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Akedat Yitzhak : la disposition à se donner

Hagar et Yishmaël sauvés, puis Yitzhak prêt à se donner : pourquoi l'épreuve porte sur Abraham.

48 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction au récit de la Akedat Yitzhak

Nous sommes au chapitre 4 de Lekh Lekha, au verset 12. « Abraham se leva le matin. » C'est commencé ou pas ? Ah, d'accord. Maintenant, « Abraham se lève le matin ». Est-ce que cette expression vous est connue ? D'où ? Akedat Yitzhak.

Non, la Akedat Yitzhak, on ne l'a pas encore lue, mais c'est un passage tellement connu qu'il n'est pas étonnant qu'une grande partie du public ait eu vent de l'expression. Nous retrouvons cette expression plusieurs fois, et une des occurrences les plus connues est lors de ce qu'on appelle la ligature d'Yitzhak, la Akedat Yitzhak. Rappelons-nous: c'est un événement dans lequel un des enfants d'Abraham est en danger de mort, il est sauvé par l'intervention d'un ange, et par la suite il se marie, et là il reçoit la promesse d'une descendance abondante.

— Mais il se met volontairement dans cette situation ?

Je n'ai pas dit qu'il ne s'est pas mis volontairement, je n'ai pas dit que c'était contraint. Je dis le fait. Le fait est qu'un fils d'Abraham est menacé de mort, qu'il y a une intervention d'un ange, puis une promesse de descendance abondante et un mariage. C'est ce qui se passe dans la Akeda. Est-ce que je me trompe pour l'instant ? Je dis la pure vérité, n'est-ce pas ? Bon, rappelez-vous de tous les éléments que nous avons dits, mais ici, on va voir ce qui se passe.

L'enfant en question, quel âge a-t-il ?

Quel âge ? Quinze ans à peu près. Ce n'est donc pas un bébé, c'est un jeune homme de quinze ans. Les Rahabim disent dans le Midrash qu'il y avait un trou dans l'outre.

— Quoi ? Mais pourquoi ?

Pour faire avancer les choses.

Mais en tout cas, même sans ça, l'eau était épuisée à un moment. Elle jeta l'enfant sous un des buissons. Le mot hachlich veut dire jeter. Qui te dit qu'elle l'a posé sur un jeune homme de quinze ans ? Sur son dos ? Il n'est pas écrit... Avec l'enfant. Est-ce qu'il est écrit que l'enfant était sur son dos ? Non. Je reprends ici au verset de Zahir. Peut-être que l'enfant était malade. Dans ce cas, il était nécessaire de le porter. Rachi dit que les malades boivent beaucoup. Et cela, si... pour elle-même.

Elle s'installa en face, à la distance d'une portée d'arc, car elle se disait: « Je ne veux pas voir la mort de l'enfant. » Elle s'installa en face, leva la voix et pleura. Donc il y a ici un enfant d'Abraham qui est en danger de mort. D'accord ? J'espère que vous suivez.

— Pourquoi est-il encore là ? Pourquoi s'appelle-t-il Yéled Achtar ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas. Mais est-ce que, pour l'instant, je me trompe quand je dis qu'il y a un enfant d'Abraham qui est en danger de mort ? Non. D'accord ?

Et D.ieu entendit la voix du jeune homme. Tiens, il s'appelle le jeune homme. Petite question: qui avait pleuré ? C'est la mère. Et qui a été écouté ?

L'enfant. Cela veut dire que le comportement de la mère est considéré comme défectueux. C'est-à-dire qu'elle ne veut pas affronter la réalité, et ce n'est pas la première fois. Elle délaisse son enfant, mais l'enfant, lui, prie aussi, et sa voix est entendue. Un ange de D.ieu l'appelle du ciel. Il y a donc une intervention d'un ange qui va sauver l'enfant d'Abraham.

Cela nous rappelle bien des choses. Il est dit: « Car Elohim a entendu la voix du jeune homme là où il est, selon sa situation actuelle. » C'est-à-dire qu'il est jugé en fonction de son présent, ni en fonction de son passé, ni de son avenir. Il est jugé par rapport à son présent. « Lève-toi, relève le jeune homme et tiens-le par la main. » Il y a ici également une promesse de descendance abondante, c'est-à-dire qu'un des parents voit quelque chose qui va permettre de sauver l'enfant.

Ça vous rappelle quelque chose ? Le bélier, c'est bon.

« Il résida dans le désert de Paran, et sa mère prit pour lui une femme du pays d'Égypte. » Cela se finit donc également par un mariage.

Résumons. Nous avons ici l'histoire d'un enfant d'Abraham qui est en danger de mort. Un ange intervient, montre aux parents ce qu'il faut faire pour sauver l'enfant. Puis vient une promesse de multitude et un mariage. Ces éléments, nous les connaissons tous, du récit que vous n'avez pas encore lu mais dont vous avez certainement eu vent: la Akedat Yitzhak. Là, c'est la Akeda d'un autre, Yishmaël. Il est intéressant de voir qu'il y a un écho de cela dans la tradition musulmane, comme quoi Abraham aurait amené Yishmaël au sacrifice, et qu'il aurait été sauvé, etc.

C'est-à-dire qu'il y a effectivement une sorte de brouillon de la Akeda, avec une différence énorme au niveau moral. Dans le cas de la Akedat Yitzhak, c'est l'enfant qui est prêt et disposé à être sacrifié. Ici, c'est un accident. Je crois que vous l'avez déjà fait remarquer tout à l'heure: c'était un accident ici, tandis que dans le cas d'Yitzhak, c'était une volonté. À part ça, le comportement du parent est tout à fait disqualifié. À part ça, le danger auquel est exposé Yishmaël, c'est de sa faute.

Tandis que chez Yitzhak, c'est un mérite, c'est autre chose. Mais en tout cas, il y a ici quelque chose de parallèle qui vient montrer à quoi pourrait ressembler l'identité d'Israël si elle avait été celle d'Yishmaël. C'est une sorte de préalable, de prélude au récit de la Akeda. Passons maintenant au verset suivant: « Et il arriva en ce temps-là... »

«...qu'Abimélekh, ainsi que le chef de son armée, parla à Abraham en disant: D.ieu est avec toi dans tout ce que tu fais. » Qu'est-ce que tu fais ? Ce que tu vas faire. Un de ces jours, tu vas avoir une grande descendance, et cette descendance va prendre possession de la terre. Or, sur cette terre habite, entre autres, Abimélekh et son peuple. C'est très embêtant, ça.

« La même bonté que j'ai eue avec toi, tu l'auras avec moi et avec la terre dans laquelle tu as séjourné [pérégriné]. » Là, j'ai un petit problème. Abimélekh dit: « Voilà, j'ai été très gentil avec toi, alors sois gentil avec moi. » Qu'a fait Abimélekh au temps de la paracha précédente ? Il lui a pris sa femme. « J'ai été très gentil avec toi. » Incroyable, ce comportement. Et il fait comme si cette terre n'était pas celle d'Abraham, etc. Mais il vient quand même avec une proposition pacifique: viens, on fait la paix.

Non seulement avec Abimélekh, mais avec sa descendance. C'est-à-dire qu'Abraham prend l'engagement de ne pas conquérir le territoire d'Abimélekh ou de ses enfants. Ce qui est assez grave, étant donné que, dans le projet divin, Abraham doit prendre possession de toute la terre. Mais en tout cas, Abimélekh le demande, et il vient avec des intentions pacifiques. Quelle est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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