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Pourquoi lit-on le Chéma avant minuit ?

La Guemara fixe minuit par crainte de l'homme qui s'endort en rentrant des champs sans avoir lu le Chéma.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La liberté de l'homme selon le Rambam et la Torah, 1 h 01

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le texte de la Guémara

Bon, chalom tout le monde. Étant donné que vous avez la photocopie devant les yeux, la page Dalet Hamoudbet dans Brachot, vous avez devant vous une photocopie extraordinaire d'un texte de Maséhet Bera'hot, page Dalet Hamoudbet.

Vous n'avez pas le texte ? Vous l'avez ? Non, je parle de Dalet, un mot de bête. Ça fait déjà au moins dix minutes que je l'ai fait photocopier. Huit minutes.

Bon, ceci est un texte de la Guémara dans Bera'hot, Dalet Amoudim, en français, 4b. Vous avez ici, à la troisième ligne de la Guémara, … Vous voyez que la troisième ligne est écrite véha. Non, véha est le fait que. Le fait qu'ils ont dit jusqu'à minuit.

Les Hakhamim disent qu'on lit le Chéma le soir jusqu'à minuit. Mais, en vérité, selon la Torah, on peut lire le Chéma toute la nuit. Mais les Hakhamim ont fixé que le Chéma doit être lu avant minuit.

Pourquoi ? Afin d'éloigner l'homme du péché. Ça veut dire qu'il y a un risque: si on ne lit pas le Chéma, ce n'est pas cette page-là, c'est ça. Si on lit le Chéma après minuit, on risque de ne pas le lire.

On peut s'endormir, et tout le reste. Donc les Hakhamim ont institué que le Chéma devait être lu avant minuit.

On nous amène ici une Braïta, et cette Braïta est très importante. Les sages ont fait une barrière pour leurs paroles. C'est-à-dire qu'ils ont mis la barrière. La barrière, c'est minuit.

Afin qu'il n'arrive pas qu'un homme revienne des champs le soir, veuille se mettre au mikvé et se dise: « Je vais lire… » Alors, remarquez une chose intéressante: la Guémara suppose que le soir on vient d'où ? Des champs, et pas de la yeshiva. D'accord ? C'est-à-dire que l'exemple, disons banal, quatrième ligne déjà, l'exemple banal, disons un homme normal, c'est celui qui vient du champ.

D'accord ? Pour qu'un homme, en venant du champ le soir, ne se dise pas: « Je vais d'abord aller chez moi. Je vais manger un peu. Je vais boire un peu. Je vais dormir un peu. Et après seulement, je lirai le Chéma et je ferai la prière. »

Il est emporté par le sommeil. Il se trouve avoir dormi toute la nuit sans avoir dit le Chéma. Yachen dort. Yachen, ça veut dire « il dort ». Non, Achen, avec un alef,. Yachen, ça veut dire celui qui dort, avec un yod. C'est une Braïta. Oui, une Braïta.

Qui nous dit que cet homme n'est pas un prophète. Et alors, un homme des champs n'est pas un prophète ? Mais à part ça, on l'avait déjà étudié, je crois: nous, qui ne sommes pas prophètes, nous pouvons faire la prière. Pourquoi est-ce qu'on peut faire la prière ? Parce qu'on se base sur l'enseignement des prophètes.

Le péché serait justement de ne pas avoir fait le Chéma du tout. Et on a inventé un nouveau péché pour empêcher un autre péché.

— Oui, mais on risque également de le faire dormir toute la nuit.

D'accord ? C'est ce qu'explique la Braïta.

Aval, quoi qu'il y ait comme problème. Le problème, c'est que si on pense à Yonan, il n'a pas péché alors qu'il allait le faire sans péché. Oui, d'accord, et alors ?

— Oui, mais parce qu'on a voulu éviter un péché plus grave. Bon, c'est pour ça qu'on l'a empêché. En fait, on a coupé la nuit en deux, on a fendu la pêche. Mais ce qui doit se passer, c'est que l'homme vienne des champs le soir. Ça, la Guémara ne revient pas là-dessus.

Il doit rentrer dans la synagogue. S'il a l'habitude de lire, qu'il lise, et de répéter, qu'il répète.

— Ça veut dire quoi, de lire et de répéter ?

Non, non, rien à voir. Lire, ça veut dire étudier le Tanakh. Kétouvim, c'est tout ce qui est Tanakh. Et Michna, ce qui est la Loi orale. C'est-à-dire, s'il a l'habitude d'étudier la Loi écrite, qu'il étudie la Loi écrite. S'il a l'habitude d'étudier la Loi orale, qu'il étudie la Loi orale. D'accord ? Quand il entre dans la synagogue.

J'en sais rien. Voyons la suite. Pour savoir ce que dit la Torah, il faut… D'accord, alors lisons. Et alors, il lit le Chéma. Donc ça s'est passé avant, très bien.

Donc ce n'est même pas la peine de poser la question, nous avons la réponse dans le texte: « Oumit'palel », et il fait la prière. « Véokhel pito oumevarekh », et après, il mange son pain et fait le Birkat Hamazon. C'est ça, l'ordre du retour à la maison.

Il y a ici un point intéressant: il lit le Tanakh le soir. Donc la Braïta ne sait pas qu'on n'a pas le droit de lire le Tanakh le soir. Certains vous diront que c'est interdit. Ça contredit totalement la Braïta. D'accord ?

Bon. C'est pour des raisons kabbalistiques, mais ça n'a rien à voir ici. La Kabbale ne tient pas compte de ces choses. Enfin, on ne tient pas compte de la Kabbale dans la Michna.

— Oui ? On l'a empêché tout à l'heure de rentrer chez lui. Donc il va aller au Béit Knesset ?

Non, non, il n'y a pas de crainte. Pas de crainte. Et « tout celui qui transgresse les paroles des sages, hayav mita », est coupable de mort.

Vous savez, la Braïta devient violente à la fin. Au début, elle dit: c'est sympa, il ne faut pas s'endormir. Mais si tu ne fais pas ce qu'on te dit, hayav mita, coupable de mort. Ah bon. Jusque-là, c'est la Braïta. Maintenant viennent les questions, les questions de la Guémara sur la Braïta en question.

Pourquoi cette différence ? Dans tous les autres endroits, on ne dit pas qu'il est coupable de mort. Et pour cette halakha, la Braïta a dit qu'il est coupable de mort. C'est bizarre quand même, l'expression violente. La Guémara est heurtée par ça.

— Que cette Guémara essaie de nous empêcher de faire ?

Non. Celui qui transgresse les paroles des Hakhamim, c'est-à-dire celui qui fait le Chéma après avoir mangé, ou qui veut le faire après minuit, est hayav mita. D'accord ? C'est très bizarre d'avoir été si violent pour une halakha, quoi. Je veux dire, il y en a plein, des halakhot. On ne va pas dire à chaque halakha: si tu ne la fais pas, tu es hayav mita.

Alors, il y a deux réponses données par la Guémara. La première: on veut dire que c'est parce qu'il y a la contrainte du sommeil. Et étant donné que le Yetser hara est grand, les Hakhamim ont voulu nous faire peur. D'accord ? C'est pour réagir, pour équilibrer le Yetser hara qui, une fois qu'on est endormi, n'a plus rien à faire. Alors les Hakhamim nous ont dit: attention, tu risques ta vie.

— Bon, d'accord, ça va, j'ai compris, je fais.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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