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Pirké Avot entre Pessa'h et Chavouot : devenir un homme avant de recevoir la Torah

Pourquoi les sages recommandent l'étude de Pirké Avot pendant le Omer, et ce que le Rachach en dit.

55 min

Rav Yoël Benharrouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ya Zad Hachem, nous allons aujourd'hui parler de Pirké Avot, ce traité qui se trouve dans le Seder des Mishnayot, et que les Sages nous ont recommandé de lire et d'étudier pendant la période comprise entre Pessa'h et Chavouot. Cela ne veut pas dire qu'en dehors de ce temps-là on n'étudie pas Pirké Avot.

Mais apparemment, il y a un intérêt supplémentaire à étudier ce texte pendant cette période. Nous allons essayer de comprendre pourquoi. Le Rachach, Rabbi Chalom Charabi, ben Nahar Chalom d'Aflametbet, l'un des plus grands kabbalistes de ces dernières années, qu'on appelait le Rachach, nous dit la chose suivante dans son livre clé, Nahar Chalom: Pessa'h veyemeï sfirat HaOmer.

Pessa'h et les jours du compte de l'Omer, c'est la graine, la racine de tous les jours de l'année. Et selon la façon dont l'homme vit pendant cette période, c'est de la même manière qu'il fera marcher le reste: son année ressemblera à la période entre Pessa'h et Chavouot.

Les kabbalistes ont toujours ce genre de message: la Kabbale donne l'aspect de la graine avant que cette graine ne se développe pour devenir en réalité l'arbre. De la même manière qu'une graine devient un arbre, il y a dans l'année une graine de temps qui devient en réalité tout le temps. Le Rachach nous dit que la graine du temps, la racine du temps, c'est pendant cette période-là.

Autrement dit, si je sais me comporter pendant cette période de l'Omer, j'aurai une année qui ressemblera à cette période entre Pessa'h et Chavouot. Et de la même manière que j'ai décidé et que j'ai travaillé pendant cette période, mon année ressemblera en réalité à cette période. Autant vous dire qu'il faut s'investir pendant la période de l'Omer, parce qu'il y a là un investissement pour toute l'année à venir.

Et il faut comprendre pourquoi. La raison pour laquelle cette chose prend autant d'importance chez les kabbalistes, c'est tout simplement que la période qui est entre Pessa'h et l'Omer est celle qui nous donne, à nous les hommes, la possibilité d'intervenir dans l'histoire de Dieu. J'explique.

Pessa'h est en réalité un cadeau qui nous tombe du ciel. La sortie d'Égypte est, entre guillemets, un cadeau gratuit de délivrance donné à Israël malgré leur état, malgré leur niveau. C'est pour cela, d'ailleurs, que le texte de la Haggada nous dit que nous étions nus: Ve'at ervom ve'erya. Traduction: vous êtes nus de quoi ? Pas nus de vêtements, mais nus de mitsvot et de qualités qui justifieraient que je vous délivre, dit HaKadosh Baroukh Hou.

Et malgré cela, HaKadosh Baroukh Hou nous délivre. Malgré le manque dans lequel nous étions, malgré le niveau si bas dans lequel nous étions, à tel point que les Hachamim nous disent que nous étions à quarante-neuf degrés d'impureté et qu'il n'y avait pas de différence entre un Israélite et un Égyptien, HaKadosh Baroukh Hou nous délivre, nous sort d'Égypte. Cela veut dire qu'il nous fait un cadeau. Au nom de quoi ? Au nom de ce que nous sommes dans notre identité la plus profonde, c'est-à-dire Israël, qui a été choisi pour un certain rôle à jouer dans ce monde.

Mais lorsque quelque chose arrive comme un cadeau, il n'est pas forcément le bienvenu. Si tu ne l'acquiers pas, ce cadeau disparaît quelque part. Il disparaît non pas parce qu'il n'est plus, mais parce qu'il ne sort pas, parce qu'il ne se dévoile pas, parce que tu ne l'as pas acquis par mérite.

C'est pour cela que les Hachamim nous disent que si tu aimes les cadeaux, tu es beaucoup plus proche de la vie. Car si tu aimes recevoir les choses gratuitement, tu n'as en réalité rien, donc tu ne vis pas. Et pourquoi n'as-tu rien ? Parce que tu n'as rien fait pour recevoir les cadeaux qu'on est en train de te donner. Donc les cadeaux sont empoisonnés. Il faut avoir un don, mais un don que je mérite.

Et étant donné que Dieu nous a donné une délivrance gratuitement le jour de Pessa'h, le lendemain de Pessa'h, je commence à devoir travailler pour mériter cette délivrance, pour la retrouver, cette fois-ci, grâce à mes efforts. Je dois retrouver la même lumière qui m'a été donnée gratuitement à Pessa'h. Je dois la retrouver en ayant fait un travail, en ayant fourni un élan humain qui me place dans la réception totale de cette même lumière.

Quand est-ce que je reçois la même lumière que j'ai eue gratuitement à Pessa'h ? À Chavouot. À Chavouot, je vais recevoir en réalité la même lumière qu'à Pessa'h. La seule différence, qui est énorme, c'est qu'à Pessa'h je l'ai eue gratuitement et qu'à Chavouot je l'ai avec mérite, parce qu'il y a un temps qui me permet de réaliser que je suis un partenaire, que je suis un associé. Et cette période s'appelle la période de l'Omer.

Lorsque nous comptons l'Omer, nous nous préparons à acheter, à acquérir ce qui nous a été offert gratuitement à Pessa'h. Nous avons donc sept semaines pour travailler cette acquisition. Le chiffre sept représente le monde du temps naturel, qui est basé sur le chiffre sept, et nous avons donc toutes les étapes pour, pendant sept semaines, lire Pirké Avot, ce Maximes des Pères, cette leçon de morale divine donnée par nos Sages pour nous élever, pour acquérir, pour profiter pleinement de la lumière que nous avons eue gratuitement.

Mais cette lumière ne peut pas tenir, vous comprenez bien. C'est pour cela qu'elle disparaît, et que nous devons la retrouver, la rattraper, avant qu'elle ne disparaisse complètement. Elle reste dans les oubliettes de notre neshama: elle y est, mais elle est enfouie, cachée dans la ségoula, dans notre cadeau intérieur, sans être développée, sans être réalisée dans notre vie. C'est donc un cadeau qui ne sert à rien, un chèque resté dans une enveloppe fermée.

Tu n'as jamais ouvert l'enveloppe, parce qu'elle ne t'appartient pas encore: tu n'as pas fait le travail. Quand tu fais ce travail, tu ouvres l'enveloppe et tu peux encaisser le chèque. Quel chèque ? Le travail de la sortie d'Égypte est tout simplement un travail de participation, d'être là.

Alors, c'est vrai que la Gueoula, elle, a été faite et réalisée par HaKadosh Baroukh Hou, beyad hazaka ou bizro'a netouya: nous n'avons véritablement aucun mérite. Mais les seuls, entre guillemets, qui ont travaillé pour faire quand même partie de ceux qui sortent (je vous rappelle que 80 % n'en sont pas sortis), ce sont les 20 % qui sont sortis, parce que les femmes ont éveillé en eux ce désir de sortir.

Dans le sens profond de la femme, il y a une certaine énergie de savoir capter les choses au bon moment, de ne pas rater ce qui est en train de se tramer devant soi. L'homme, lui, est tellement fatigué, tellement en dehors du système, que parfois il ne voit pas les choses se passer devant lui. La femme a cette capacité-là. C'est un capteur d'énergie beaucoup plus puissant que l'homme, parce que l'homme est tellement appelé par tant d'informations dans ce monde qu'il oublie l'essentiel.

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