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Yaacov Zerbib : retour sur le cours du Rav Cherki sur la techouva

Techouva individuelle et collective, exil et délivrance, selon le Rav Kook et les pistes d'Orot HaTechouva.

34 min

Orot veKelim

Ensuite : Remerciements et présentation de la nouvelle année, 8 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

De la techouva, donc on avait vu que... quelle est l'essence de la techouva ? Corrigez-moi si je me trompe, mais on a compris qu'il y a beaucoup de dimensions à la techouva, et on va dire des notions essentielles. Le sens littéral du mot techouva, c'est revenir à soi-même. On a vu cela sous beaucoup de dimensions.

Il y a la dimension classique de la techouva, qui est, on peut le dire, l'un des principaux khidouchim du Rav Kook, je pense. On pourrait croire que la dimension classique, c'est revenir à la chouva, revenir au Choulhan Aroukh, revenir aux différentes halakhot que tout Juif doit respecter. Et là, le Rav Kook nous parle de beaucoup d'autres dimensions: ce n'est pas que cela, c'est aussi au degré individuel.

Je pense d'ailleurs que bientôt, si je ne me trompe pas, on est en Kislev. Bientôt, je crois, il y a le Yom Douchet Kislev, la fameuse fête hassidique de la sortie de prison du Admour Hazaken, si je ne me trompe pas, qui a fondé le mouvement hassidique. Et pour moi, cette hassidout représente justement le point que la hassidout a voulu accentuer: le retour à soi.

On peut dire que, jusqu'à maintenant, les mitnagdim, ceux qui étaient opposés à la hassidout, mettaient plus l'accent sur le point commun de tout Israël, de tout Juif: ce qui nous incombe à tous, de manière commune. La hassidout a mis davantage l'accent sur: qu'est-ce qui m'incombe à moi, individuellement, mon avodat Hachem, mon service de Hachem, personnel ? Et là, c'est un autre point que le Rav Kook fait justement: cette harmonie entre les valeurs, il n'y a pas de contradiction.

D'ailleurs, on dit tout le temps à propos du Rav Kook que, même s'il relève essentiellement de la pensée mitnagued, puisque c'était le fils d'un des mitnagdim, élève de la fameuse école du Gaon de Vilna, sa mère était quand même hassid. Il a donc fait cette synthèse entre la hassidout et les mitnagdim. Cela veut dire, si je peux dire ainsi, qu'il y a ce point de mêler la Torah du klal, c'est-à-dire du collectif, qui est le grand principe du yachouv, avec la Torah de l'individu. Et cela se conjugue assez bien: cela ne se contredit pas.

Si on comprend bien, nous avons vécu deux mille ans d'exil, et tous les exils, principalement le dernier, ont mis le point sur la Torah individuelle. Comme on l'a dit, on est tombé dans les harbaot de la halakha, les quatre coudées de la halakha, donc on est revenu dans un monde individuel. Mais ce n'est pas pour rien. Comme nous l'ont dit nos rabbins, cet exil aussi a un but.

Le Rav Kook, d'ailleurs, dans Malakh Haidot be-Israël, explique que le problème, c'était qu'on était trop dans le collectif au temps du Premier Temple. Il a donc fallu le deuxième exil, les deux Babylone, donc le Talmud, etc. Et qu'en ressort-il ? Le Deuxième Temple, qui s'accentue sur la Torah de l'individu. On pouvait avoir de grands idéaux, mais dans la vie de tous les jours, cela ne s'exprimait pas.

Le long exil nous a donc fait revoir la Torah des détails, la Torah de l'individu, qui va jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne de chaque individu. Quand on revient de ce long exil, on n'est pas censé effacer complètement tout ce qu'on a acquis en exil. On est censé retourner à l'état d'origine, qui était le collectif, mais en prenant bien entendu avec nous cette dimension de l'individu, et faire la synthèse: la synthèse de l'individualisme et du collectivisme.

Je donne un exemple personnel: quand j'étais à l'armée, en tant qu'Olé Hadach de France, on nous disait: « Dès que je commençais à parler un peu français avec mes amis à l'armée, ceux qui parlaient français, on nous disait: "Hé, ici on est à Tsahal, on ne parle pas français, on ne parle que hébreu." » Il est vrai qu'il y a cette optique des premiers sionistes, comme Ben Gourion, qui se sont battus pour implanter l'hébreu. Au début, quand l'hébreu était vraiment mis en danger, c'était essentiel d'accentuer l'hébreu.

Et moi, je dis, à notre niveau, que lorsque certains Français arrivent, qui sont d'un certain milieu, il faut aussi leur parler en français, sinon ils vont se perdre. S'il n'y a que des Israéliens autour de lui, il perd une certaine... Il faut faire cela de manière graduelle. Il faut savoir jongler: d'un côté il doit s'adapter, et il parle de plus en plus hébreu, mais d'un autre côté il faut le faire graduellement, parce que sinon cela risque de lui faire, entre guillemets, un certain clash; il ne va s'identifier à rien, et il va traverser une certaine crise.

Je pense que c'est exactement la même idée. Il est bien de sortir de l'exil, comme nos rabbins nous le disent sans cesse, mais il y a l'exil qui est en nous. Quand on dit qu'il faut sortir de l'exil en nous, ce n'est pas pour chaque chose. Au contraire, il y a des choses dont il faut faire le tri: qu'est-ce que l'on garde et qu'est-ce que l'on jette de notre exil ? L'impureté de l'exil, la touma de l'exil, il faut la jeter, mais il faut garder ce qu'on a appris en exil. Cette synthèse-là, il faut savoir la faire. Quand on arrive en Israël, c'est ça le but: faire la synthèse de ces choses-là.

Je pense que c'est un peu cela, quand le Rav Kook parle sans cesse du degré de la techouva individuelle, du moi personnel. D'ailleurs, c'est très à la mode aujourd'hui. Dans la société israélienne, tout le monde vise l'accomplissement de soi, la recherche de soi, même au niveau de la réussite matérielle. Il y a beaucoup de ce « moi, moi, moi ». Parfois c'est même un peu extrémiste, on oublie la dimension collective. Mais je pense que le Rav Kook met ici le point sur cette synthèse: le moi personnel, l'individualisme, ne contredit pas le collectif.

Il ne contredit pas ma dimension collective, qui me lie au peuple d'Israël. Quand j'ai compris que je fais partie d'un tout, d'un collectif, il n'y a aucun problème à ce que j'ajoute ma petite dimension personnelle, ma techouva, mon retour à moi-même. Et c'est, je dirais, l'une des dimensions que le Rav Kook nous a beaucoup enseignées dans Orot HaTechouva. Lachouv lishtzmecha, comme on dit en hébreu: revenir à soi-même.

Cela me rappelle l'histoire de Rabbi Zoucha d'Anipoli, que l'on raconte dans les écrits des hassidim. On disait à Rabbi Zoucha: « Quand tu vas monter là-haut, on ne te demandera pas pourquoi tu n'as pas été Moïse notre maître; on te demandera pourquoi tu n'as pas été Rabbi Zoucha, pourquoi tu n'as pas été toi-même. » Chacun ne doit pas essayer d'être l'autre; il doit essayer d'être lui-même.

Cela me rappelle aussi une parabole que j'ai apprise du Rav Dani Sheraton au Mir. C'est une parabole, bien sûr, qu'il ne faut pas prendre au sens littéral. Il disait: …

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