Caïn et Abel : l'équation de la fraternité
Pourquoi l'absence de parole vraie entre frères mène à la violence, de Bereshit 4 au premier meurtre.
Orot veKelim
Ensuite : Yaacov Zerbib : retour sur le cours du Rav Cherki sur la techouva, 34 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, par Chavouot tov. Alors, Chavouot tov. Direct, donc, qui dirige le café d'A'at, rappel, d'accord ? La Universita Mamit Akhinamit. Exactement. On y a les étages, je vais monter la feuille là, et voilà, on y est. C'est d'un amour. Toi, tu enregistres, Yaakov, d'accord ? Oui, tout est enregistré. Et voilà.
Et par rapport à mon introduction de la semaine dernière, une introduction non exhaustive de ce que le Tanakh veut nous faire entendre, comprendre, savoir et connaître, je vous donne aujourd'hui un exemple de ce que l'on peut justement entendre, savoir et connaître, si ce n'est comprendre. J'ai choisi la fraternité.
Un sujet qui était cher à notre maître Manitou. Vous pouvez me retrouver sur les deux endroits qui sont inscrits en haut: l'université populaire gratuite, en hébreu bien entendu, et les passions d'un hébreu, qui sont en français et en hébreu, afin de retrouver ce que j'enseigne, ce que j'écris et ce que je publie. Voilà. Shalom, le Kotéret. On commence. Le premier verset.
Dans le chapitre 4 de Béréchit: Ve-ha-adam yada et Hava ishto, va-tahar va-tèled et Kayin, va-tomer qaniti ish et Adonaï. L'homme connaît. Je ne rentre pas dans les détails qui ont précédé, bien entendu, comment l'homme est né, de l'androgyne, c'est-à-dire de l'être nous, devenu je-tu.
Et afin que, dans la conscience collective, il puisse retrouver ce nous antérieur, c'est la raison pour laquelle il est d'abord un, puis séparé, afin de redevenir un. Un dans le sens du nous, bien entendu, qui est la première personne du pluriel, et donc composite de la première et de la deuxième personne du singulier. J'espère que c'est clair. Enfin, c'est pas grave. Ve-adam yada et Hava ishto: c'est-à-dire que l'homme a une relation sexuelle avec sa femme, qui s'appelle Hava.
Or, ici, la relation sexuelle est intitulée daat, c'est-à-dire la connaissance, le savoir. Et cette connaissance, ce savoir, est celui de et Hava. Et est une préposition en hébreu qui sert à signifier l'essence de. Donc l'homme prend connaissance de l'essence de l'existence de sa propre épouse. C'est comme si l'on venait nous dire: lorsqu'il y a cette relation sexuelle qui transcende la pure copulation, eh bien il y a de cet entendement-là, et lorsqu'il y a de cet entendement-là, vous lisez la suite: va-tahar, elle est enceinte, c'est-à-dire qu'elle est porteuse d'un projet.
Va-tèled, et elle met au monde Kayin, c'est-à-dire l'enfant. Pour quelle raison réitérer le verbe va-tahar, va-tèled, alors qu'il y a neuf mois de gestation dans l'intervalle ? Eh bien, tout simplement pour nous dire que, dès l'origine, vous comprenez que ve-ha-adam yada et Hava ishto, il y a dans cette relation-là une possibilité de pouvoir engendrer la génération.
Que s'il y a pleinement conscience et connaissance de ce qu'est le féminin, bien entendu. Et à ce moment-là, le féminin est capable de se mettre en position, dirais-je, d'être porteur du projet, et puis ensuite de lui donner naissance.
Entre nous soit dit, jusqu'à aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'il en sera avec le transhumanisme de Kurzweil, en Californie, dans les années à venir, mais pour l'instant, c'est la femme qui tombe enceinte, c'est la femme qui donne naissance. Elle est la seule, au féminin, à être porteuse d'un projet qui va d'un bout à l'autre. L'homme, non. Point barre. Va-tahar, va-tèled Kayin.
Va-tomer, et elle dit: Qaniti, j'ai acquis ish et Adonaï, j'ai acquis cet homme, cet enfant qui sera l'homme, l'homme de l'Éternel. Et Adonaï, qui a quelque chose de l'essence. On comprend bien, puisqu'il est le premier homme, c'est-à-dire le premier homme naissant d'une gestation fœtale de neuf mois. Adam et Ève sont une création. Adam, bien entendu, est d'abord une création ex nihilo, c'est-à-dire qu'il y a, à partir de, il n'y a pas. Je continue. Vous savez qu'on n'a que trois quarts d'heure, donc, comme m'a fait entendre Yaakov, il faut que je me dépêche. Dans ma jeunesse, on disait se manier, verbe ér, transitif. Va-tosef lalédet et Hével.
Donc elle a donné naissance à Caïn. Suivez-moi, parce que je ne vais pas aller doucement. Elle donne naissance, j'essaie de fermer ce téléphone qui sonne, même si son bèché quête. Va-tosef lalédet. Ça veut dire qu'elle poursuivit l'accouchement. Qu'entendez-vous ? Eh bien, vous entendez qu'il y a donc un enfant jumeau qui naît.
Mais écoutez bien ce qui est écrit. C'est la grande dramatique de l'étude du Tanakh. Je ne parle pas de l'étude de la Torah, bien entendu. Je parle de l'étude du Tanakh, qui nécessite des connaissances de grammaire, de sémantique, en dehors de la contextualisation sociale, économique, politique, religieuse, culturelle, qui est nécessaire pour pouvoir entendre cela dans d'autres textes. Mais bon, j'en avais déjà parlé la semaine dernière.
Elle donne naissance à qu'un, qui est donc l'aîné. Peu importe qu'il y ait des jumeaux. Le premier-né est l'aîné. Peu nous importe qu'il soit question ici d'une naissance gémellaire; il est d'abord entendu que l'on veuille nous faire entendre quelque chose. Le premier est l'aîné. Va-tosef lalédet, donc elle continua...
...d'accoucher. Et là, faites attention à ce qui est écrit: et arrive. Vous avez appris avec moi, il y a un instant seulement, que et est l'essence. Regardez comment se compose la préposition de l'essence en hébreu: mem, aleph, tav. Mi-aleph-tav, d'un bout à l'autre. C'est-à-dire la chose dans sa totalité, ontologique. Et arrive...
...elle donne naissance à celui qui est l'essence du frère, comme de bien entendu. Pour ceux qui sont assez âgés comme moi, ils se rappelleront le bon sang, mais c'est bien sûr des cinq dernières minutes où nous aurait dit à ce moment-là: « Et arrive, il est le frère du premier-né, bien entendu. Mais attention ! »
On ne nous donne pas le nom de l'enfant. Il aurait fallu écrire: Va-tosef lalédet et Hével, elle continua d'accoucher et elle donna naissance à Hével. Mais non, il est écrit: elle poursuivit son accouchement. Cet accouchement généra l'essence de la fraternité, du frère, et Hével. C'est donc que le second est différentiel du premier.
Je vous pose la question, mais elle n'est que rhétorique, parce que nous n'avons pas le temps de discuter. Malheureusement, d'ailleurs, le premier-né est l'aîné. Quelle est la particularité caractérielle de l'aîné, me demanderais-je ? L'aîné est un être qui ne connaît, qui ne reconnaît que la relation verticale vers son père et sa mère, alors que l'aîné, le premier, n'a aucune conscience de l'environnement horizontal. L'aîné n'a jamais conscience de l'environnement horizontal.
Le second, lorsqu'il naît, ne développe pas cette caractérialité de l'égoïsme, du nombrilisme, de l'égocentrisme, parce qu'il ne connaît que lui. D'ailleurs, les parents feront tout pour qu'ils se reconnaissent comme étant, lui, le plus important. Le problème, c'est quand le deuxième enfant... vous avez vu, on sépare toujours les enfants, parce qu'on sait très bien que les aînés vont souvent venir caresser les benjamins, et que leur caresse ressemblera trop souvent à un soufflet. Vous serez d'accord avec moi, bien entendu. Si le premier-né...
...est égoïste et égocentrique de par sa condition d'inconscience de l'environnement horizontal, le second ne l'est point. Le second a justement conscience …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
Dans la même série
Toutes les vidéos de la chaîne, de la plus récente à la plus ancienne.
- 196
Israël, la Torah et le destin du monde : Décryptage avec le Rav Sigoura - 197
La joie et le rire dans le judaïsme – Le secret profond de Pourim Rav Yoel Benharrouche - 198
Le Rôle Central de la Femme dans la Délivrance Rav Eytan Fiszon - 199
Le libre arbitre face à la Providence divine – Une lecture profonde à travers Pourim. Rav Cherki - 200
Caïn et Abel : l'équation de la fraternitéPourquoi l'absence de parole vraie entre frères mène à la violence, de Bereshit 4 au premier meurtre. - 201
Yaacov Zerbib : retour sur le cours du Rav Cherki sur la techouvaTechouva individuelle et collective, exil et délivrance, selon le Rav Kook et les pistes d'Orot HaTechouva. - 202
Remerciements et présentation de la nouvelle annéeAnnonces pour l'année prochaine : nouvelle salle, ulpan, cours sur les lettres et livres à paraître. - 203
Saadia Yaakov Dehri, de l'individu au collectifLe père de Saadia Dehri raconte comment sa famille a enseigné à passer après soi le peuple, la terre et la Torah. - 204
La sortie d'Égypte, archétype de la santé mentaleLe mot machber (souffrance qui brise) et l'esprit de galout, lus à partir de Yona, Iyov et Daniel. - 205
Présentation de la yechiva en ligne d'Orot veKelimQui sont les rabbanim, comment se déroule l'étude annuelle et comment rejoindre les cours du dimanche et du jeudi.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav