Émouna et moussar : le lien de vie avec Hachem
Le lien de vie avec l'Infini, la Torah propre à chaque être et les deux piliers de la sainteté d'Israël selon le Rav Kook.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Israël, première pensée divine et matrice du peuple, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov, shalom lekoulam. Ceux que je ne connais pas encore, je suis donc Yoël, Yoël Benharrouche. C'est avec moi que vous étudiez cette année, le mardi, les attachés, dans le domaine de l'émouna. Et les attachés, je suis désolé pour les cours qui ont été ratés, parce que j'étais obligé de me déplacer.
Donc, be-ezrat Hachem, on va essayer de rentrer maintenant dans le cadre du temps et de respecter nos chiourim. Je voudrais commencer d'une manière globale, en définissant l'essence même du judaïsme. Avant de pouvoir rentrer dans les détails, il est très important de comprendre comment se passe le lien entre l'infini
et le fini, qui est un lien de vie. Je dis que c'est un lien de vie tout simplement parce que HaKadosh Baroukh Hou est l'Être de la vie par excellence, celui qui a créé la vie. Et donc le lien qu'il a avec ses créatures, c'est avant tout un lien de vie. C'est pour ça qu'en hébreu, on l'appelle Chem HaVaya, le nom de l'Être.
Le nom de l'existence. C'est-à-dire que par son existence, nous vivons. On ne peut pas vivre si ce n'est que par lui. Et tout ce que nous recevons passe obligatoirement par lui, car c'est lui le donneur de vie, et tout ce qui contient la vie. À partir de cela, nous devons comprendre que plus nous sommes capables de recevoir la vie, plus nous vivons.
Moins nous recevons la vie, moins nous vivons. Autrement dit, il y a des gens qui vivent plus et des gens qui vivent moins, bien que tout le monde soit vivant. Donc il y a des gens qui, lorsqu'ils sont traversés par la vie, dévoilent l'infini, béni soit-il. Et si, khas ve-shalom, ils choisissent de ne pas se laisser traverser par cette vie, parce qu'ils se coupent, parce qu'ils se détachent,
parce qu'ils se ferment, plus exactement, eh bien la vie passe moins, et donc ils sont peut-être même appelés morts alors qu'ils sont vivants. Ainsi, les Rechaim, les mécréants, sont appelés morts de leur vivant, parce qu'ils sont dans la fermeture, dans le manque de laisser passer la vie. Et les Tsadikim, inversement, sont appelés vivants même après leur mort.
Pourquoi ? Parce que même après leur mort, étant donné qu'ils ont ouvert le canal du lien entre les mondes, ce canal continue de servir, de travailler et de faire passer la vie. Donc même si pour nous ils sont considérés comme des morts, en réalité ils sont encore dans la vie. Parce qu'à travers eux, grâce à eux, par leur biais, par leur canal, la vie passe. En hébreu, tout ce que je viens de dire,
nous existons, mais Havayato Id Barouh, de son être, béni soit-il. C'est-à-dire que nous vivons de son être. Et donc le premier lien, le lien essentiel, c'est un lien de vie, avant tout. Le nom d'Hachem que vous voyez dessiné dans les quatre lettres, Yod, Hé, Vav, Hé, c'est le nom de l'Être. À l'infinitif, c'est Lihiyot, être.
L'un des noms d'Hachem, c'est Ehyeh, je serai. C'est-à-dire que c'est l'Être au présent, au passé et au futur. Ce lien de vie est la base de tout le judaïsme, avant de parler de Torah et de mitsvot.
Maintenant, pour que ce degré de vie, ce flux de vie, passe, nous devons respecter les données de base qui sont les nôtres. Car chaque nation et chaque élément dans ce monde a reçu une spécificité qui lui est propre. La vie passe par ce stylo au niveau où le stylo a besoin d'éléments de vie pour qu'il applique, qu'il vive ce qu'il a à vivre dans ce monde.
Moi, j'ai un autre niveau, j'espère. Et donc je dois être fidèle d'abord à ma spécificité, pour permettre au maximum de vie qui correspond à ma nature de passer. Ça veut dire qu'en réalité, tout ce que vous voyez dans ce monde, et tout ce que vous ne voyez pas non plus, ce sont des éléments qui dévoilent, chacun à son niveau, le même Être vivant, c'est-à-dire la vie.
Et chaque élément a reçu en fait la Torah qui correspond à sa nature. Autrement dit, il y a la Torah du fer, l'élément, le métal. Où est inscrite la Torah du fer ? Dans l'ADN du fer, dans le fer lui-même. Où est inscrite la Torah du cheval ? Dans le cheval.
C'est-à-dire que le cheval vit sa vie de cheval par rapport à l'ADN qu'il a reçu d'une manière innée à sa naissance, par le code génétique qui le définit en tant que cheval. Ça, ça s'appelle sa Torah. Si le cheval pouvait parler, il ferait une bénédiction tous les matins: She-bahar bi mikol ha-ḥayot, qui m'a choisi parmi tous les animaux, et m'a donné sa Torah,
c'est-à-dire la Torah d'être cheval. Vous comprenez ? À un autre degré, c'est leur expression. C'est-à-dire que ce que tu dis ici est en réalité une expression de nos sages: le son qu'émettent les animaux sont en réalité une forme de bénédiction. Alors les sages, d'une manière allégorique, ont choisi par exemple de transformer l'aboiement du chien: « Bouh ! »
C'est comme si on disait un verset de Tehilim: « Venez, prosternons-nous devant HaKadosh Baroukh ». Ça, c'est la façon du chien d'être chien, de respecter sa Torah de chien. Autrement dit, et à un autre niveau, Israël a reçu, lui aussi, sa Torah.
Le secret du peuple d'Israël, c'est qu'il a reçu sa Torah, et pas seulement la nôtre. Je vous pose une question: est-ce qu'un non-juif peut dire « Acher bachar banou mikol ha-amim vénatan lanou Torah » ? Oui. Chaque nation peut dire qu'elle a reçu une spécificité, c'est sa Torah. Je n'ai pas dit volontairement « Torato ».
Mais chaque nation peut dire: il m'a donné la Torah qui correspond à ma nature. Un Japonais doit vivre comme un Japonais, un Chinois comme un Chinois, un Vietnamien comme un Vietnamien, et moi je n'ai en aucun cas le droit de changer sa nature, c'est-à-dire de lui faire faire des choses qui ne correspondent pas à sa nature. Par exemple, de le convertir au judaïsme. Ce n'est pas parce qu'il le veut.
C'est parce qu'il y a un élément en lui qui ressent une résonance. Apparemment, il était déjà parmi ce peuple et, pour une raison quelconque, il en est sorti. Et là, il ne fait que revenir. Je veux dire par là qu'en réalité, chaque être ou chaque élément de vie a sa Torah. Je vous pose donc la question: sur quelle matière est écrite la Torah ? Sur l'ADN,
sur la vie, sur l'essence de la chose. Qu'il soit au courant ou qu'il ne soit pas au courant, ça ne change rien: c'est la Torah qui est la sienne.
À la différence de tous les éléments de la vie, l'homme a reçu quelque chose de plus. Qu'a-t-il reçu de plus ? Le choix. Le choix de quoi ? De révéler ou de vivre selon l'essence qu'il a reçue, selon la capacité intrinsèque qui est en lui, selon la Torah qui correspond à sa nature, ou bien de refuser, de …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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