La techouva et l'ouverture des youdim du nom divin
Comment le verset de Tehillim 145 révèle la techouva comme retour à son potentiel, par le jeu sur les lettres youd.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Techouva : ouvrir les mains et les deux Youd, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je m'appelle Yoël, Yoël Benharrouche. Avec moi, Béni Hachem cette année, nous aurons des cours que j'appelle des cours de émouna. Et je traduis le terme d'émouna par la capacité à vivre notre identité israélienne. C'est-à-dire que l'acte saint, normal, de notre existence, c'est d'essayer de vivre ce que nous avons à l'intérieur de nous au niveau de notre vie extérieure, de notre vie de tous les jours.
Aujourd'hui, nous allons traiter du sujet qui concerne le mois d'Eloul, la techouva. La techouva se traduit en hébreu par retour ou par réponse. Cela veut dire que, dans la notion de techouva, nous allons rencontrer à la fois un retour vers quelque chose, vers une identité, et à la fois une réponse à toutes nos questions. La techouva est, dans sa racine, une réponse à une question.
Est-ce que la réponse vient après la question, ou est-ce que la réponse existe avant la question ? On la donne après, mais elle existe avant. S'il n'y avait pas de réponse en réalité, il n'y aurait même pas eu de question. La question a donc pour force de faire accoucher la réponse qui existe déjà, mais qui est cachée. Celui qui pose de bonnes questions, un bon poseur de questions, va faire naître une réponse qui existait, mais qui était descendue, et qui devient maintenant apparente. Dans l'absolu, elle existe bien avant.
C'est pour cela que la question se dit en hébreu ma, dont la valeur numérique est la même que celle de adam, l'homme. Cela veut dire qu'un homme, par définition, c'est une question. Et s'il joue son rôle comme il se doit, il aura tout de suite une techouva, une réponse. Il va donc vivre selon sa véritable nature.
Je vous ai préparé un cours qui concerne la techouva, mais nous allons aborder ce sujet d'une manière un peu spéciale, liée à une phase plus cachée de notre Torah, c'est-à-dire au niveau de la Kabbale, pour essayer de comprendre et d'appréhender ce sujet plus en profondeur. Vous allez suivre, je vais traduire et nous allons expliquer.
Les Psaumes de David. Il n'y avait pas de feuille. Il est écrit dans Téhilim 145. Pas de problème.
Je vous propose donc, à partir de ce verset de Téhilim, d'essayer de comprendre la notion de techouva, et vous allez voir, c'est quelque chose de très profond. La traduction que nous venons de donner est bien entendu loin de la véritable traduction, du véritable sens de ce verset. Comment ? Eh bien, les Sages vont prendre le mot poteah et yadekha et ils vont nous dire: je sais que c'est ce qui est écrit, mais toi, tu dois penser autre chose. Au lieu de penser « celui qui ouvre ses mains » dans le premier sens, les Sages nous proposent une autre traduction, et ils vont jouer un peu sur les mots. Au lieu de prononcer « tes mains », ils vont prononcer « tes lettres ».
Je retraduis donc la phrase: celui qui est capable d'ouvrir ses youdim. Qu'est-ce que c'est qu'ouvrir ses youdim ? Ouvrir ses mains, je sais ce que c'est, d'ailleurs tout le monde fait ce geste. Mais ouvrir ses youdim, qu'est-ce que cela veut dire ? Hachem. Et pourquoi y en a-t-il deux ? Le minimum du pluriel, c'est deux. Celui qui ouvre les deux youdim. Dans, deuxième ligne, regardez. Ne lisez pas. Ne lis pas tes mains, sois capable d'ouvrir tes youdim. C'est-à-dire, explication, qu'il faut ouvrir les lettres youd, dont la première, qui est la première, est le youd du nom...
La première lettre youd, c'est le premier youd du tétragramme, le nom de Dieu. Il y a un autre youd, à la fin du nom Adonaï. Vous voyez donc que nous sommes face à deux lettres youd, une au début du nom de Dieu, une à la fin du nom que nous prononçons. Comment est-ce possible d'avoir deux noms ? Tout simplement, lorsque vous voyez le tétragramme, vous ne le dites pas. Vous voyez youd, hé, vav, hé, mais vous dites Adonaï. Cela veut dire qu'il y a un problème. Normalement, on aurait dû prononcer le nom que l'on voit. Pourquoi ne le prononce-t-on pas ? Autrement dit, nous sommes dans un monde où ce que nous voyons n'est pas encore ce que nous pouvons exprimer complètement par notre bouche.
Il y a encore un décalage entre l'initial, le tétragramme, le nom de Dieu que l'on voit pour l'instant mais que l'on ne dit pas, et le nom que l'on dit, bien qu'il ne soit pas écrit: Adonaï. D'accord ? S'il est écrit, cela veut dire que normalement on devrait pouvoir le prononcer. Et en effet, une fois par an, le jour de Kippour, au Beth Hamikdach, ce nom sortait de la bouche du Cohen Gadol, et tout le monde entendait ce nom. Mais à l'extérieur, pour l'instant, dans notre monde, il y a encore un décalage entre le nom que nous voyons et le nom que nous disons.
Nous avons donc deux noms qui contiennent chacun quatre lettres. Le premier nom commence par un youd et le deuxième nom se termine par un youd. Les Sages viennent nous expliquer: quand tu ouvres tes mains, pense à ouvrir ces deux lettres youd pour faire apparaître en réalité les deux noms de Dieu, celui que l'on voit et celui que l'on dit. Quelle est la différence entre les deux youd ?
La première lettre youd, c'est le potentiel. La dernière lettre youd, c'est l'action, la réalisation. Reste à savoir si, entre le potentiel et la réalisation, il y a eu une perte en chemin. Normalement, il ne devrait pas y avoir de perte, et c'est pour cela que la première lettre youd se retrouve à la fin du deuxième nom. Nous avons donc un youd au début, un youd à la fin. Combien de lettres restent au milieu ? Il y a deux noms, six lettres: trois de l'un, trois de l'autre. Cela veut dire qu'en réalité, entre le début, entre le potentiel initial, et la réalisation finale, il y a un décalage de six degrés.
Le potentiel que le Hakadosh Baroukh Hou nous a donné est à l'intérieur de nous. Qu'est-ce que nous faisons toute notre vie ? On l'étudie d'abord, parce qu'il est déjà en nous, et nous n'avons qu'une seule chose à faire: le vivre, le faire sortir dans notre existence. C'est un cadeau qui se trouve à l'intérieur de notre identité. On l'a déjà reçu, il est à l'intérieur de notre être. Mais je vais passer toute ma vie à m'entraîner à le faire sortir, pour réaliser dans ma vie de tous les jours ce qu'il est à l'intérieur.
Je vous donne un exemple. Si le Hakadosh Baroukh Hou m'a créé avec une force artistique, je suis un artiste dans l'âme. Cela ne veut pas dire que je suis déjà un artiste réalisé. Pourquoi ? Parce que j'ai un potentiel d'artiste, mais je n'ai encore rien fait dans ma vie pour sortir cette force et la réaliser. Maintenant, si je m'efforce tous les jours de réaliser cette force que Dieu a placée en moi, je vais …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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