Les quatre degrés de la techouva selon le Rav Kook
Comment la prise de conscience de son âme fait passer la techouva de l'individuel au cosmique, jusqu'au Nom de l'être.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La cinquième techouva, celle qui unit les quatre autres, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous. Nous allons bien sûr continuer notre cours de la semaine dernière concernant la techouva, et je vais répéter en quelques mots ce que nous avons dit. Nous avons expliqué qu'il y avait, d'après le Rav Kook, quatre degrés de retour.
Le premier est un retour au niveau individuel, où l'homme se contente de ce qu'il a pour remplir son vide. Il est avide de se remplir de la puissance de Dieu dans son monde individuel, privé.
Le deuxième degré est celui d'un homme qui a pris conscience qu'il n'y a pas que lui. Il élargit sa vision, sa conscience, elle devient beaucoup plus profonde, et il sait qu'autour de son individualité il y a toute la nation d'Israël tout entière. Il sort donc de ce cercle et élargit son cercle de compréhension.
Troisième degré. Nous sommes maintenant dans le troisième degré, et nous sommes dans la partie « grâce en bas », écrite en gras: Veyesh hacher od titrachev nafcho. Le troisième degré de techouva, c'est quand l'homme élargit un petit peu plus son âme.
Qu'est-ce que ça veut dire élargir son âme ? Comment peut-on élargir son âme ?
— Qu'est-ce que ça veut dire l'élever ?
— Alors, donc ça l'élargit ? C'est ça qui élargit ?
— Moins elle est dévoilée, plus la grandeur de l'âme ressort. C'est l'inverse.
— Ah, d'accord. D'accord. Ça veut dire qu'il faut élargir les capacités de l'homme à savoir qui il est à l'intérieur.
Autrement dit, ces quatre degrés: pour l'instant nous en sommes à deux, et nous sommes en train de commencer le troisième.
Comment est-on passé du premier degré au deuxième ? Qu'est-ce qui s'est passé chez l'homme pour que la techouva ne soit plus simplement un phénomène individuel chez lui, pour qu'il comprenne que sa conscience grandit et qu'il y a quelque chose d'autre que sa petite personne ? Tout simplement, il est allé chercher à l'intérieur de lui, et il y a trouvé un autre degré de son âme. Car son âme contient déjà, depuis le début, ces quatre degrés.
La prise de conscience de ces degrés, c'est ce qui va faire en sorte d'agrandir, de vivre dans ce monde au niveau de l'âme qui est intérieure.
J'explique avec d'autres termes. Nous avons en fait deux mondes. Nous avons notre monde intérieur, avec tout l'idéal divin qui s'y trouve. Dans ce monde intérieur, le monde de notre neshama, il y a déjà tous les degrés auxquels nous devons arriver.
Ce degré intérieur, cette âme qui contient le tout, c'est une force existante malgré nous. On n'y peut rien. Elle est là. Elle nous a été donnée. Ce sont les règles de la création avec lesquelles nous avons été créés, et nous ne pouvons rien. Nous n'avons pas le choix.
Mais dans notre vie, après avoir été créés, une fois que nous sommes dans ce monde, nous avons chacun le choix. Le choix de quoi ? De dévoiler tout ce qui nous a été donné en force. Plus je mets en action mon choix, plus je peux fouiller à l'intérieur de moi-même, trouver tous les degrés qui sont déjà en moi naturellement, et les faire sortir un après l'autre.
Donc, plus je suis quelqu'un qui étudie, qui cherche, qui approfondit, qui veut recevoir des réponses, ok ? Réponse, traduction, techouva. Plus je veux une techouva, plus je veux une réponse dans ma vie. C'est ce que vous avez dans l'intention de chercher, c'est pour ça que vous étudiez la Torah aussi.
Il y a des éléments intérieurs qui étaient jusqu'à maintenant cachés, mais qui sont les vôtres, qui sont en train de sortir à la surface, de flotter. Pourquoi ? Parce que vous avez eu le choix de les faire sortir.
Mais si vous aviez refusé de les faire sortir, ces éléments qui sont déjà à l'intérieur de vous resteraient à l'intérieur, sans se dévoiler de toute la vie. Ils pourraient rester étouffés, noyés, à l'intérieur de votre être, sans jamais sortir à la surface. C'est le choix de l'homme.
Il y a des gens qui ne veulent dévoiler ces degrés-là, ni le premier, ni le deuxième, ni le troisième, ni le quatrième. D'autres valeurs, d'autres références, qui ne sont pas les références divines qu'ils ont à l'intérieur. Je parle des hommes d'Israël maintenant. Ils choisissent donc de vivre selon autre chose.
Qu'est-ce qu'ils font durant toute leur vie ? Ils étouffent le degré divin qui leur a été donné avec ces quatre degrés. Aucun de ces quatre degrés ne sort, ou alors très peu, ok ? C'est un choix d'étouffer, volontairement.
Nous revenons à ce que nous disons: une fois que j'ai compris, à l'intérieur de moi, que mon désir de dévoiler ne serait-ce que le premier degré, c'est-à-dire que j'ai envie de comprendre, j'ai envie de me remplir, je sens qu'il y a du divin et j'ai envie de me connecter, et que ce divin me traverse au niveau individuel, c'est déjà pas mal.
→ (voir ci-dessous)
Mais une fois que je commence ce travail, quand je tire de l'intérieur vers l'extérieur, celui que je suis à l'intérieur est en train de sortir à l'extérieur. Je tire au fur et à mesure, et je vais tirer avec un autre degré, car les degrés sont liés. Quand je vais avoir complètement tiré mon premier degré, que j'ai vécu selon ce premier degré, que j'ai commencé à sentir une proximité avec Dieu, naturellement, un jour je vais me lever le matin et je vais me dire que ça ne suffit pas, il y a autre chose.
Alors la partie peuple, nation, deuxième degré, commence à sortir. Je vais me dire: je croyais avoir déjà tout compris, et finalement je m'aperçois que je ne suis pas un homme seul vis-à-vis de Dieu. Je fais partie d'une nation tout entière. Il y a donc un nouveau degré de techouva qui arrive. Ça peut se passer un jour dans la vie.
Combien de degrés devons-nous arriver à faire sortir dans notre vie ? Les quatre. Mais chacun de nous, selon son choix, son travail, sa volonté, son désir et ses efforts, va en faire sortir un, un et demi, un demi, deux, deux et demi, trois ou quatre. Vous comprenez ? Personne parmi ceux qui sont assis ici ne fera sortir exactement les mêmes degrés, car dans chaque degré il y a de petits sous-degrés. Chacun de nous, selon son choix et son effort dans la vie, dévoilera au fur et à mesure.
Ça veut dire que vous êtes arrivés en première année ici, au Machon Meir. Certains d'entre vous sont peut-être déjà à la moitié du premier degré. Maintenant vous commencez à comprendre le deuxième degré, celui de la nation d'Israël. Vous êtes en train de changer de niveau de Torah. Votre Torah individuelle est en train de monter au degré de la Torah du peuple tout entier. Vous comprenez que ce n'est plus aussi simple, aussi petit, ça commence à s'élargir.
Mais certains d'entre vous vont se dire: ça me suffit, c'est déjà pas mal, c'est un grand degré, je ne vais pas aller plus loin. Mais il y a …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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