Le Rambam : la Torah orale après Yehoshua
Comment la Torah orale se transmet et grandit, entre fidélité à Moshe et décisions des sages, selon le Rambam.
Rav Raphaël Kohane
Ensuite : Le Rambam : la Torah orale, son origine et son rôle, 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, shalom à toutes, on se retrouve pour notre étude du Rambam. Et cette semaine, on m'a posé la question: où est-ce qu'on se trouve dans le texte même du Rambam ? C'est une excellente question, parce que vous avez peut-être remarqué que j'aime apporter toutes sortes de sources extérieures.
En fait, l'essentiel du texte du Rambam, c'est de nous amener ce concept de la Torah orale. C'est-à-dire: quelle est son origine ? Comment est-elle transmise ? Qu'est-ce que la Torah orale veut dire aujourd'hui pour nous ? Je me sers donc beaucoup de ce texte pour élargir le sujet. Mais malgré tout, on est sur Yeshiva Online, et on veut étudier dans le texte même.
Je vais donc vous envoyer à tous et à toutes le polycopié de l'introduction du Rambam en hébreu, et je me base sur ce livre-là. Il existe beaucoup, beaucoup d'éditions de ce texte. On va se baser sur l'édition du Rav Shilat, qui est très pratique, puisqu'elle sépare les sujets en chapitres, alors que le Rambam lui-même n'a pas séparé en chapitres. Il a écrit d'un coup. C'est une introduction, finalement, mais qui s'est révélée beaucoup plus longue que ce qu'il avait prévu, parce qu'il part dans toutes sortes de parenthèses.
Par exemple, le chapitre 2 est une énorme parenthèse sur le sujet de: qui est le vrai prophète et qui est le faux prophète ? Ce sujet-là, on va le sauter pour l'instant. On a déjà fait ensemble tout le chapitre Aleph, qui parlait de la transmission dans le désert. On peut définir le chapitre Aleph par la période de Moshe, c'est-à-dire la Torah orale qui est donnée du mont Sinaï à Moshe Rabbeinu, et pendant les 40 ans dans le désert. À la fin de cette description, le Rambam fait une énorme parenthèse sur les différentes sortes de prophètes.
Au début du chapitre suivant, il reprend cette transmission et nous parle de Yehoshoua, et de ce qui s'est passé après Yehoshoua. Selon le texte que je vais vous envoyer, on est donc au tout début du chapitre Guimel.
Dans le chat, on a posé la question: quel est le titre du livre en français, s'il existe ? Il existe, puisqu'on m'a envoyé la question. Je pense que le titre est Introduction au Rambam à la Mishna, ou Préface à la Mishna. Mais il n'y a pas que ça: il y a plusieurs livres du Rambam dedans, il y a plusieurs choses. À mon avis, il y a trois grandes introductions de pensée du Rambam: celle de la Mishna, celle du Pérek Hélek, et celle de Pirkei Avot, qui s'appelle les Chemona Pérakim. On aura donc les mêmes chapitres dans ce livre-là, qui existe.
Gaëlle Illouz nous fait un superbe partage d'écran. Merci. Rambam, Préface à la Mishna. Voilà. C'est quelle édition ? Ça, c'est Gaëlle, vous pouvez l'envoyer dans le chat. On l'enverra par mail, on fera un petit résumé du livre, etc. Super.
On m'a aussi demandé de laisser du temps à la fin du cours pour les questions. S'il y en a qui ont des questions, on va finir un tout petit peu avant, et on laissera du temps pour les questions.
Alors, qu'est-ce qu'on a fait jusqu'à maintenant ? On a vu la période de Moshe Rabbeinu, la période des 40 ans dans le désert. Puis on a commencé la période de l'après-Moshe: on est passé à Yehoshoua, puis à tous les prophètes, etc.
Aujourd'hui, on revient dans le texte du Rambam pour s'occuper d'un petit détail très important. On est tout en haut de la page. Une fois que Yehoshoua lui-même est décédé, il a enseigné aux zkénim, donc aux anciens, ce qu'il a lui-même reçu de Moshe Rabbeinu, qui avait reçu du Sinaï, de la part du Hakadosh Baroukh Hou.
Pouvez-vous agrandir le texte ?
Bien sûr. Merci. Comme ça, ça va ?
Merci. Très bien. C'est très important, on revient là-dessus. Il a transmis aux anciens deux choses. Premièrement, ce qu'il a reçu de Moshe Rabbeinu, qui l'a lui-même reçu du Sinaï, de la part du Hakadosh Baroukh Hou. C'est vraiment la transmission, la fidélité parfaite.
Deuxièmement, il y a ce qui s'est renouvelé. À l'époque de Yehoshoua, il y a eu une multitude de nouvelles questions. Ils ont dû trancher selon leur intellect et selon leur tribunal, donc selon la majorité. Et ça aussi, il fallait l'apprendre, ces nouvelles décisions, et les transmettre.
On voit tout de suite que la Torah orale est quelque chose qui grandit, qui grandit, qui grandit avec les générations. C'est quelque chose de dynamique, qui se développe. Aujourd'hui, par exemple, il y a énormément plus de lois et de décisions qu'on connaît, puisqu'on est après 3000 ans de Torah orale qui s'est développée en Israël et qui n'a jamais cessé de se développer. Plus ça va, plus c'est grand en quantité, et en qualité aussi.
Il y avait certaines décisions où il n'y avait pas de controverse. Très bien: on tranche, et on continue. Il n'y a même pas besoin de trancher, parce qu'il n'y a pas de machloqot. Et là où il y avait des machloqot, ils ont effectivement tranché selon la majorité.
Ça, on l'a vu la semaine dernière, mais on va le relire vite, parce que c'est la fin de ce paragraphe qui m'intéresse. Il n'y a pas eu une seule génération où l'on ne s'est pas remis en question, où l'on n'a pas posé de questions, où l'on n'a pas essayé de mieux comprendre ce qui se passait, où l'on n'a pas eu de nouveaux cas dans la réalité qui nous ont forcés à aller plus loin et à nous poser la question: qu'est-ce que la Torah veut de nous dans ce cas-là ? On se réunit, on réfléchit, etc. À toutes les générations, il y a toujours eu ce style de phénomène, à chaque fois.
On considérait les propos de la génération d'avant comme quelque chose de solide, comme quand on construit un bâtiment. Chaque génération est une pierre en soi, et on se repose sur la pierre qu'on vient de poser pour mettre la pierre d'après. On considère donc que les propos de la génération d'avant sont extrêmement importants, extrêmement solides. On s'appuie sur eux pour avancer, jusqu'à arriver à cette génération qui s'appelle Anshei Knesset HaGuedola.
C'est ce qu'on appelle en français la Grande Assemblée. Il faut faire la différence entre le grand tribunal, qu'on appelle le Sanhédrin, et la Grande Assemblée. Le grand tribunal, c'est un tribunal de 70 ou 71 personnes. La Grande Assemblée, c'est une assemblée de 120 personnes. Qui l'a fondée ?
A priori, c'est Ezra HaSofer qui a fondé cette Grande Assemblée, au retour de la première galout. Quand on est parti à Babel, qui est devenue ensuite la Perse, il y a eu l'histoire de Pourim pendant 70 ans. À la fin des 70 ans, il y a l'histoire de Pourim. Puis on revient en Erets Israël pour construire le Deuxième Temple, et là, Ezra HaSofer ressent le besoin de créer une nouvelle institution qui n'existait pas jusqu'à maintenant: la Grande Assemblée, avec 120 hachamim, …
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Ce cours fait aussi partie des séries « Introduction au Rambam (Rav Raphaël Kohane, 2020-2021) », « Toutes les vidéos d'Orot veKelim ».
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