Elul, Ani LeDodi VeDodi Li et la techouva divine
Le mois d'Elul comme prise de conscience d'appartenir au Créateur, et la techouva comme retour de Dieu vers nous.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Les quatre degrés de la techouva selon le Rav Kook, 47 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Koulam, be'ezrat Hachem, et nous commençons ensemble. Be'ezrat Hachem, j'espère que le groupe se multipliera, s'agrandira, pour un cycle d'année à venir. Avec moi, vous avez pour l'instant un cours par semaine, le mardi à midi. Be'ezrat Hachem, on verra si les choses avancent, peut-être qu'il y aura un autre cours. Nous sommes dans le mois d'Elloul.
Et le mois d'Elloul est considéré comme le mois de la reconnaissance de l'appartenance de l'homme au Créateur. C'est-à-dire que nous prenons conscience que nous sommes créés. Les initiales du mot Elloul, les sages en ont fait un jeu de mots et ont pris les initiales: Ani LeDodi VeDodi Li.
« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi. » Alors, en plus d'être des jeux de mots sympathiques avec les initiales des lettres, on aurait pu inventer d'autres initiales, d'autres mots avec les mêmes initiales, mais les sages ont choisi précisément Ani et Dodi. C'est-à-dire que le thème ici est l'appartenance. J'appartiens à quelqu'un. J'appartiens à une identité divine qui s'appelle ici mon bien-aimé.
Et mon bien-aimé m'a créé. Il y a donc une appartenance, car il a intérêt à ce que je sois là. La preuve, c'est que je suis là. Il y a donc quelque chose dans ce jeu de mots qui dépasse le jeu de mots: il y a un lien entre le Créateur et ses créatures. Et c'est cela, la prise de conscience du mois d'Elloul. Je prends conscience que je suis créé, un être créé par le Créateur.
Pas par quelque chose, mais par quelqu'un. Par une identité divine. Pas par mah, en hébreu, mais par mi: j'ai affaire avec quelqu'un. Quelqu'un qui me dépasse infiniment, mais quelqu'un. C'est-à-dire une identité à laquelle je peux parler, avec qui je peux converser, avec qui j'ai un échange, à qui j'appartiens et qui me donne. Je suis son adresse.
Ce lien est très, très important pour commencer à comprendre la notion de techouva, dont nous allons essayer, be'ezrat Hachem, de tirer quelques renseignements, quelques informations qui vont nous aider pour notre vie. La techouva, c'est quelque chose d'énorme. Malheureusement, on a réduit le sujet de la techouva à: j'ai fauté, je fais techouva et je reviens. Ça veut dire que le jour où je suis revenu de ma faute, je m'arrête de faire techouva. Vous comprenez que c'est infantile, que ça réduit la notion de la techouva à quelque chose de très simple, trop simple.
La techouva est beaucoup plus simple, mais beaucoup plus complexe, parce qu'elle fait partie de la vie.
En effet, lorsque le Créateur a créé ce monde, c'est comme si ce monde était sorti de lui, comme s'il avait accouché de ce monde. Comme une maman qui enfante un enfant. Et donc le terme bara, en hébreu, c'est-à-dire « créer », ne veut pas dire simplement créer, mais bar, qui signifie faire sortir en dehors. En arabe, bara. Faire sortir en dehors de moi. Donc D.ieu, l'Infini béni soit-Il, a fait sortir ce monde de Lui.
À partir du moment où ce monde sort de Lui, c'est exactement comme le bébé qui sort de la maman. Tant que le bébé est à l'intérieur du ventre de la maman, la maman le nourrit par un lien naturel, par un cordon. Toute la nourriture arrive au bébé. Il n'a pas besoin d'autre chose, parce qu'il est dépendant. Mais c'est comme nous, à l'intérieur, entre guillemets, du divin. Tout ce monde est à l'intérieur du divin. C'est comme si nous étions dans un grand ventre infini.
Mais le jour de la création, le bébé sort. Donc la création du monde est sortie. Et ce bébé est en train de mourir, à condition que sa mère revienne pour lui redonner la vie. C'est la seule solution pour qu'il continue à vivre. Sinon, il est mort. On le déconnecte complètement de sa mère, donc il n'a plus aucun moyen de vivre par lui-même. Et c'est la miséricorde, la bonté de sa mère, qui vient lui redonner la vie.
Par le sein, par le lait, et par tout ce que la mère va faire pour cet enfant, pour le nourrir, pour le faire vivre. Eh bien, HaKadosh Baroukh Hou, c'est la même chose. L'exemple, on est obligé de donner des exemples, mais l'Infini béni soit-Il nous a engendrés, et s'Il n'était pas revenu après, tout de suite, comme la mère, pour nous nourrir, pour nous faire vivre à chaque instant, eh bien, on se serait déconnecté, comme un enfant, khas véchalom, qui est coupé de sa mère et qui se dessèche.
Donc, morale: dès l'accouchement, Dieu revient vers nous et nous donne la vie. Ce retour de Dieu vers nous s'appelle la techouva. Vous voyez, ce n'est plus nous qui revenons: j'ai commencé par vous présenter une nouvelle notion, la techouva divine. C'est Dieu qui revient. C'est-à-dire que la techouva est passée d'un niveau de faute, de péché, de punition, à une autre notion: la véritable traduction du mot techouva, qui veut dire en hébreu retour ou réponse. Toutes les formes de retour, toutes les formes de réponse s'appellent techouva. Car si je traduis le terme techouva, j'obtiens plusieurs traductions: l'une d'elles, « réponse »; une autre, « revenir à ».
Donc c'est Dieu qui revient vers nous pour continuer à nous donner la vie. Très important. Dieu fait techouva. Il n'y a pas encore de notion de faute. Et d'ailleurs, la Guemara, dans le traité de Pessa'him, à la page 54, nous dit que la techouva a précédé le monde. C'est-à-dire que la notion de techouva existe déjà. Et si c'était seulement la faute et la techouva, on ne comprendrait pas, car avant la création du monde, il n'y a pas encore de faute.
Qu'est-ce que les sages viennent nous enseigner en disant que la techouva existait avant la création ? C'est tout simplement la base même, le but même de toute la création. Ici, le terme « avant » ne veut pas dire une notion de temps, avant et après, mais cause et résultat. Cela veut dire que la cause de toute la création, le but de toute la création, existait déjà. Il s'appelle techouva. Tout ce monde a été créé pour la techouva, pour le retour, dans tous les sens.
Il y a différents retours. Il y a le retour de Dieu vers le monde qu'Il vient de créer, comme je viens de l'expliquer. Mais nous, en tant qu'hommes, nous avons aussi différents retours. Trois formes de retours principales, pour ne pas nous éparpiller: le retour vers l'espace, car nous sommes dans un monde d'espace; le retour vers le temps, car nous sommes dans un monde de temps; et le retour de l'être vivant.
J'explique. Dans ce monde, nous avons trois possibilités d'évoluer, d'avancer. Il y a ce qu'on appelle l'espace, le temps et l'homme. Le retour de l'espace, qu'est-ce que cela veut dire ? Eh bien, tout simplement que le peuple d'Israël revient sur sa terre. C'est son espace vital. C'est là où il redevient naturel. Et donc il doit faire ce retour. Ce que vous avez fait en venant en …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Cours sur le mois d'Elloul (Ani LeDodi VeDodi Li) et Yom Kippour.
- 1
Elul, Ani LeDodi VeDodi Li et la techouva divineLe mois d'Elul comme prise de conscience d'appartenir au Créateur, et la techouva comme retour de Dieu vers nous. - 2
Les quatre degrés de la techouva selon le Rav KookComment la prise de conscience de son âme fait passer la techouva de l'individuel au cosmique, jusqu'au Nom de l'être. - 3
La cinquième techouva, celle qui unit les quatre autresComment la techouva individuelle, collective, nationale et cosmique se réunit en une seule, avant Roch Hachana. - 4
Yom HaKippourim, le jour où deux mondes se rejoignentPourquoi on dit Yom HaKippourim au pluriel, et comment le Kohen Gadol ouvre la porte entre ce monde et le monde caché.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav