Shmonah Batsim : dévoiler la neshama et le divin
Le Rav Kook y montre que la neshama porte déjà toute la Torah et que l'homme est jugé sur ce qu'il laisse s'exprimer.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : 22.04.18 Quelle est la signification du compte du Omer?, 58 min
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Alors, mes attachés, aujourd'hui, nous allons étudier un passage du Chmonah Kevatsim. C'est un livre composé à partir de recueils retrouvés, des écrits que le Rav Kook avait rédigés à la main et qui n'avaient pas été répertoriés au départ. On y trouve des pensées sur beaucoup de domaines et de sujets, des réflexions très profondes que le Rav avait tout au long de sa vie. Ces textes ont été mis à disposition relativement récemment, il y a deux ou trois ans au maximum, donc c'est quelque chose de très nouveau. Il reste encore des choses qui n'ont pas été publiées, certaines personnes ont peur de les dévoiler. Mais d'une manière générale, les choses sortent, et elles vont sortir, à mon avis, un jour ou l'autre. C'est mis en place par des gens qui ont fait ce travail.
Vous voyez qu'ici ce n'est pas dans l'ordre: il y a Resh Lamed He, puis Resh Lamed Tet, puis Resh Mem, et Resh Mem Alef. On va essayer de comprendre ce que le Rav nous dit. Ce sont des sujets que nous avons déjà développés ensemble, mais il est toujours bon de les revoir sous un autre angle.
L'homme qui veut dévoiler l'entité divine: c'est un sujet très difficile. Nous avons envie, et Dieu lui-même veut se dévoiler, se révéler dans le monde, et nous sommes en fait les artisans de cette révélation. Che'ifa est un désir, sho'ef signifie aspirer. C'est donc l'aspiration à l'entité divine. Beit Patrout Kol Kochote Hachela Neshama Bimlo Uzza. Cela doit se faire en dévoilant et en développant toutes les forces de la neshama au maximum de ses possibilités.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Pour arriver à dévoiler les valeurs du divin, et étant donné que ces valeurs sont à l'intérieur de notre neshama, quand vous donnez à votre neshama la capacité de se dévoiler, vous allez lui permettre de dévoiler un maximum de choses. Ne l'enfermez pas dans une prison. Cela veut dire que notre neshama contient le tout. Elle a reçu toute la Torah. Notre neshama est dotée d'un système divin: c'est, entre guillemets, le divin dans notre corps. C'est la partie divine qui est en nous à chaque instant, et cette neshama connaît tout.
De la même manière, cette neshama prie tout le temps. Elle n'a pas besoin de rentrer de temps en temps à la synagogue pour prier. Elle est tout le temps en lien, sans jamais s'arrêter, avec l'infini. Est-ce que c'est clair ? Nous, extérieurement parlant, nous allons prier de temps en temps. Vous êtes d'accord ? Vous rentrez à la Beit HaKnesset, vous priez, vous sortez. Votre neshama, non. Votre neshama prie: quand je dis qu'elle prie, c'est qu'elle est liée, parce que le mot tefila veut dire lien. Tout
le temps, constamment, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle est même au-delà des notions de temps. Elle est donc tout le temps en prière, tout le temps en lien avec les valeurs de l'infini. Elle n'a pas besoin d'apprendre quoi que ce soit: sa nature, c'est la nature de la vie. D'accord ? Quand tu prends deux éléments et que tu en prends encore trois, ce sont des choses de la vie. Je n'ai pas besoin d'apprendre pour savoir cela, ce sont des choses qui sont là. La neshama, c'est l'être
vivant réel à l'intérieur de notre vie, c'est lui qui anime tout cela.
Donc, plus je dévoile les valeurs qui se trouvent dans cette neshama... Imaginez que la neshama est un cadeau fermé. Plus vous ouvrez le cadeau et sortez ce qu'il y a dedans, plus vous serez riche, même extérieurement parlant. Moins vous permettez à la neshama de s'exprimer, de sortir ce qu'elle a en elle, plus vous allez l'étouffer. Donc, même pour le divin, même pour connaître la Torah, même pour dévoiler le divin, plus vous permettez à votre neshama de s'ouvrir et de partager, plus elle va le faire. Il
ne s'agit donc pas de la limiter. J'allais vous dire quelque chose de plus sévère: on va juger l'homme par rapport à ce qu'il a permis à sa neshama de dévoiler. Vous comprenez ? Si j'ai permis à ma neshama de s'exprimer pleinement durant toute ma vie, je suis un tsadik. Si j'ai étouffé cette neshama en faisant des choses contraires à sa nature divine, khas v'shalom, c'est comme si je l'avais enfermée dans une prison, l'empêchant de révéler ce qu'elle avait à me dire.
Et c'est sur cette fermeture ou cette ouverture que l'homme est jugé. C'est clair ? On vous a déjà donné tout le potentiel. Vous ouvrez, ou vous laissez fermer, ou vous étouffez la chose. Quelle était ta question ? Torah, Mitsvot, Maasim Tovim, Makhshavot, tout. Tout ce que HaKadosh Baroukh Hou veut de l'homme, de la création, est déjà inscrit dans ta neshama. L'étude va te permettre de dévoiler tout cela. Quand tu étudies, tu te rappelles en fait quelque chose que tu as peut-être oublié ou étouffé, parce que tu t'es éloigné de cette neshama. On se rapproche donc de notre neshama en étudiant la Torah.
Le corps, lui, ne doit pas gêner. Si le corps fait obstacle, c'est qu'il y a un problème: tu n'as pas compris que les deux marchent pour un seul organisme. Le corps doit t'aider, au contraire, à supporter et à porter cette neshama. La preuve, c'est que HaKadosh Baroukh Hou met la neshama dans un corps: ce n'est pas pour l'étouffer. Au contraire, le corps doit devenir un cheval, un véhicule pour la neshama. La neshama doit conduire le corps là où elle veut vraiment aller. Et si tu donnes trop d'importance au corps, c'est comme si tu étouffais la neshama. Tu dis à ton cheval: « Je veux aller à gauche », alors qu'en réalité tu voulais aller à droite, et ton cheval va à gauche. Tu donnes trop de poids au degré superficiel de toi-même, au lieu de donner du poids au degré intérieur de toi-même. D'accord ?
Donc, un cavalier et un cheval, c'est comme la neshama dans le corps, ou encore comme HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde: ta neshama est dans ton corps. C'est clair ? Le corps, c'est comme le monde. Et HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde, c'est comme la neshama dans un corps humain. Si le corps marche selon les préceptes de la neshama, ça marche bien. S'il n'écoute pas la neshama qui le fait vivre, c'est comme si un homme n'écoutait pas Dieu qui le fait vivre dans le monde. C'est le même rapport. Le monde s'appelle Olam Katan: c'est un corps. Le corps humain s'appelle aussi Olam Katan. Tout ce qu'il y a dans le monde se retrouve dans l'homme, en petit. C'est la même chose dans l'homme.
— Ok. Tout à fait. C'est ce qu'il dit. C'est pour ça que j'ai dit que c'est une aspiration. Donc, au maximum, tu vas et tu dévoiles, tu dévoiles, tu dévoiles. Comme tu viens de le dire, c'est de l'ordre de l'infini, mais ce ne sera jamais quelque chose de complet. Ce sera toujours un mouvement vers, selon l'effort que tu as fait …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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