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La Torah d'Erets Israël : la pensée qui devient vie

Pourquoi l'étude doit se traduire en actes, et ce que change la langue hébraïque pour comprendre la Torah.

19 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La Torah comme histoire intérieure et la Terre d'Israël en soi, 1 h 11

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Cette pensée est une pensée qui peut aboutir. Ce n'est pas une pensée stérile. C'est ça, cette sagesse. La véritable sagesse, c'est la pensée. C'est-à-dire: quand je me lève d'une étude, qu'est-ce que je dois faire ? La sortir. Exactement. Je dois immédiatement essayer de la traduire en vie. Dites-le-moi en hébreu. C'est la lettre du Ramban à son fils: « Quand tu sors du Limoud, regarde si tu peux immédiatement traduire cette étude en Kiyoum. » Qu'est-ce que c'est, Kiyoum ? Existence et continuité. Pas que ça reste dans les oubliettes d'un esprit, en se disant qu'on a étudié un truc qui était là-bas. Non, ça ne m'intéresse pas, ça. La pensée, c'est bien; le passage à l'acte, c'est mieux. C'est une pensée agissante, c'est les deux ensemble. D'accord ?

L'un de nos prophètes mangeait ses prophéties. Il écrivait ses prophéties, il les roulait et les avalait. Pourquoi faire ? Digérer la parole divine dans son monde à lui. Ça devient des cellules de son corps. Si la Torah ne rentre pas en toi, c'est que ta Torah, c'est juste une information. De temps en temps, tu ouvres Internet, tu écoutes un cours: ce n'est pas ça, la Torah. La Torah, c'est une pénétration du divin qui me traverse, et je rajoute dans ce monde encore du divin. Ça, c'est la vérité de la Torah.

C'est ce qu'on appelle l'arbre de la vie, pas l'arbre de la connaissance. L'arbre de la vie: encore une fois, l'essentiel, la vie. Ça, c'est déjà, si on a un degré, ce qu'on appelle la Hessed. Comme les Kohanim. Mais avant d'agir, avant de faire les mitsvot, on est obligé d'avoir la théorie.

Et la théorie, c'est une Chokhma aussi. Mais c'est une Chokhma qui peut arriver. C'est une Chokhma. Encore une fois, une Chokhma qui reste une Chokhma, ce n'est pas une Chokhma. C'est-à-dire que c'est une Chokhma qui est chez la Kiyoum. Donc ça ne m'intéresse pas. Ça va à l'encontre de alors. Pourquoi, au contraire ? Dans, il dit: la théorie, c'est de la Chokhma aussi. Mais qu'est-ce qu'elle fait, cette Chokhma ? Après, c'est pour devenir, mais c'est une autre Chokhma. Mais encore une fois !

Je ne dis pas que la Chokhma en elle-même va disparaître. Mais pour moi, disparaître, c'est ne pas aboutir. C'est pareil. Si une étoile est là, tu es d'accord que si j'invente maintenant un nouveau télescope, je vais voir une nouvelle étoile que je n'ai pas vue avant-hier. Est-ce que je l'ai créée, cette étoile, ou elle a toujours été là ? Elle a toujours été là, je viens seulement la voir. Donc tant que je ne l'ai pas vue, pour moi, elle n'existait pas.

Maintenant que je l'ai vue, elle commence à exister pour moi. C'est la même chose, cette Chokhma. Cette Chokhma, elle est en haut, c'est un potentiel, j'en ai rien à faire. Si elle n'arrive pas en bas, ça ne vaut rien. Donc comment je peux juger Akadosh Baruch Hou ? Parce que toute sa sagesse est devenue une réalité. Elohim Hayim. D'accord ? Donc les Assagat de la Torah. Donc tous ces degrés. Et donc ?

Et l'Akhmara dit…

Il est charoui belosimcha. Donc que fait la femme, en réalité ? C'est l'action de cette pensée. Voilà l'homme et la femme: ça, c'est l'homme, et ça, c'est la femme. Lui, c'est son Kohar, c'est son potentiel. Et elle, c'est sa Mahout. Elle va sortir ce potentiel et en faire quelque chose de réel. Un bébé, par exemple. Où était le bébé ? Dans la pensée du père. Pas le jour où il s'est marié avec la femme: depuis sa naissance, il a déjà le bébé à l'intérieur de sa tête.

Ou plusieurs. Et ils attendent là-bas. Ils sont en potentiel, ils ne peuvent pas sortir. Ils ont besoin de ma. Moi. C'est tout. Ça veut dire que la femme, c'est la partie féminine qui dévoile ma partie masculine. Dans la Kabbale, ça s'appelle Abba Yassad Bata: le père façonne la fille. C'est pour ça que, dans un couple, dans un foyer, la fille est proche de son papa. Ok ? D'accord.

Donc, une Torah qui est Torah d'Erets Israël. La Guemara conclut, dans Berechit Rabba, Parachat Vaétchanan: il n'y a pas de Torah, et la Guemara le reprend comme la Torah d'Erets Israël. Qu'est-ce que ça veut dire, la Torah d'Erets Israël ? Un jour, j'ai dit ça à un rabbin en France; on m'a dit: c'est la même Torah. Toi, tu l'utilises là-bas, et moi, je l'utilise ici. C'est pas ça. Ce n'est pas ça, la Torah d'Erets Israël. La Torah d'Erets Israël, c'est la même Torah, mais ce n'est pas le même vécu de toi.

C'est-à-dire que la Torah, en Erets Israël, tu peux la faire descendre dans ta vie. Tout te paraît simple. Pourquoi ? Parce qu'en Erets Israël, on remet les formulations des choses en place. J'ai étudié d'une manière… bancale. Pas bancale, mais c'était l'exil. Déjà, on étudie en français. Donc déjà, j'ai une distance par rapport au véritable texte de la Torah. Donc je suis obligé de trahir un peu. Alors la Torah d'Erets Israël te ramène les notions: c'est ce qu'on appelle la Torah de la Kabbale.

Donc, si tu n'as pas un spécialiste de l'hébreu, tu ne peux pas étudier la Torah. La Torah s'étudie avec quelqu'un qui connaît l'hébreu. Donc le premier cours de Torah, c'est l'Ulpan. Si tu n'apprends pas l'hébreu parfaitement, ta Torah sera toujours bancale, parce que tu vas traduire des notions en te basant sur la façon dont on les a traduites. Donc tout est erroné. Et tu dis des choses qui n'ont rien à voir.

C'est comme Roua HaKodech: comment vous traduisez ? Le Saint-Esprit. Donc il y a le Père, le Fils, et tout le monde, il y a toute la panoplie. Ce n'est pas ça. Comment vous appelez Erets HaKodech ? La Terre Sainte. Vous comprenez ? Tout est erroné. Les gens vont dire « la ville sainte », « le langage hébraïque », « la langue sainte ». Non. C'est exactement ça: l'Atsilout du Saint, béni soit-Il. Parce que si tu ne sais pas parler l'hébreu, tu vas faire toutes ces erreurs.

Et comment tu vas traduire Berechit bara ? « Au commencement, Dieu a créé n'importe quoi » ? La première règle grammaticale en hébreu, c'est le taf, qui est un taf de itiachout. Donc tu ne peux pas dire Berechit bara, ça n'existe pas en hébreu. Les deux premiers mots sont déjà faux. Alors, comment on aurait dû dire, pour quelqu'un qui parle l'hébreu ? Berechit ? Berechit habara. Ça n'existe pas, Berechit bara. Si tu voulais dire « au commencement », tu aurais dit Barichona. Aucun rapport. Donc vous voyez, c'est énorme, énorme, énorme. Tout le langage: il faut étudier l'hébreu. Il n'y a rien à faire.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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