La nature de notre être : la Torah comme éducation à l'unité
Comment l'éducation ramène les détails de la vie à une seule unité, et ce que signifient Yaakov et Israël.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le cœur qui voit : sagesse, discernement et équilibre intérieur, 54 min
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Nous sommes dans la partie de droite. On va continuer notre développement concernant la nature de notre être. Je redis ce que je dis souvent: la Torah est tout simplement notre nature. Donc étudier la Torah, c'est étudier notre nature. Revenir à notre nature, au naturel, c'est revenir à l'essence même de notre être, sans tricher, sans se dévoyer, c'est-à-dire sans perdre la voie, et tout simplement être sur la ligne de notre identité.
Avant la fin de la partie de droite, il y a deux petits paragraphes. Donc on va prendre à partir du troisième. Vous le voyez ?
Quand on veut éduquer, j'appelle l'étude de la Torah de l'éducation, en fait. Pourquoi je l'appelle éducation ? Tout simplement parce qu'enseigner la Torah, ce n'est pas une émouna. Enseigner la Torah, c'est comme une éducation. Et pour éduquer, il ne faut pas lâcher l'enfant, ou l'être éduqué, dès qu'on l'a touché un petit peu.
À quoi ça ressemble ? À allumer une flamme. Quand on touche avec l'allumette la mèche, il ne faut pas lâcher la mèche tant que la mèche ne brûle pas d'elle-même. C'est-à-dire que le feu doit tellement passer de l'allumette à la mèche qu'il faut caresser la mèche jusqu'au moment où elle brûle. L'éducation, c'est exactement la même chose. On ne peut pas juste donner une flamme à distance et lâcher immédiatement. C'est une éducation jusqu'au moment où l'être éduqué, c'est-à-dire l'élève, brûle de lui-même. Et ça, c'est la force de l'éducation.
Quel est le sens de cette éducation ? Eh bien, c'est de dévoiler l'unicité, la force de l'unité. Autrement dit, la base même de toute notre Torah, c'est de dévoiler Shema Yisrael, Hachem Elohénou, Hachem Ehad. De dévoiler que, malgré tous les détails de cette vie – vous voyez qu'il y a des milliards de détails –, on peut se perdre dans ces détails ? Eh bien non. Le bon éducateur va montrer à l'élève qu'en réalité tout est géré par une seule et même unité, même s'il y a des milliards et deux milliards de détails.
Comme dans le corps humain: il y a beaucoup de membres, mais tout est géré par une entité qui s'appelle la néchama, et qui va faire le lien même entre le petit doigt de pied et l'oreille gauche. Apparemment, aucun lien entre ces deux parties du corps. Qui va faire ce lien entre ces deux parties du corps ? Seulement une force qui connaît le secret de l'unité, qui est elle-même le secret de l'unité. Est-ce que c'est clair ce que je suis en train de dire ? D'accord ?
Ça veut dire qu'en réalité, même en médecine moderne, aujourd'hui on a découvert qu'il y a un liquide qui se retrouve partout. C'est toujours le même liquide. Ça s'appelle le fachia. C'est-à-dire qu'il y a ici un élément conducteur, rassembleur, un dénominateur commun entre tous les détails. Et c'est ce dénominateur commun qu'il faut enseigner, qu'il faut dévoiler.
Je donne un exemple un peu plus concret au niveau des lettres. Vous avez une feuille devant vous avec des centaines de lettres. Quel est le lien entre toutes ces lettres ? Le blanc qui se trouve entre les lettres, sous les lettres et autour des lettres. C'est le seul point commun entre tout ce qui se trouve ici. Si je connais le secret de ce blanc, en réalité je connais le secret qui anime toutes ces lettres. Mais si je me focalise seulement sur les lettres – chaque lettre est une existence à part entière –, je ne vois pas le lien.
Mais c'est la même chose dans notre vie. Un collier de perles: si les perles sont séparées, qu'il n'y a pas un fil conducteur qui rassemble toutes les perles et qui en fait un collier, ce n'est pas un collier. C'est la même chose dans notre vie. Chaque perle est un jour qui passe, chaque perle est une situation donnée. Si je n'ai pas un fil conducteur et que je ne comprends pas quel est le lien entre tous ces jours, entre tous ces événements, entre tout ce qui se passe, je suis paumé en réalité. Je vis ma vie au jour le jour, en attendant le jour suivant, sans savoir exactement vers quoi je vais, d'où je viens.
Quand on a construit le tabernacle dans le désert – nous sommes dans les paracha Vayakhel-Pekoudei, mais c'est la même chose –, à chaque fois on parle de centaines de détails. On est d'accord ? La table, elle est de cette mesure, le machin, il est de cette mesure, l'autre, il est de cette mesure, les chérubins, le machin… on devient fou, on se perd. Mais la Torah est là pour nous dire de temps en temps: n'oubliez pas qu'on est en train de parler d'une seule et même unité. Quand vous la regardez, elle est formée de beaucoup de détails, mais en réalité c'est une seule unité. N'oublie jamais cette unité, sinon tu vas te perdre dans les détails.
Donc le rôle de l'éducateur, c'est toujours de ramener à l'unité, toujours de diriger l'élève vers le degré qui réunifie tous les détails dont on est en train de parler. Tu vas te marier bientôt. Ne te perds pas dans les détails de la préparation. Sinon, tu vas tomber dans la colère, dans les nerfs de la préparation, et tu vas perdre en réalité la vérité. Il y a quelques mois, ta seule idée, c'était de te marier. Dès que tu as décidé et que tu as trouvé ton 'hatan, tu es obligé maintenant de t'occuper de détails. Les détails peuvent te gâcher la simha de départ. Ne laisse jamais cette chose se faire. Faites attention à ça.
Dans tous les détails de notre vie, c'est pareil. À la place de la simha, commence la tristesse, la colère, les nerfs, l'impatience. Ce n'était pas ça, le mariage, au départ. C'est exactement pareil dans tous les détails de notre vie. N'oubliez jamais vers quoi vous allez, sinon vous allez tomber dans le piège des détails. Et les détails tuent. Ils tuent l'ensemble, ils tuent la beauté de l'ensemble.
Ce n'est pas parce que tu n'as pas trouvé une paire de chaussures que ton mariage est raté. Vous comprenez ? Et malheureusement, il y a des gens qui réagissent comme ça: « Je suis foutu, je ne peux pas me marier. Pourquoi ? Je n'ai pas trouvé une paire de chaussures. La catastrophe. » Excellent exemple. Je n'ai pas fait exprès, des fois je touche des trucs. Il faut faire très attention à ça, très attention à ce genre de détails. Et ça, c'est le rôle de l'éducateur.
Tout ce que je viens de dire tient dans cette phrase: la bonne éducation, c'est d'enseigner l'unité, c'est-à-dire le sens général, l'idée première, l'idée motrice. Alors voilà comment les sages nous le disent: « Un est notre créateur, notre Dieu, et il se trouve et dans le ciel et sur la terre. » Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce sont des expressions, bien entendu. C'est-à-dire que la même unité divine se trouve dans les degrés les plus élevés comme dans …
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