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Les sept noms sacrés de Dieu et la lecture des Noms

Maïmonide liste les sept noms sacrés ; le Ramban y voit toute la Torah, du simple sens jusqu'à la racine du Tétragramme.

1 h 01

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Ensuite : Essence et dévoilement de Dieu, questions-réponses, 1 h 02

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction: une phrase du Ramban

Tov Erev Tov à tous, très heureux de vous retrouver, Chavoua Tov. On continue notre étude sur les fondements du judaïsme, les fondements de la Torah, et aujourd'hui un cours très, très important. C'est quelque chose de profond, on ne pourra pas le traiter en 45 minutes évidemment. C'est sur les noms de Dieu. L'objectif de notre cours va être d'expliquer une seule phrase, celle que dit le Ramban, Nachmanide, Rabbi Moshe ben Nahman.

Dans son introduction au commentaire de la Torah, le Ramban, c'était un des plus grands commentateurs, avec Rachi et Ibn Ezra, et peut-être le plus grand kabbaliste du Moyen Âge. Je me rappelle la période des Richelieu. Et dans son introduction, il y a une phrase très étrange, qui a plusieurs sources dans les livres de Kabbale. Cette phrase, c'est la suivante. Il dit comme ça:

Nous avons entre nos mains une Kabbale. Quoi, une Kabbale ? Une réception. Kabel, ça veut dire recevoir. D'accord ? La Kabbale, ça veut dire le fait de recevoir. Donc Chel Emet, une Kabbale de vérité. Pourquoi il dit Kabbale Chel Emet ? Apparemment, c'est une tradition qu'il a reçue de ses maîtres kabbalistes. Et c'est quoi, la tradition ?

Toute la Torah, Chemot av, Chel Hakadosh Baroukh Hou. Toute la Torah, ce sont les noms de Dieu, ou ce sont des noms de Dieu. Là, c'est assez compliqué à comprendre, parce que dans la Torah, il y a des noms de Dieu. Elohim, le tétragramme, Adnout, Shaddaï, il y a plein de noms de Dieu. Mais il y a plein de mots qui ne sont pas des noms de Dieu: Vayidaber, Vayidaber Hachem el Moshe, Lémor... Moshe, ce n'est pas un nom de Dieu. Avram, ce n'est pas un nom de Dieu. D'accord ? Béréchit...

Le nom de Dieu, a priori. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est une phrase très étrange. Qu'est-ce que ça veut dire que toute la Torah, ce sont des noms de Dieu ? Pour comprendre cette phrase extrêmement profonde, nous allons d'abord voir ce que sont les noms de Dieu, de quoi on parle. On va commencer par de la halakha, par de la loi. On va commencer avec Maïmonide, dans le Michné Torah. Dans les Fondements de la Torah, il explique les lois qui concernent les noms de Dieu, l'écriture des noms de Dieu et l'interdit d'effacer les noms de Dieu.

Pour savoir quel est l'interdit d'effacer les noms de Dieu, il faut savoir ce que sont les noms de Dieu, de quoi on parle. Il y a beaucoup de noms qui sont cités dans la Torah. De quels noms parle-t-on ? Le Rambam, Maïmonide, dit comme ceci: Chiva Chemot Hem. Il y a sept noms. On appelle les sept noms qu'on ne peut pas effacer. Qu'est-ce que ça veut dire, qu'on ne peut pas les effacer ? Quand ces noms sont écrits sur un parchemin, il y a une telle kedoucha, une telle sainteté dans ces noms,

que cette kedoucha va se diffuser dans le parchemin. Et donc il va se passer deux choses. On n'aura pas le droit de prendre ce parchemin dans des endroits impurs, comme les toilettes, des choses comme ça. Et surtout, on n'aura pas le droit d'effacer le nom écrit sur le parchemin. (On peut couper les micros, j'entends quelqu'un.) Donc, quels sont ces sept noms ? Maïmonide dit: le premier, Hachem, Yod, Hé, Vav, Hé, ce qu'on appelle le tétragramme.

Vous avez remarqué que Maïmonide n'écrit pas le tétragramme avec les lettres séparées ? Il écrit les lettres comme ça. On va voir que c'est tout un débat: est-ce qu'on a le droit d'écrire ça comme ça ? Très souvent, quand je vous écris le tétragramme, je vous l'écris avec une séparation des lettres. Ou il y en a qui écrivent autrement, ils remplacent le Hé par un Kouf. Je préfère faire comme ça, parce qu'au moins c'est plus clair. Maïmonide, lui, écrit la lettre dans son entièreté. Yod, Yod, Vav et... Hé. Et il appelle ça Bechem Hameforach, ce tétragramme, ce qu'on appelle le nom explicite de Dieu, Ou Chem Havaya, le nom de Adonaï.

Donc Maïmonide, c'est intéressant: on va voir que dans le Choulhan Aroukh, il dit que le tétragramme et le nom de Adonaï sont un seul et même nom. Ceux qui étaient à mon cours du jeudi soir sur les lettres d'Aleph, la semaine dernière, savent que j'ai fait tout un cours là-dessus: le lien entre le tétragramme et le nom Adnout, le nom de Adonaï. Je ne vais pas tout réexpliquer ici, vous avez un cours entier sur la lettre Aleph où j'ai expliqué le lien entre les deux.

On voit donc que Maïmonide, pour le dire en une phrase: on n'a pas accès directement au tétragramme, la porte pour accéder au tétragramme, c'est le nom de Adonaï. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on ne lit pas le nom comme il est écrit, mais qu'on dit Adonaï quand on prononce. Si vous lisez ici les lettres, il n'est pas marqué Adonaï. On le prononce Adonaï, parce que c'est un nom d'une telle puissance spirituelle, d'une telle lumière, qu'on ne peut le dire ni au Beit Hamikdach ni dans le Olam Haba.

C'est-à-dire que ce nom-là, le nom qu'on appelle le nom de Havaya, le nom de l'existence, ne peut être prononcé que dans un monde réparé. Pas dans un monde où le mal existe. Le Beit Hamikdach, c'est une sorte de bulle. Le Beit Hamikdach, c'est le Temple de Jérusalem. C'est un morceau du Olam Haba dans le Olam Hazeh, un morceau du futur dans le présent. Donc on peut dire le nom là-bas. Et Bédrat Hachem, quand ce monde-là évoluera, sera réparé, on pourra aussi dire ce nom. Pour l'instant, on doit dire Adonaï.

Le deuxième, c'est El. Donc on a Adonaï ou le tétragramme, que Maïmonide compte comme un. Le deuxième, c'est El. Le troisième, c'est Elo'ah. Ensuite, on a Elohim. Ensuite, on a Elo'é. Ensuite, on a Chaddaï. Et ensuite on a Tsevaot, qui veut dire littéralement « les armées ». Et Maïmonide dit: Kol hamoh'ek afilou ot a'hat michiva ilou loke, « Tout celui qui efface même une seule lettre de ces sept noms-là reçoit des coups en punition ». C'est un des châtiments de la Torah. Ça, c'est Maïmonide.

Le Choulhan Aroukh, c'est un petit peu différent. C'est Rabbi Yossef Caro, qui vivait au XVIᵉ siècle à Safed, dans la fameuse génération avec tous les kabbalistes, le Ari. Et qu'a-t-il écrit ? Le Choulhan Aroukh. Le Choulhan Aroukh, c'est un livre qui vient répertorier, condenser et fixer toute la loi juive, en incluant toute la période des Richonim, c'est-à-dire entre l'an 1000 et l'an 1500. Le Choulhan Aroukh, c'est un livre qui va obliger le peuple d'Israël à suivre ses règles.

Alors, ça va être une obligation sur le peuple d'Israël d'écouter les lois qui sont dans le Choulhan Aroukh. Qu'est-ce qu'il y a d'écrit là-bas ? Assur lim'hot ka fulo ot a'hat michiva chemot hanichbadim. Il est interdit, même d'effacer une seule lettre des sept noms qu'on ne …

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