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Chiloul Hachem et Kiddouch Hachem : le nom divin

Pourquoi le Chiloul Hachem vise le dévoilement du Nom, non Dieu lui-même, et comment le Kiddouch le sanctifie.

1 h 02

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le libre arbitre et les quatre mondes selon le Ramchal, 59 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom, havérim yekarim. Chalom aleikhem. Chalom abracha, chalom aleikhem. Abracha ve-chalom al koulam. Amen.

— Rav, je peux poser une question sur le dernier shiour ? Oui, monsieur. On avait parlé de deux notions, Chiloul Hachem et Astarat Panim. Je voulais savoir si c'est la même chose, et si c'est toujours pareil. Et est-ce que l'Astarat Panim est toujours un Chiloul Hachem ?

Il faut comprendre que dans le mot Chiloul Hachem, il faut d'abord savoir comment l'écrire. Je vais vous l'écrire ici pour que vous compreniez. Les gens se trompent et l'écrivent comme ça: Chiloul Hachem. Vous voyez ce que je viens d'écrire ? Ça, c'est faux. Il faut écrire Hachem comme ceci. C'est-à-dire qu'on ne peut pas profaner Lui.

Mais seulement Son nom. Donc, qu'est-ce que c'est que le nom d'Hachem ? C'est Son dévoilement. De la même manière que je ne m'appelle pas moi-même: mon nom, c'est pour les autres. Eh bien, le Chem du Hakadosh Baroukh Hou, c'est pour les autres. C'est avec ce Chem qu'Il se dévoile. Ce n'est pas Lui. Nous avons déjà fait la nuance entre Lui et Son dévoilement.

Donc, quand on parle de Chiloul Hachem ou de Kiddouch Hachem, c'est exactement pareil. On ne parle que de Hachem, c'est-à-dire de Son nom, car Lui, on ne peut pas le profaner. Donc, à chaque fois qu'il y a un halal, qui veut dire une notion de mort, puisqu'en hébreu le mot halal signifie aussi vide. C'est un vide qui est créé. Halal égale vide. Si on trouve

quelqu'un qui est mort et qu'on ne sait pas exactement à qui il appartient, on appelle ça un khalal. Pourquoi ? Parce qu'il vient de la racine du mot khaloul, qui a donné naissance à l'instrument qui s'appelle khalil, la flûte. Donc Chiloul Hachem, c'est tout simplement vider le nom d'Hachem de Son expression. Autrement dit, éloigner Son dévoilement de la terre des hommes. C'est ça, le khiloul.

Et le Kiddouch, c'est exactement l'inverse, c'est-à-dire qu'on est mekadesh, comme si on se mariait. Parce que le Kiddouch, on dit « sanctifié », mais on ne sait pas ce que ça veut dire. Sanctifié, c'est comme le Kadesh Ischa. Quand je me marie avec une femme, la terminologie en hébreu, c'est kadesh. Donc, si je sanctifie la femme, c'est-à-dire que je la considère comme ma femme.

Eh bien, le Kiddouch Hachem, c'est exactement la même chose. Je suis mekadesh et Hachem. Je me marie avec le dévoilement de Dieu qui s'appelle le Chem, le nom. D'accord ? Mekadesh, Hakadosh, Rav Yal Zegam, la séparation. Il y a quelque chose de mettre à part, de... pas mettre à part, meyachmachou. C'est pour ça que j'ai dit que c'est consacré à. Ce n'est pas mettre à part, c'est mettre à part pour moi. C'est-à-dire que

j'ai séparé cette femme de tout le monde, pour qu'elle m'appartienne. Donc, le Kiddouch Hachem, c'est exactement la même chose. Alors, bien entendu, on va faire un petit résumé de ce que nous venons de dire, de ce que nous avons étudié la semaine dernière. Je vous ai fait un petit résumé ici. Tout ce qui est en diagonale, c'est moi qui l'ai écrit. Kol ha-hissaron, tout manque, ba-metsiout, dans l'existence.

Tout manque dans l'existence ne vient que parce qu'il y a justement un couvercle, un écran entre la chose en question et la lumière divine. Ça crée les manques. Donc, qu'est-ce que cela veut dire, avec une autre formulation ? Chaque manque dans notre vie n'est que la résultante

de la disparition ou du camouflage de la bonté supérieure. Attention, là je fais une petite parenthèse qui est très importante. Tous ces manques ne sont que pour les réceptacles. Il n'y a pas de manque chez Lui. Le manque n'est que pour ceux qui reçoivent ou ne reçoivent pas. D'accord ? Chez Lui

il n'y a pas de changement. Il est donc complet, comme le Rav le rappelle sans arrêt, d'une manière complète et définitive. Du début jusqu'à la fin, il n'y a ni début ni fin, c'est toujours la même chose, il n'y a aucun changement. Ani Adonaï lo Chanti. Chez Moi, les changements n'existent pas, n'opèrent pas. Pourquoi ? Parce que le mot Chanti, changer, vient du mot Chnaïm.

Or, chnaïm égale deux. Chez Moi, il n'y a pas de deux. Lo chanti. Chez le Hakadosh Baroukh Hou, il n'y a que l'unité absolue. Qui dit deux dit possibilité de chinouï. Or, chez Dieu, il n'y a pas de chnaïm, donc il n'y a pas de chinouï. Je reviens à ce que je viens de dire. S'il y a un manque, s'il y a des vides dans notre vie, si nous ressentons des manques,

dans notre vie, c'est toujours par rapport à nous, qui sommes dans le monde du pluriel, de la pluralité. Chez Lui, ces manques n'existent pas. Chez Lui, le temps n'existe pas. C'est pourquoi le temps est mesuré par le deux, Chnia. Vous voyez, la seconde, le deux. C'est la même chose. Étant donné que le temps n'existe pas pour Lui, qu'il n'existe que pour nous,

chez nous, le changement s'opère. Donc parfois nous sommes pleins, parfois nous sommes vides, parfois nous sommes heureux, parfois nous sommes malheureux. Et donc nous sommes soumis au changement.

— Est-ce que j'ose vous poser une question ?

— Oui, bien sûr.

Il y a quelques jours, vous aviez parlé des cris ou des hurlements de l'âme. Oui. Qu'est-ce qui génère ces hurlements ou ces cris, et comment faire pour que l'âme cesse de souffrir ?

Alors, c'est une expression que j'ai voulu inventer, d'une manière imagée. Ça veut dire que l'âme nous appelle, en fait, avec une voix très claire et très haute. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Guemara. Il y a une voix céleste qui sort, qui est en réalité la neshama, qui émet ses émissions. Et ce qui cause, en réalité, cette douleur, c'est qu'elle n'est pas entendue. C'est-à-dire que la neshama ne passe pas l'écran pour arriver au corps. Il y a des éléments séparateurs, des écrans, qui empêchent l'âme de traverser et d'arriver au niveau réel du corps.

Donc, quand vous n'entendez pas les sons de votre neshama, quand le monde n'entend pas la parole divine qui traverse l'univers à chaque instant, c'est une souffrance. C'est encore une fois l'exil de Dieu. C'est comme si on laissait Dieu dans son ciel: Il parle, mais on n'est même pas capables d'entendre. C'est pour ça qu'il est écrit Bechol Yaaretze Tzakavam Beli Nishma Kolam. On n'entend pas. Lui parle, on n'entend rien. Pourquoi ? Parce qu'on est dans le monde de

la dualité, de la pluralité, du deux, alors que Lui parle au niveau du un. Ahat dibér Elohim: Lui parle au niveau un, mais moi, je n'entends que par le deux. Donc, forcément, j'ai une difficulté. Je suis dans un monde de détails. Et donc, si je n'entends pas de tous les côtés, je peux me tromper.

Je dois entendre avec les deux oreilles. Ce n'est pas par hasard que nous avons été créés avec deux oreilles, parce que nous devons avoir deux points …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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