parchemin. Ce qui fait que tout le monde va signer. Et tu vois, les caméras filment les signatures, mais surtout pas le grand texte, parce qu'en fait ils signent sur un rien. Ça, c'est pour l'anecdote.

— Et ça veut dire aussi que ça n'a aucune valeur juridique ?

— Ce n'est pas pour ça que ça n'a aucune valeur juridique. Ça n'a aucune valeur juridique parce que la déclaration d'indépendance n'est pas une constitution. Et la grande réponse à ta grande question, c'est que nous sommes vraiment des Juifs. Tout s'est fait à la va-vite, tout s'est fait ripazone, et ça s'est fait d'un côté par l'inertie du moment, et de l'autre par des choses qui ne s'expliquent pas, qui viennent d'en haut. Ce qui fait qu'on n'a absolument pas pris le temps de faire les choses dans l'ordre. Si on avait demandé aux gens de bien réfléchir avant de faire la déclaration d'indépendance, tout aurait été réglé. Mais ce n'était pas le cas.

La déclaration d'indépendance va servir de base aux principes fondamentaux de l'État d'Israël, mais elle ne va pas être mise en place en tant que constitution, parce que justement, on ne veut pas faire de constitution à ce moment-là. Pourquoi ? Parce qu'il y a plusieurs problèmes. Une constitution, c'est quelque chose qui est inscrit dans le marbre, et tu ne peux plus la toucher. Le problème, c'est qu'il y a plein de sujets. À ce moment-là, on crée l'État d'Israël, sauf que je te rappelle que deux jours avant, il y a eu seulement le vote pour savoir si on crée cet État ou pas.

Comme il y a plein de sujets qui ne sont pas encore finis d'être traités, on ne veut pas faire de constitution. L'une des questions fondamentales, c'est: est-ce qu'on met Dieu dans la constitution ou pas ? Bien sûr. Et parce qu'on ne veut pas répondre à cette question-là, entre autres, et pas seulement celle-là, on ne veut pas faire de constitution. Donc la déclaration d'indépendance va servir de texte fondamental, mais elle n'est pas là pour avoir une valeur juridique.

— Mais l'esprit est clair quand même.

— L'esprit est clair à 100 %. Même si on peut faire plein de parchanoutes et plein d'explications, l'esprit est évident. Et d'ailleurs, tu vois que, de facto, entre 1948 et 2018, les choses qui sont marquées dans cette loi sont mises en avant, sont respectées, et ce sont les choses qui structurent la vie en Israël. Par exemple, si tu veux bien, reprenons les points de cette loi.

Premier point: la terre d'Israël est la patrie historique du peuple juif et la mère patrie du peuple juif. De facto, c'est ce qui se passe depuis la création de l'État d'Israël.

Ensuite, dans le deuxième article, le premier paragraphe dit: « Medinat Israel, imedinat allehom shalama yehoudi ». L'État d'Israël est l'État-nation du peuple juif. C'est ce qui se passe depuis 1948, de facto, avant même que ce soit inscrit dans la loi. Deuxième point: l'État d'Israël a un drapeau qui a deux bandes bleues et, au milieu, un Magen David bleu. C'est déjà le drapeau d'Israël, avant que ce soit marqué dans la loi.

Il y a également le sceau de l'État d'Israël, on y reviendra un peu plus tard. Le sceau, c'est le symbole de l'État. Ce n'est pas le drapeau: c'est la Ménorah, entourée de deux rameaux d'oliviers, et « Israël » écrit en dessous. Ça, c'est le symbole. Et la Tikva est l'hymne national. Mais ces trois choses-là, le drapeau, le symbole et l'hymne, existent déjà depuis 70 ans, avant que ce soit marqué dans cette loi.

Ensuite, troisième point: Jérusalem, une et indivisible, est la capitale d'Israël. La Jérusalem réunifiée depuis 1967, c'est ce qui se passe aussi.

Quatrième point: la langue hébraïque est la langue officielle de l'État d'Israël. C'est aussi le cas aujourd'hui, mais c'est là qu'il y a une différence, à mon avis très importante: jusqu'à la loi, l'arabe était aussi une langue officielle de l'État d'Israël. …

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