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Les quatre gardes de la nuit et l'exil selon le Rav Kook

Comment les marqueurs de la nuit du Talmud désignent les problèmes de l'exil : matérialité, midot, étude et connaissance de Dieu.

43 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Eliyahou HaNavi et la voix du ciel dans la ruine, 45 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, bon dimanche à tous. Je pense que toutes les formules de politesse y sont passées. On peut y aller. Donc, on revient dans notre étude d'Ein Aya du Rav Avraham Its'hak Hacohen Kook, les explications sur les aggadot du Talmud, Massekhet Berakhot, et on est toujours dans cette première grande aggada, celle sur la manière dont la nuit est divisée.

On a expliqué qu'il y a la, qu'il y a trois ou quatre gardes différentes durant la nuit. Et la semaine dernière, on a commencé à voir comment on se repère dans la nuit. Comment sait-on quels éléments permettent de déterminer quand commencent la première, la deuxième et la troisième garde ? C'est parce qu'il y a des marqueurs physiques et spirituels.

La première garde est marquée par ham'or noher, par le fait que l'âne brait, « bré, non bré, bré » je crois. Oui, on va dire « bré ». Ensuite, la deuxième garde, c'est kelavim tso'akim, les chiens crient ou aboient. Et la troisième garde, ça va être, on va voir…

C'est le bébé qui tète le sein de sa maman. Et enfin, la discussion entre un mari et sa femme au petit matin. On a expliqué que ces quatre marqueurs ne sont pas seulement au niveau de la Terre, dans ce que l'on entend, l'âne ou les chiens, mais qu'ils représentent également des dimensions spirituelles. Ce sont, si l'on peut dire, les problématiques dues à l'exil. On sait bien que la nuit, c'est l'exil, et donc il y a plusieurs problématiques.

La première problématique, qui est en fait la première étape de l'exil, c'est l'asservissement presque total à la matérialité. Ham'or noher, c'est la dimension d'être soumis au matériel durant l'exil. C'est la première grande problématique de l'exil. La deuxième grande problématique de l'exil est une problématique au niveau des midot. Les midot du peuple juif ne sont plus au beau fixe à cause de l'exil. Ça, c'est ce qu'on avait dit, les deux premières étapes qu'on avait vues la semaine dernière. D'accord ? Il y avait des questions par rapport à ce qu'on avait vu la semaine dernière ? Non, on est bons ? On peut enchaîner ? Non, moi j'ai une question, s'il vous plaît.

— Je voulais savoir si c'était une dimension d'Erets Israël ou s'il y avait aussi une dimension personnelle. Parce que personnellement, j'habite en Erets Israël depuis quatre ans, et je ne me sens pas débarrassé de toute ma matérialité. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas parce que je suis en Erets Israël que c'est merveilleux, que j'ai des méthodes formidables et que tout va bien.

Vous avez tout à fait raison. D'abord, il y a une dimension collective et une dimension individuelle. Maintenant, pour répondre plus spécifiquement à votre question, il ne s'agit pas du tout de se débarrasser de la matérialité. Nous ne prenons pas le nirvana, ni la séparation de l'âme de son enveloppe corporelle. Nous ne prenons donc pas non plus un idéal d'ascétisme qui se détacherait de la matérialité.

Il ne s'agit pas de se débarrasser de la matérialité, il s'agit de ne pas en être l'esclave. On peut tout à fait avoir une très belle maison et une très belle voiture, et ne pas être esclave de ces objets-là. Maintenant, vous dites que vous êtes en Israël depuis quatre ans. Je vous rappelle l'enseignement de Manitou, qui disait qu'il est beaucoup plus facile de faire sortir le juif de l'exil que de faire sortir l'exil du juif. Donc, quatre ans, c'est encore assez jeune, j'ai envie de dire, en Israël. Je crois que les droits de olé hadach sont de sept ans, ou peut-être dix ans. Donc, si c'est dix ans, on va dire que pendant les dix premières années, on est encore soumis à l'influence de la galout. C'est comme ça. D'accord ? Alors, allons-y.

## L'étude de la Torah en galout

Voilà, vous avez la petite flèche, c'est parti. On se rappelle que dans ces quatre dimensions de la nuit, il y avait quatre animaux de la Merkava, les quatre soutiens du trône céleste. La première, c'est par rapport au chor, la deuxième par rapport au aryé. On avait dit: chor, c'est la dimension matérielle de l'accomplissement des mitsvot; aryé, c'est la dimension des mitsvot. Donc, les deux dernières, qui sont dans la troisième partie, font référence à Pnei Nécher et Pnei Adam. Pnei Nécher, c'est l'étude de la Torah, on va dire dévoilée, et Pnei Adam, c'est l'étude de la Torah de la Kabbale, qui nous permet de connaître Dieu. D'accord ?

Dans les deux dernières dimensions, il n'y a pas de « qu'il coule ». Il n'y a pas de problématique en soi. C'est-à-dire que, bagaloute, on n'a pas pu bien appliquer la Torah et les mitsvot dans la pratique, à cause de l'exil et de notre embourbement dans la matérialité. En exil, on a été au niveau des midot. Mais en exil, on a étudié la Torah. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun problème technique à étudier la Torah quand on est en galout. Et Baroukh Hachem, on a un nombre incalculable de rabbanim qui nous ont montré qu'on peut très bien étudier la Torah en galout.

Donc on nous dit… C'est-à-dire quoi ? Il y a une touma dans la galout, mais dans l'étude de la Torah, il n'y a pas de touma. D'accord ? L'étude. Je précise bien l'étude qui se fait avec le sekhel. Pourquoi je précise ? Parce que, vous savez quoi, on va dire un petit peu plus, et après je vous expliquerai ça.

Oui, dans la mesure où on peut continuer à étudier la Torah, en fait, la galout ne l'arrête pas. Le juif qui étudie la Torah, est-ce qu'il a l'impression que Dieu l'a abandonné ? Non. Il a l'impression qu'il est toujours connecté à Kadosh Baroukh Hou par la Torah. D'accord ? Et là, on va attendre deux secondes que Yaakov revienne. Ça va me permettre d'expliquer. J'ai dit: quand on parle d'études, et je parle bien d'études…

Pourquoi je parle bien d'études ? Parce que quand on étudie la Torah, effectivement, c'est un sekhel chez l'homme. Et le sekhel est aussi clair en houtz laarets qu'en Erets Israël. On peut donc étudier la Torah partout. Mais quand il s'agit de dimion, quand il s'agit de la capacité d'extrapoler et d'imaginer, l'imaginaire de l'exil est influencé par pas mal de tumot. C'est la raison pour laquelle, par exemple, Rabbi Haïm de Volojine témoigne que le Gaon de Vilna, son maître, s'est vu proposer un malakh du ciel pour être son havrouta, et le Gaon de Vilna a refusé.

Ah, tiens donc, il a refusé ? Pourquoi ça ? Eh bien, demande Rabbi Haïm de Volojine, pourquoi as-tu refusé un malakh comme havrouta ? Le Gaon répond: « Rabbi Yossef Karo, lui, avait un malakh. » Et avec ce malakh, il a écrit le livre Maguid Mécharim. Dit le Gaon de Vilna: « Oui, mais Rabbi Yossef Karo était en Erets Israël, moi je suis en Lituanie. » Et dans la mesure où le malakh, ça se base sur le …

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