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Orot HaTechiya II : la pureté selon la plénitude de l'être

Pourquoi l'étude et la prière exigent la pureté, et comment le Rav Kook relie le mikveh au renouveau national.

57 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La rivalité des maîtres et la sagesse de la fin des temps, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Eh bien, puisque nous nous retrouvons plus tôt, c'est encore plus merveilleux. Je crois qu'on peut y aller, non ? Génial. Nous sommes donc dans Orot HaTechiya, au chapitre Lamedé. Je sais que David aura la gentillesse d'agrandir le texte, il est un peu plus petit. Bon, ça va.

Le sujet d'aujourd'hui n'a a priori rien à voir avec le sujet d'Orot HaTechiya, qui est le retour en Israël, la Gueoula. Cependant, il y a ici un point dont le Rav a parlé: c'est le mikvé. Non pas le mikvé pour les femmes, mais le mikvé pour les hommes. Vous savez qu'on ne peut pas entrer, par exemple, dans le Beit Hamikdash si on est en état d'impureté, que ce soit un homme ou une femme: il faut tout d'abord se purifier.

De même, il en était ainsi pour l'étude de la Torah ou pour la prière à l'époque du Second Temple. En effet, Ezra, qui est, disons, celui qui a fondé la forme du judaïsme de l'époque du Second Temple, a institué également l'obligation de se purifier avant l'étude, ou avant la prière. C'est ce qu'on appelle Tevillat Ezra.

Cette obligation a été annulée. Il y a un moment où elle a été supprimée, après la destruction du Temple. C'est là qu'on a décidé qu'on pouvait étudier la Torah même en état d'impureté, parce que la Torah est comparée au feu. Et le prophète dit: « Halo kodvari ka'esh », « Ma parole n'est-elle pas comme le feu ». Et comme le feu est parole de l'Eternel, or le feu est aussi purificateur, tout comme l'eau du bain rituel. Il en est de même pour la prière.

Seulement, il est resté réservé à des hommes d'élite de se purifier comme... Par exemple, si vous étudiez la Kabbale, avant d'étudier la Kabbale, il faut s'immerger dans le mikvé si on est en état d'impureté. De même, certains insistent pour que le Chazan, celui qui officie à la synagogue, soit lui aussi en état de pureté.

Maintenant, rappelons une chose importante: le mouvement hassidique, à partir du Baal Chem Tov, a à nouveau popularisé l'immersion dans le mikvé, et c'est pour ça que chez les hassidim, pratiquement tous les jours, on se trempe au mikvé avant la prière. Voilà.

Maintenant, pourquoi est-ce que cela a été valable à l'époque du Second Temple ? Pourquoi est-ce que cela a été supprimé ? Pourquoi est-ce que cela a été popularisé par le hassidisme ? Tout cela a un rapport avec les conditions historiques. Et c'est ce qui va nous amener à notre texte.

Tout ce qui englobe l'ensemble de la réalité dans tous ses niveaux, Péachpa Rouhanit Moussari Toukdoshah, avec une influence spirituelle, morale et de sainteté, Tsarikh letahara yoter gedola, nécessite une plus grande pureté. C'est-à-dire: plus vous êtes global, plus vous devez être pur.

Alors, qu'est-ce que ça veut dire être global, et qu'est-ce que être pur ? On peut se cantonner uniquement dans la vie intellectuelle. Quand on s'occupe de vie intellectuelle, la pureté n'est pas vraiment nécessaire: deux et deux font toujours quatre, que l'on soit pur ou impur. De même pour la philosophie: il y a une philosophie totalement intellectuelle. Il y a aussi une étude de la Torah qui se cantonne exclusivement dans la réflexion intellectuelle.

Ça, c'est donc une manière de vivre qui n'est pas complète. Mais si on est vraiment complet, alors on doit inclure dans sa zone d'existence d'autres dimensions, qui sont l'imagination et la vie corporelle. Le corps, l'imaginaire: tout cela, ce sont des choses qui nécessitent plus de pureté que quand on est seulement dans la réflexion intellectuelle.

Donc, nous allons voir ce qu'il en est ici. Hamikdash ve Kodashah, le sanctuaire et toutes les choses saintes qui y sont associées, kolelim etromemout atzilout askala, incluent en eux aussi bien les hauteurs nobles de la réflexion, ve-et'artit taharat adam, habassar adimion ve-aregech, mais également ce qu'il y a dans les bas-fonds: la pureté du sang, de la chair, de l'imagination et des sentiments.

Par exemple, si vous vous demandez qui est sensible à l'idée des sacrifices: si vous demandez aux intellectuels ce qu'ils pensent des sacrifices, ils vont un peu grimacer. Vous savez, souvent dans les écoles, quand on arrive au livre de Vayikra, qui traite des sacrifices, les maîtres, en salle des profs, se posent la question: comment allons-nous réussir à faire passer l'idée des sacrifices chez nos élèves ? Pourquoi ont-ils ce problème ? Parce que eux aussi ont un problème. En effet, les sacrifices ne sont pas très esthétiques: il y a du sang, il y a des bêtes, il y a du feu, il y a l'odeur de l'encens, il y a une sorte de joie frénétique et pathétique. Tout cela est un peu gênant pour ceux qui font profession de réfléchir.

Par contre, si vous demandez aux enfants comment ils trouvent le sacrifice, pour eux, c'est la joie. Ils adorent ça. Ils aiment voir le sang gicler, ils aiment voir les bêtes meugler. Et d'ailleurs, vous savez, dans les circoncisions, c'est toujours le problème: on n'arrive pas à écarter les enfants, ils veulent voir.

Il y a donc ici un conflit entre les intellectuels et les enfants. D'accord. Mais il n'y a pas que les intellectuels et les enfants sur Terre. Il y a aussi les prophètes. Chez les prophètes, cette contradiction n'existe pas. Les prophètes arrivent dans les hauteurs de l'unité de la pensée, et donc, chez les prophètes, il y a une synthèse réussie entre l'intellect et l'imagination. Pour eux, les sacrifices sont une occasion d'élévation spirituelle inégalée.

Donc, pour résumer pour l'instant, vous avez trois niveaux: les enfants, les intellectuels et les prophètes. Les prophètes et les enfants aiment les sacrifices; les intellectuels sont hésitants. Voilà.

Je reviens à ce que dit le Rav Kook: Hamikdash ve Kodashah. Je suis à la deuxième ligne: le sanctuaire et les choses saintes, koleli metromemout atzilouta askala, inclut en même temps les hauteurs de la noblesse de la pensée, ve-et'artit taharat adam, habassar adimion ve-aregech. Ainsi, que les parties basses, qui impliquent la purification du sang, de la chair, de l'imagination et des sentiments. Et pour s'occuper de ces échelons bas, qui sont liés à l'ensemble des choses par un lien de vie,

il est nécessaire de s'acquitter de la purification précise. L'influence suprême, quand elle est seule, qui est orientée vers la connaissance et qui remplit ainsi son rôle dans l'espérance,

que, de la source spirituelle, tout sera purifié. Iyéna sriha kolkar li fratetah rab ma'asit: on n'a pas tellement besoin des détails de la purification pratique. Halo kodvari ka'esh nehum Hachem: ma parole est comme le feu, parole de l'Eternel. Ma'esh eno mekabel touma, de même que le feu ne peut pas être souillé.

Af divrei Torah, ina'amekh bli touma: de même, les paroles de la Torah ne peuvent pas tomber dans l'impureté. Le Rav se réfère ici à ce verset du prophète, qui est amené dans le Talmud comme justification pour supprimer l'obligation de s'immerger …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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