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Pourquoi fêter Pourim après la sortie d'exil ?

Pourim commémore la permanence d'Israël et la Providence cachée de Hachem, au-delà de l'exil.

52 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. On m'a demandé d'étudier aujourd'hui quelque chose sur Pourim. Vous avez décidé ça ? Je pense que c'est une très bonne idée. Nous allons étudier quelque chose sur Pourim, je pense aussi. Cela correspond tout à fait à l'atmosphère de ces jours-là, puisque nous sommes à l'approche de la fête de Pourim. La fête de Pourim est en principe une fête absurde. Comment commence l'histoire de Pourim ? Elle commence mal.

Comment ? Oui, elle finit mal aussi. Elle commence mal et elle finit mal. Elle commence mal parce que la Meguila nous dit: « ce fut du temps d'Akhashverosh ». Ce qui est en soi un mal, cela veut dire que c'est le temps de la galout, donc c'est mal. Et cela continue de mal en pire, étant donné qu'il y a le décret de Haman qui veut la destruction du peuple juif. Là, c'est terrible. Finalement, on arrive à se débarrasser de cela: on pend Haman, on zigouille les ennemis d'Israël. Et alors, on reste en galout. Cela ressemble à quelqu'un qui est tombé dans un puits. C'est très embêtant d'être dans un puits. Et puis, quand la personne est dans le puits, vient un serpent. Un serpent, c'est très embêtant, encore plus que d'être dans un puits. Il arrive à tuer le serpent. Ouf, je suis toujours dans le puits.

C'est à peu près ce que représente le récit de la Meguila. Donc a priori, il n'y a pas tellement de quoi se réjouir. Bon, vous allez me dire: d'accord, mais il est sauvé du serpent. Mais une fois sorti du puits, par exemple après cette histoire du serpent, il attend, quelqu'un vient avec une corde, il monte, il se sert de la corde, il sort du puits. Donc maintenant, tout va bien. Qu'est-ce qu'il va fêter maintenant ?

Il va fêter le fait d'être sorti du puits. Le serpent n'est qu'un épisode dans l'histoire du puits. Donc la fête de Pourim, qui a été fêtée pendant tout le temps de l'exil, a son sens: au sein de l'exil, on a été sauvé d'une destruction. Mais une fois sorti de l'exil, à quoi sert-il de continuer la fête de Pourim ? D'accord ? C'est une très bonne question. La réponse, c'est que pendant la fête de Pourim, il s'est révélé quelque chose qui n'a rien à voir avec le temps de l'exil. C'est quelque chose qui concerne toutes les périodes historiques, ce qu'on appelle en hébreu le Netsah Israël, c'est-à-dire l'éternité d'Israël, en d'autres termes: le peuple d'Israël est indestructible. Or c'est quelque chose qui est vrai tout au long de l'histoire, donc cela mérite d'être rappelé pendant tout le temps de l'histoire.

Ce que je viens de vous dire est dit dans un verset de la Meguila. À la fin de la Meguila, elle nous dit, traduction: « ces jours de Pourim ne disparaîtront pas de parmi les Juifs, et leur souvenir ne disparaîtra pas de leur descendance ». La descendance des Juifs, c'est quoi ? Ce sont des Juifs. Donc la Meguila se répète: « les jours de Pourim ne disparaîtront pas de parmi les Juifs ni de leur descendance ». Leur descendance, ce sont les Juifs. Donc la Meguila insiste. Ce ne sont pas des Juifs, à l'époque du Machiah ? Ce sont des Juifs.

Alors le natif de Volozhin dit que le terme Yehoudim, « Juifs », désigne les enfants d'Israël pendant l'exil, mais qu'en sortant de l'exil, on s'appellera Israël et non plus Yehoudim. On passe d'une dimension religieuse individuelle à une dimension nationale, collective. Et donc on passe de Yehoudim à Israël. Là, on pourrait se dire qu'une fête qui n'a des conséquences que pour les Yehoudim ne serait pas fêtée par les Israël. C'est pour cela que la Meguila juge nécessaire de dire: non, non, même à l'époque d'Israël, on continuera à faire cette fête. Jusque-là, vous avez suivi ? Vous avez reçu des cours sur Pourim aux fêtes ou pas ? De trois heures. Qu'est-ce qu'on vous a expliqué ?

Je n'ai pas envie de le répéter. L'histoire de Mordechaï, on vous en a parlé ? Pourquoi Mordechaï ne se prosterne-t-il pas ? Parce que ? C'est ça qu'on vous a expliqué ? C'est ça qu'on vous a expliqué. D'accord, je vais quand même reprendre cela, mais vous allez voir que je vais insister sur un autre point.

L'histoire de Pourim est une histoire où tout va mal, n'est-ce pas ? C'est-à-dire que, étant donné que le peuple juif est en risque de destruction totale, c'est à cause de qui ? À cause de Mordechaï. Mordechaï ayant provoqué Haman, c'est lui qui amène toute la catastrophe. C'est donc de sa faute. À tel point que la Guémara dit qu'aucune tribu ne voulait reconnaître Mordechaï comme son enfant. On l'appelle à la fois Ich Yehoudi et Ich Yemini, parce que les gens de la tribu de Yehouda disaient qu'il était de Binyamin, et les gens de la tribu de Binyamin disaient qu'il était de Yehouda. Personne ne voulait de lui, étant donné qu'il a fait une bourde énorme qui a failli coûter la vie au peuple d'Israël.

— Pourquoi tu n'es pas d'accord ?

C'est la Guémara qui le dit. Oui, d'accord, mais il faut être intelligent aussi. Si, à cause de revendiquer ton droit, tu mets en danger toute la communauté, alors il ne vaut mieux pas revendiquer ses droits. C'est banal, non ? Et comment ça s'est arrangé ? Parce qu'Esther s'est prosternée devant le roi. Les problèmes ont commencé par un refus de se prosterner, et tout s'est arrangé par une personne qui s'est prosternée. D'accord ? Donc il fallait se prosterner. Ce qu'il fallait démontrer, n'est-ce pas ? C'est QED.

On a le droit de se prosterner devant un homme ou pas, d'après la halakha ? Oui. On a le droit de se prosterner devant un homme d'après la halakha. Est-ce que j'ai le droit de me prosterner devant un homme ? La halakha dit oui. Devant un goy, oui. L'histoire de Hanna et de ses sept fils, c'est qu'Antiochus voulait qu'ils se prosternent devant l'avodah zara, devant une idole, l'idole de Zeus Olympien. Physiquement, il y a plusieurs manières de le faire. Ce que la halakha appelle, c'est se mettre à plat. D'accord ? Complètement à plat. Allongé. Non, allongé. Pas comme les Arabes à la mosquée. Complètement à plat. D'accord ? Si c'est de l'avodah zara, c'est interdit. Mais si ce n'est pas de l'avodah zara, c'est permis. D'accord ?

Donc cette histoire de prosternation: on se demande pourquoi Mordechaï a refusé de se prosterner devant Haman. Je vais vous dire quelque chose: il y a quelque chose qui ne tient pas la route dans tout ce que vous dites. C'est qu'un élément aussi important pour comprendre le récit n'est pas explicite dans la Meguila. La Meguila ne dit rien. Cela n'aurait pas coûté très cher en encre de mettre deux ou trois, ou même quatre mots, pour expliquer pourquoi Mordechaï refuse de se prosterner devant Haman. Et donc, quelle que soit l'interprétation qu'on donne (il y en a …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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