Le conflit de moralité mondial selon le Rav Cherki
Le Rav Cherki présente la guerre contre le Hamas comme un combat moral mondial contre le djihad, et Israël comme un phare pour les nations.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Amalek, la violence et l'unité du peuple d'Israël, 47 min
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La riposte israélienne au massacre du octobre est souvent jugée exagérée dans les pays occidentaux. Certains dirigeants, de plus en plus nombreux, on l'a vu notamment avec le président Macron récemment, appellent à un cessez-le-feu humanitaire. Ces réactions critiques se fondent toujours sur une posture morale: il faut agir de manière proportionnée, il faut préserver les civils, respecter les conventions de Genève, et aussi reconnaître que cette guerre est adossée à un conflit, le conflit israélo-palestinien. Du côté israélien, évidemment, on ne voit pas les choses de la même manière. La nécessité d'éradiquer le Hamas est largement partagée, et la très grande majorité des Israéliens estiment que Tsahal conduit en fait un combat juste. Le ministre de la Défense disait récemment que jamais Israël n'avait mené une guerre aussi juste.
Alors, pour éclaircir ce qu'on pourrait appeler ce conflit de moralité à l'échelle mondiale, on est en compagnie du Rav Oury Cherki, qui préside par ailleurs l'association Britolame. Bonjour Rav Cherki.
Antoine Mercier: Bonjour à tout le monde.
Rav Oury Cherki: Bonjour à tout le monde, et bonjour Antoine Mercier, c'est toujours un plaisir de se rencontrer. Je voudrais une première remarque: il ne s'agit pas d'un dérivé du conflit israélo-palestinien. Non, ce n'est pas de ça dont il est question. C'est un dérivé du djihad mondial. Il faut bien savoir face à quoi nous sommes mis en présence. Il y a aujourd'hui une poussée djihadiste, qui a pour tête de pont ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, mais il faut tout à fait être conscient de ce dont il s'agit. Il ne s'agit pas simplement d'une énergie meurtrière et barbare qui a été développée; il s'agit d'une idéologie mise en place, et cette idéologie a pour principe la violence, et les horreurs que nous avons pu constater ces derniers temps. Je tiens à rappeler, peut-être, qu'on oublie facilement de quoi il s'agit.
Des victimes, des enfants en particulier, ont été attachés, mis en tas, et on a versé de l'essence dessus, qu'on a enflammée. Il faut bien comprendre que c'est de ça dont il s'agit. Des femmes ont été violées, des corps ont été mutilés. Quelqu'un m'a dit avoir vu de ses propres yeux comment un bébé avait été coupé en deux par une bêche. Toutes les horreurs que vous pouvez penser et imaginer ont été accomplies sur ce terrain, et ceci par à peu près un millier de personnes.
Je tiens à rappeler, d'ailleurs, qu'un des chefs du Hamas, aujourd'hui installé au Qatar, effrayé par la critique internationale contre cette barbarie, a dit: « Non, non, ce n'étaient pas nos soldats, c'est la population qui s'y est mise. » Alors c'est encore pire: ça veut dire qu'une société entière est orientée vers la barbarie, vers la violence la plus barbare qui soit, et qui est justifiée sur le plan idéologique, pour des raisons religieuses ou autres.
En tout cas, il y a ici un conflit à l'échelle de la moralité dans la planète tout entière. Je pense qu'on ne peut pas faire abstraction de ce problème, ne pas condamner, ne pas se mettre du côté de la justice, et d'une certaine manière être complice, tacitement, de ce qui se passe. Je pense que c'est ici une occasion pour l'humanité de se mesurer à un échelon de moralité que l'on peut mesurer. Donc, quand il est question de la riposte israélienne, en fait, ça devrait être la riposte de l'humanité contre l'inhumanité. Ce que fait aujourd'hui l'armée israélienne est très en dessous de la proportionnalité dont vous avez parlé.
Quand une société est totalement corrompue, quand elle est entièrement adonnée à la violence la plus barbare, alors c'est cette société qu'il faut démanteler. Pas, évidemment, l'exterminer: nous ne sommes pas dans un génocide. Mais il faut bien comprendre que la population gazaouie a perdu le droit à la participation au concert des nations. Le concert des nations suppose une certaine dose minimale de moralité, même dans les conflits. Or, cela a été dépassé très largement.
Et si le peuple israélien représente, au niveau de la civilisation universelle, le juif des nations, alors il faut savoir que nous avons également une mission morale. Il ne s'agit pas seulement de riposter à la violence, d'éviter la violence. Nous avons également une mission: éradiquer le mal. Or, aujourd'hui, nous sommes dans une situation de conflit au niveau planétaire entre le bien et le mal. Et ce mal s'est présenté de la manière la plus sauvage un jour de fête des enfants d'Israël, la fête de Simhat Torah, la fête de la joie, de la fête de la Torah. Tout ceci a été orchestré, planifié pour profaner également ce jour de joie du peuple juif. Je pense que c'est très important d'en être conscient. Pour comprendre une situation, un conflit, il faut aussi comprendre comment on pense.
Antoine Mercier: Ceux qui ne pensent pas comme nous: que dites-vous des critiques adressées aujourd'hui à Israël par les Occidentaux ? À quelle conception du monde et de la morale peut-on rattacher ces demandes de faire prévaloir l'option dite humanitaire ?
Rav Oury Cherki: Il faut bien comprendre une chose: l'option dite humanitaire fait partie des conventions internationales. C'est tout à fait normal: il y a la convention de Genève, il y a le droit des personnes. Tout ceci a été totalement profané par le Hamas. Le Hamas se sert de la population civile comme d'un bouclier, ce qui est considéré par toutes les lois du droit international comme un crime de guerre. Et dans ce cas d'utilisation cynique de la population civile, les victimes sont attribuées à celui qui s'en est servi, et non pas à celui qui se défend.
Vous comprenez très bien que ce qui se passe aujourd'hui, par exemple, à l'hôpital Chifa, qui sert en fait de bouclier à toute l'organisation du Hamas, est tout à fait contraire à la moralité internationale la plus évidente. Rappelons-nous une chose: il y a une ville souterraine à Gaza… Vous n'arrivez pas à imaginer, c'est comme le métro à Paris. 500 kilomètres de tunnels fortifiés, remplis de fusées, de bombes, d'explosifs. Tout cela dans le but ouvert et bien clair de détruire l'État d'Israël. C'est de ça dont il est question.
Or, les Occidentaux ont versé des quantités importantes de milliards d'euros et de milliards de dollars pour faire fleurir la bande de Gaza, qui, de fait, vivait une vie indépendante. Elle aurait pu devenir un paradis terrestre, une sorte de Singapour du Proche-Orient. Au contraire, c'est devenu une forteresse qui a pour seul et unique but la destruction d'un État, ce qui est évidemment inconcevable au niveau de la loi internationale, mais bien plus encore au niveau de l'amour.
Et donc, ce que fait Israël aujourd'hui ne fait pas que se défendre: il vient également rétablir une moralité fondamentale, qui est basée sur l'idéal de justice. Et là, c'est un point très important, je pense. Dans la communauté internationale, en particulier, je parle ici de l'Occident, il y a un héritage de la conscience chrétienne, qui est que ce sont seulement la compassion, l'amour, qui font …
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