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Le huitième jour, la Gueoula et le retour à l'ordre

Pourquoi l'inauguration du Mishkan au huitième jour annonce la sortie d'exil, et ce que signifie vraiment l'exil.

60 min

Rav Nathaniel Sigoura

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavoua tov, Chodech tov, et Besorot tovot. Nous sommes dans un mois très spécial, qui porte une catégorie qui dépasse l'entendement humain, puisque le Roch Hodech s'appelle Hayom HaShemini, le huitième jour. Nous savons que le huitième jour n'a pas encore été écrit dans la Torah, car il n'est pas encore arrivé.

Le septième jour ne s'est pas encore terminé. Il n'y a donc pas de verset qui conclue le récit de Béréchit, de la création du monde, par Vayéhi erev, vayéhi boker, yom HaChevi'i. Étant donné qu'il n'y a pas de conclusion concernant le septième jour, les sages concluent que le septième jour n'est pas encore terminé et que nous sommes encore dans le septième jour.

Jusqu'à ce que ce septième jour se termine, avec une conclusion comme il y en a eu une pour tous les autres jours, et que l'on atteigne le huitième degré. Or, nous savons que le Michkan, le tabernacle, a été inauguré, et la Torah précise Bayom HaShemini, le huitième jour. Comment est-il possible de parler d'un huitième jour qui n'a pas du tout été mentionné dans la création du monde, puisque le huitième jour n'est pas encore là ?

Les sages nous expliquent dans la Kabbale que le huitième jour correspond à ce qu'on traduit par Olam HaBa, non pas le mur, mais le monde futur, le monde parallèle, le monde qui vient, le monde qui est à un autre degré, une autre échelle de compréhension. Une échelle divine. C'est en réalité l'âme, l'âme du temps. Le temps a sept jours, et l'âme du temps, c'est le huitième jour.

Or, cette âme apparaît au moment même de l'inauguration du tabernacle, de l'inauguration du Temple. Il est donc important de comprendre que ce huitième jour, où le Temple a été inauguré, correspond au niveau temporel au Roch Hodech Nissan, donc à aujourd'hui. C'est quelque chose d'extraordinaire: les sages considèrent qu'il n'y avait pas de joie depuis la création du monde jusqu'à ce jour-là. Ce jour-là a vu une joie divine qui n'avait pas été vue auparavant.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en ce jour-là, il y a un mariage entre l'esprit et la matière, entre le monde d'en haut et le monde d'en bas. D'où la forme du nom de Dieu qui apparaît au mois de Nissan, le Yod Hé Vav Hé, le tétragramme tel que vous le connaissez, qui se décline en quatre mots. Ce sont les initiales de Yismekhou hachamayim vetagel haarets: Yismekhou hachamayim, que les cieux se réjouissent.

La terre, elle aussi, se met à danser, parce qu'il y a donc mariage entre le ciel et la terre par l'intermédiaire de ce Michkan, qui est inauguré le huitième jour. C'est comme si le huitième, la néchama du temps, était descendu dans le corps du temps, dans le septième. Il y a donc une préparation de sept jours avant. On appelle ces sept jours les Milouïm, pendant lesquels les Kohanim se préparent à ce degré huit, qui n'a pas encore été rappelé dans la Torah, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, et pourtant il est là.

Conclusion: il y a eu un moment où le monde dans lequel nous sommes a atteint le huitième degré, même si le jour huit n'est pas encore arrivé dans le monde. Voilà ce que cela veut dire. Il y a donc un mariage, et l'on aurait pu conclure la Torah dans la paracha d'hier. À la fin de la paracha d'hier, la Torah dit que les Ainés collent Israël aux yeux de tout Israël, et la Torah se termine aussi par le même verset: Lé'éinei* Béné Israël, aux yeux de tous les enfants d'Israël.

À la seule différence près qu'à la fin de la Torah il y a un point, alors que dans la paracha d'hier il y a un mot en plus: lemass'eihem, pour qu'ils continuent leur voyage. Parce qu'ils ne sont pas encore arrivés en Erets Israël. Moralité: on ne peut pas conclure la Torah, même si l'on a atteint ce huitième degré. Il faut que cette conclusion ait lieu sur la terre. La conclusion de l'histoire, l'inauguration finale de toute l'histoire, ne peut donc se faire que lorsque le peuple d'Israël revient sur sa terre, même s'il faut attendre quarante ans après la sortie d'Égypte.

C'est le sujet de notre cours d'aujourd'hui, concernant la Gueoula, puisque nous sommes à la veille de Pessa'h, et que Pessa'h, et le mois de Nissan d'une manière générale, traitent de ce sujet. Il faut le comprendre. Aujourd'hui, pour cela, j'apporte le livre de Netzah Israël du Maharal de Prague. Le Maharal a écrit un livre qui s'appelle L'Éternité d'Israël, Netzah Israël, et il ouvre son livre par le devoir d'étudier les inverses.

C'est-à-dire que le Maharal nous dit qu'il faut étudier les inverses. Qu'est-ce que cela veut dire ? Dans les mots, il est nécessaire de connaître les inverses afin de connaître quelque chose d'une manière complète. Autrement dit, tant que tu ne connais pas l'inverse de la chose que tu es en train d'étudier, tu ne pourras pas la comprendre convenablement. Je vous le dis avec des mots simples: pour étudier un sujet quelconque, il faut étudier l'inverse de ce sujet, l'antithèse de ce sujet.

Si je veux étudier le jour, je dois aussi étudier la nuit, tout simplement parce que les deux inverses font partie d'une seule réalité. Et pourquoi ? Parce que, dans la création du monde, tout a été créé d'une manière binaire, double. De la même manière que le verset Béréchit bara Elohim et hachamayim véet haarets: vous voyez qu'il y a ici un couple, le ciel et la terre. Et apparemment, ce sont des inverses qu'il faut conjuguer pour qu'ils se marient. Je ne peux donc pas comprendre un sujet sans comprendre son inverse.

Dans les paroles du Maharal: Lachem kol davar yousag davka miediat hefro. Chaque chose que tu veux comprendre dans ce monde, tu vas la connaître parce que tu as étudié son inverse, ki har gachat hafakhim hakhat hi, parce que lorsque tu touches les inverses, tu touches en réalité une seule et même réalité. Il commence alors par un petit exemple: Hamar guiches bakhom. Celui qui arrive à comprendre ce qu'est la chaleur pourra savoir ce qu'est le froid. La froideur n'est compréhensible que par la chaleur, et inversement, la chaleur n'est compréhensible que par la connaissance de ce qui est froid.

C'est pourquoi, dans la Haggada de Pessa'h, qui traite de la Gueoula d'Israël, on commence par l'inverse. Qu'est-ce qui est écrit dans la Haggada de Pessa'h ? La Guemara nous le dit dans Pessa'him, à la page 116: Matkhila biguenout, on commence par quelque chose de négatif. On ne commence pas par annoncer la Gueoula. On parle d'abord de quelque chose de mal. Et quelle est cette chose mauvaise par laquelle on ouvre la Haggada de Pessa'h ?

Je vous rappelle que c'est justement pour atteindre le bien, pour comprendre le bien, qu'on commence ainsi. La Haggada commence par Matkhila ovdei avoda zara hayou avoteinou, au départ nos pères étaient des serviteurs d'un culte étranger. On nous annonce donc quelque chose de …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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