Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Kodesh sheba Kodesh et Kodesh sheba Chol chez le Rav Kook

La sainteté cachée dans le profane selon Orot, et la distinction entre les deux sainteté.

58 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Athéisme, purification de l'émouna et renaissance nationale, 1 h 00

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

J'espère que vous avez passé un bon Chabbat. Nous allons tout de suite engager Orot. Nous sommes dans le passage Orot, qui est pour l'instant illisible. Ah oui, c'est ça. Voilà, Mem Vav. C'est très bien. Nous allons donc passer à Mem Vav.

Étant donné que nous parlons, dans le livre d'Orot, de manière générale, de ce qu'on appelle Megamat HaKodesh BeEretz Aliyumit, c'est-à-dire la tendance de sainteté qui est au sein de la résurrection nationale. Cela veut dire que ce que le Rav Kook explique, c'est quelle est la kedoucha qui est dans le sionisme. Le sionisme est un mouvement national, donc en principe profane. Il s'occupe de choses matérielles, politiques, étatiques, économiques, sociales, et culturelles.

Tout cela, on a l'habitude de le considérer comme appartenant au profane, c'est-à-dire, en hébreu, Hol. Et le rôle du Rav Kook, dans Orot, c'est de mettre en évidence le Kodesh, c'est-à-dire la sainteté, qui se manifeste à travers ces événements. Là, le Rav Kook va employer une terminologie qui lui est particulière: Kodesh Sheba Kodesh et Kodesh Sheba Hol. La sainteté qui est dans la sainteté, et la sainteté qui est dans le profane.

Ça veut dire quoi ? Quand on parle de sainteté, de quoi parle-t-on d'abord ? Kodesh, en principe, signifie tout endroit, toute catégorie d'êtres dans laquelle se manifeste la divinité. La divinité se manifeste en général dans trois dimensions différentes: celle de la sainteté du temps, c'est le Chabbat, par exemple; la sainteté dans l'espace, c'est le Temple, par exemple; et la sainteté dans les âmes, il s'agit du peuple d'Israël, qui est une nation sainte, sans parler évidemment de la sainteté de la Torah.

Mais il y a également, étant donné que le judaïsme est monothéiste, qu'il admet que la présence du Créateur est en tout, et donc elle est présente également dans le profane. Il y aurait donc deux sortes de sainteté. Une sainteté visible, ce qu'on appelle dans un autre livre du Rav Kook, Orot HaKodesh, HaKodesh HaRagil, la sainteté habituelle, identifiée classiquement à la religion. Et il y a la sainteté qui se cache dans la nature, et cette sainteté qui se cache dans la nature se manifeste à travers des mouvements profanes, comme par exemple le sionisme.

Maintenant, une fois que je vous ai donné cette belle introduction, il nous reste à définir quel est ce qui est plus élevé. Nous allons voir ça. Késhem shé-nishmata Adam yoter elyonav, yoter pnimit mi-malakhim. De même que l'âme humaine est plus élevée et plus intérieure que les anges.

On peut dire parfois élevé, on peut dire parfois intérieur; ça revient pratiquement au même. Mais plus une chose est élevée, plus elle est intérieure, donc plus elle est noble. Or l'âme humaine, dans sa racine, est plus élevée que celle des anges. Ve-davka mi-pnei gedoulata, et c'est justement à cause, précisément à cause de sa grandeur, yarda ad le-tachtit madriga, qu'elle est descendue jusqu'au plus bas niveau.

Les anges, eux, n'ont pas de corps, par exemple. Ils s'arrangent très bien dans leur spiritualité angélique. Par contre, les hommes vivent d'une vie matérielle liée à des souillures, liée à une bassesse, aussi bien physique que morale. On pourrait donc se dire que c'est ce qui fait dire, effectivement, que l'homme, d'après certains auteurs, est inférieur aux anges.

Mais la vérité profonde, celle qui est adoptée par la doctrine kabbalistique, c'est que l'homme, justement à cause de sa grandeur, est capable de descendre dans le lieu le plus bas, et de là-bas, il remontera, avec de grands bénéfices. C'est comme si l'homme était une sorte d'hameçon. Son âme descend dans les lieux les plus bas pour en faire ressortir des trésors. Une fois qu'on en fait ressortir le trésor, c'est le trésor du mérite. Une fois le mérite acquis, grâce à l'ascension de l'homme, montent en même temps que lui.

Ceci est vrai pour l'âme humaine. C'est une idée qui est censée être connue des lecteurs du Rav Kook; ils ont étudié la Torah, ils savent...

— Est-ce qu'il y a cours après 11h, 11h15 ?

Très bonne question. Mais en vérité, ce n'est pas à moi d'y répondre. Je sais que c'est tombé dans un lieu très bas, mais c'est pour en remonter. David Altar s'occupera de donner la réponse.

En tout cas, pour le Rav Kook, faisons un petit résumé des opinions de nos maîtres au Moyen Âge. Maïmonide dit que les anges sont supérieurs à l'homme. Rabbi Saadia Gaon dit que l'homme est supérieur aux anges. Rabbi Nah'man de Breslev dit que l'homme commence plus bas que les anges, mais qu'il arrivera plus haut qu'eux.

Le Rav Kook, qui connaît d'ailleurs toute cette littérature, nous dit: de même que l'âme humaine descend très bas parce qu'elle vient de très haut, et qu'elle est donc capable de faire tout remonter, il en est de même de la sainteté qui est dans le profane. Et là nous arrivons à notre sujet: Ken HaKodesh chébé-Hol.

Cela descend jusqu'au profane absolu, où Yoter Nisgav Ekadosh, et c'est en vérité beaucoup plus sublime et saint que Kodesh Sheba Kodesh, la sainteté qui est dans la sainteté. Et là, cheoum ishtater arbe, mais elle se cache beaucoup. Il y a donc des avantages et des désavantages des deux côtés.

Le Kodesh de Chabbat Kodesh, la sainteté qui est dans la sainteté, n'est pas d'un niveau suprême, mais c'est une sainteté visible. Par contre, la sainteté qui se cache dans le profane est d'un niveau beaucoup plus élevé que la sainteté qui est dans la sainteté, mais c'est une sainteté qui se cache. C'est-à-dire que même les porteurs des exigences de cette sainteté ne sont pas conscients de ce qu'ils font, de ce qu'ils mènent comme sainteté.

Vous voyez tout de suite où le Rav Kook veut en venir. Les Hilonim ne savent pas qu'ils sont poussés, qu'ils sont mus par une force qui les dépasse. Cette force qui les dépasse, c'est la sainteté qui est dans le profane, qui se cache en eux. Et là, chez les Hilonim, elle se cache beaucoup.

Il n'y a pas de finitude, c'est infini: les réparations, les améliorations du monde qui viendront de tout le bien qui arrive par le chemin du profane. Che-yigalé ve-yirah rodo ve-adaro. De telle sorte que sa splendeur et sa magnificence apparaîtront. Lé-hét ha-meoukhara.

Lors de cette époque heureuse, Hacher loyeh or yekarot ekipaon, où il n'y aura plus de lumière rare qui n'apparaîtra pas. C'est tiré d'un verset du livre de Zacharie, qui dit qu'il viendra un temps où la lumière ne sera plus rare.

C'est quoi, la lumière qui ne sera plus rare ? Le Talmud nous dit que des choses qui sont rares dans notre monde seront banales dans le monde à venir. Quelles sont les choses qui sont rares dans notre monde ? Le fait de prononcer le Nom de Dieu tel qu'il est, Yod Hé Vav Hé. Eh bien non: ce Nom, qui aujourd'hui n'est prononcé que dans le Temple de Yerouchalaïm, sera prononcé dans le monde entier. C'est-à-dire que ce qui est caché se …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

Dans la même série

Cours suivi sur le livre Orot du Rav Kook : Israël, la Torah, la Gueoula et la renaissance nationale.

  1. 40
    Le sionisme, la techouva et l'âne de Rav Yosef
    Le Rav Kook voit dans l'investissement national une voie de retour vers la Torah, illustrée par Rav Yosef.
    1 h 00
  2. 41
    Orot HaTechiya II : la pureté selon la plénitude de l'être
    Pourquoi l'étude et la prière exigent la pureté, et comment le Rav Kook relie le mikveh au renouveau national.
    57 min
  3. 42
    La rivalité des maîtres et la sagesse de la fin des temps
    Le Rav Kook lit la halakha de la concurrence entre maîtres comme un signe d'une sagesse qui doit se purifier avant la Gueoula.
    59 min
  4. 43
    Orot HaTechiya : la nefesh, la ruah et la neshama
    Le Rav Cherki explique l'unité entre part sioniste et part traditionnelle du peuple, et la place de la Gueoula avant le Machiah.
    1 h 01
  5. 44
    Kodesh sheba Kodesh et Kodesh sheba Chol chez le Rav Kook
    La sainteté cachée dans le profane selon Orot, et la distinction entre les deux sainteté.
    En cours de lecture
  6. 45
    Athéisme, purification de l'émouna et renaissance nationale
    Le Rav Kook voit dans l'athéisme moderne une purification de la émouna populaire, à l'heure du retour d'Israël.
    1 h 00
  7. 46
    Rav Kook : laïcité, rejet du christianisme et unité halakha-aggadah
    Comment le rejet du christianisme engendre laïcité et antisémitisme, puis un retour à l'identité d'Israël.
    59 min
  8. 47
    La neshama, la Kabbale et la libération de l'âme
    Pourquoi l'étude de la Kabbale est nécessaire à la génération, et comment libérer la neshama pour qu'elle élève toutes les forces de la vie.
    59 min
  9. 48
    Orot HaTechiya : la kabbale comme renouveau de l'être
    Le Rav Kook relie le retour en Erets Israël à une connaissance intuitive de l'infini, au-delà du seul concept.
    1 h 03
  10. 49
    La Torah voilée et l'âme de la nation
    Le Rav Kook décrit une Torah à sa splendeur originelle, encore voilée, et l'âme d'Israël qui aspire à la prophétie.
    1 h 01

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav