L'émouna et le sens profond de la Gueoula
Le cours part de la question de la délivrance : la sortie d'Égypte comme modèle, et le peuple avant la sortie.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Attendre la Gueoula : regarder, agir, voir le processus, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Introduction: le sens de la Gueoula
Dans notre cours aujourd'hui, nous allons essayer de comprendre le sens même de ce que nous définissons comme Gueoula. Qu'est-ce que la Gueoula ? Quel est le sens profond de cette notion ? Pourquoi ? Le monde, après tout, continue, et apparemment nous avons, en tant que peuple, introduit une notion nouvelle qui…
Après réflexion, peut-être n'est-elle pas nécessaire. Peut-être faudrait-il simplement donner à la vie la possibilité de continuer d'être ce qu'elle est, et ne pas intervenir pour essayer de changer quelque chose. Alors, d'où est née cette nécessité, et d'où est née cette notion de libération ? Libération de quoi ? Et tout ceci, parmi…
Donc, des questions, d'autres questions vont se poser. Et comme référence, nous avons la Torah: Mrot Adavarim HaMefourashim BaTorah. Malgré tout ce qui a été spécifié dans la Torah, ve-lamrot masoret rahmei Israël, et malgré ce que les Sages nous ont laissé dans l'étude, nefotza adayim borot mesuyemet behagdara tageoula, il existe encore…
## Une méconnaissance de la Gueoula
…une méconnaissance certaine par rapport à la Gueoula, à sa définition. Et le brouillard qui s'est installé autour de cette notion est allé tellement loin qu'il a atteint même les centres d'études.
En d'autres termes, même ceux qui étudient la Torah ne savent plus réellement ce que représente la Gueoula, ce qu'elle vient nous enseigner, de quel ordre elle est, et où elle mène le monde.
Véhiné, la paracha de Vaéra: c'est pourquoi les clés de la définition exacte de ce que représente la libération se trouvent dans la paracha de Vaéra. Cette paracha va nous proposer – tsidra mehadouyak shel ta'alia Gueoula – l'ordre exact de ce que la Gueoula doit être, devrait être. Et bien que dans cette paracha il s'agisse de la libération d'Égypte, nous savons, par définition,
## L'Égypte, matrice de toutes les délivrances
…que la délivrance d'Égypte est une matrice à toutes les délivrances qui viendront dans le futur du peuple d'Israël. Cela veut dire que l'Égypte représente en fait le modèle de base de toutes les délivrances. De la même manière que c'est le modèle de base de tous les exils, c'est aussi le modèle de base de toutes les délivrances.
Il nous reste donc à étudier l'Égypte, l'exil d'Égypte et la Gueoula d'Égypte, pour comprendre l'exil de toutes les époques et la délivrance à toutes les époques. La Gueoula de Mitsrayim, d'accord ? Et Vé-élta Israël mi-mishpacha le-am: cette délivrance d'Égypte a d'abord transformé, élevé Israël, d'une famille…
…d'une famille en un peuple qui est en devenir, pour pouvoir sortir. Cela veut dire qu'on ne pouvait même pas sortir si on n'était pas un peuple. C'est ça que cela voulait dire.
## Être peuple avant la sortie
— Vous avez posé une question très intéressante: seul un peuple peut être délivré. L'individu, à proprement parler, ne peut pas être délivré s'il n'a pas auparavant touché la notion de peuple. Non, ce n'est pas la force de l'union, parce que l'union ne pourra jamais créer un peuple.
Le peuple existe avant. Il s'agit, en fait, de toucher l'idée de ce que représente le peuple. C'est-à-dire que tant que je ne me suis pas mis au degré de ce que je suis dans ma neshama collective, je ne peux pas réellement me libérer.
— Je n'ai pas compris.
— Non, c'est Hiné am bné Israël rav ve-atsoum mimenou. La première fois que le mot am apparaît, c'est dans le récit, bien avant Moshé. Moshé va utiliser cela, mais c'est autre chose. HaKadosh Baroukh Hou veut que la notion de peuple arrive sur terre. Et quand arrive-t-elle sur terre ? À la sortie. Donc on ne peut pas sortir sans être un peuple, d'accord ?
— J'ai dit qu'on ne peut pas sortir tant qu'on n'est pas un peuple. Il faut donc d'abord être un peuple.
— Non, ce n'est pas la sortie qui nous a faits peuple. C'est le fait d'être peuple qui nous a permis de sortir. Attention. Et justement, Paro a compris quelque chose que nous-mêmes n'avons pas encore compris. C'est maintenant que l'histoire commence. Autrement dit, tout ce qui a précédé cette étape, la définition du peuple, était en fait de la préhistoire. On ne pouvait rien faire réellement.
## La notion de peuple depuis Abraham
Et tout ceci commence où ? Qui nous donne ce secret ? Paro le révèle, mais qui nous donne ce secret avant Paro ? HaKadosh Baroukh Hou lui-même. Où ? Bien avant, avec Abraham. HaKadosh Baroukh Hou, qu'est-ce qu'il demande à Abraham ? De créer un peuple, de manifester ce peuple. Pas de le créer, parce qu'il ne peut pas le créer, mais de le révéler: mettre en place cette notion qui a déjà été prévue auparavant. Ce qu'on avait déjà étudié. Cette fameuse neshama, il faut maintenant qu'elle prenne corps dans le monde d'en bas.
Et donc HaKadosh Baroukh Hou dit à Abraham: Véeéssera légoy gadol – je veux faire de toi une grande nation. Et lorsqu'Abraham lui demande comment il saura qu'il héritera la terre d'Israël, HaKadosh Baroukh Hou lui répond: d'abord, cette nation que tu vas créer descendra en Égypte, et en tant que nation elle en sortira avec un gain. Elle aura gagné quelque chose. Tout ce processus est en train de se réaliser maintenant.
Ce qui veut dire que, pour la première fois dans l'histoire, apparaît un peuple qui, lui seul, est capable de se libérer. Pourquoi faire ? Pour commencer à réaliser Dieu sur terre. Dieu a besoin, entre guillemets, de se réaliser à travers le peuple qu'il aura créé lui-même. Et tant que ce peuple n'apparaît pas, Dieu n'est pas dévoilable. Dieu est en prison. Donc Israël libère Dieu, d'accord ? Cela va loin. Et c'est une création divine: c'est HaKadosh Baroukh Hou qui décide cela, c'est lui qui veut que ce soit ainsi.
## El Shaddaï et le Tétragramme
El Shaddaï, c'est ce qu'ils disent justement. Qu'est-ce que Shaddaï ? Un dieu limité. Chè, daï: daï veut dire pas beaucoup, un tout petit peu. Le mot Shaddaï veut dire limite. Ce n'est pas encore toute sa puissance, de la force d'en bas, de celle qui est manifestée d'en bas.
Mais le nom du Tétragramme, je ne l'ai pas encore dévoilé. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de peuple.
— Vous avez raison, mais c'est la même chose. Cela veut dire que c'est un potentiel, mais pas encore une réalisation. Donc le nom Yod Hé Vav Hé, le Tétragramme tel qu'on le voit, n'apparaît réellement dans l'histoire que lorsqu'il y a le peuple d'Israël. Même si on a déjà vu ce nom, on n'a pas encore intériorisé, imprimé cette notion qui s'appelle Yod Hé Vav Hé. Cela n'est possible que lorsqu'il y a un peuple.
Exactement. La Gueoula dépend – et c'est le prophète qui nous le dit, c'est-à-dire HaKadosh Baroukh Hou lui-même –: Atem edaï, dit Hachem: tant que vous n'êtes pas mes témoins, ani El, je ne peux pas être El, je ne peux pas être Dieu. Je suis Dieu quand …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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