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Kippour, le mystère de la téchouva et du temps

Pourquoi demande-t-on pardon après Roch Hachana, et comment la téchouva franchit-elle le temps.

1 h 02

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le mois d'Iyar, un filtre du Nom divin, 1 h 11

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Pourquoi demander pardon après la fin de l'année

Avec votre permission, aujourd'hui, nous allons amorcer Yom HaKippourim. Il y a quand même une question qui se pose, et qui me paraît importante: comment se fait-il qu'on demande pardon alors que l'année dernière est déjà terminée ? Pourquoi n'a-t-on pas demandé pardon avant de commencer l'année ? C'est une question logique, non ?

On aurait dû terminer l'année dernière en demandant pardon, pour être complètement net, nettoyé, et commencer une année nouvelle avec Roch Hachana. Cette question est très, très, très importante. Mais en réalité, on respecte à un certain rythme celui de l'histoire. Dans l'histoire, réellement, Roch Hachana était avant Yom HaKippourim, puisqu'à Roch Hachana nous avons été libérés de l'esclavage d'Égypte, et qu'à Yom HaKippourim, un an plus tard, nous avons reçu la Torah, les Tables de la Loi, les deuxièmes Tables.

Morale: on respecte en fait le temps et les événements tels qu'ils se sont passés dans l'histoire, et on fête donc Roch Hachana avant Yom HaKippourim. Mais étant donné que nous sommes dans les dix jours qui s'appellent les dix jours de Techouva...

## La techouva, hors du temps

... nous avons déjà expliqué auparavant que la techouva est un phénomène qui dépasse l'entendement, car il est au-delà du temps. En effet, pour pouvoir réparer quelque chose qui relève du passé, il faut être au-delà du temps, parce que ce qui est déjà passé est déjà passé. Comment puis-je réparer quelque chose qui est déjà passé ? Si ce n'est que je peux me hisser au-delà des degrés temporels.

Morale: je peux dire que la techouva est hors du temps, car ce qui est hors du temps peut pénétrer dans tous les tiroirs de tous les temps, alors que ce qui est dans un temps est limité à ce temps. Donc je peux faire techouva parce que je peux monter à un degré qui dépasse le temps. Et si je dépasse le temps, je peux réparer tous les temps, aller dans une case de l'année dernière ou de l'année d'avant, ou même, selon les kabbalistes, d'une ancienne réincarnation, et aller réparer là-bas ce que je n'ai pas pu, ce que je n'ai pas encore réparé.

Nous avons ici un outil extraordinaire, qui défie le temps, qui défie l'espace, et qui peut aller réparer n'importe où dans le temps, parce qu'il est au-delà du temps. Or, si nous avons dix jours qu'on appelle Assérèt Yemé Techouva, ce sont dix jours qui sont hors du temps. Donc ils n'appartiennent ni à l'année d'avant, ni à la nouvelle année, puisqu'ils sont en dehors du temps. Et effectivement, les dix jours de techouva, selon les kabbalistes, sont dix jours terrestres, mais qui sont en réalité, dans leurs valeurs intrinsèques, en dehors des valeurs du temps et de l'espace. Ce sont donc dix jours qui nous permettent de voyager dans le temps, pour aller réparer des fautes, des actions mauvaises qui ont été réalisées par nous, dans notre monde présent, et dans d'autres situations, dans d'autres mondes, dans d'autres incarnations, et ainsi de suite.

Vous voyez qu'il s'agit d'un phénomène qui est au-delà des petites valeurs que nous pouvons lui attribuer. Étant donné que ce phénomène de la techouva est tellement élevé, nous allons passer à Yom HaKippourim, qui lui aussi est appelé dans la Torah « le jour »; le verset nous dit qu'il va pouvoir réparer.

## La kapara, un nettoyage superficiel

D'ailleurs, on fait des kaparot avant de rentrer à Yom HaKippourim même. Les kaparot, c'est en réalité un nettoyage. En hébreu, c'est passer la main et enlever une salissure, sous-entendu que nos fautes n'imprègnent pas notre intériorité: elles sont superficielles. C'est une merveille, cela veut dire tout simplement que nous pouvons les nettoyer par une prise de conscience, par la volonté de changer de vêtements. Car les fautes ne s'attachent pas à l'intériorité, mais aux vêtements que nous portons.

Et donc, en changeant de vêtements, comme si je changeais ma chemise, je la mets au linge sale, et après je la mets dans une machine à laver, et j'obtiens une nouvelle chemise, toute neuve, sans taches, comme si elle était sortie du magasin, mais qui garde une mémoire de tout ce qu'elle vient de traverser. C'est exactement pareil: nous pouvons nettoyer nos fautes, parce qu'elles sont superficielles, comme les taches sur une chemise, et non pas imprégnées dans notre neshama. Notre neshama reste intègre. Elle reste pure, elle reste parfaite, et c'est depuis son niveau à elle qu'on peut réparer tout ce qui est à l'extérieur d'elle.

Donc, soyez heureux, car vos fautes, toutes vos fautes, ne sont que superficielles. Elles ne sont jamais essentielles. Si elles étaient essentielles, elles n'auraient jamais pu être réparées. Et comme elles ne sont que superficielles, vous faites ce geste, qui s'appelle kapara: j'enlève, comme si je me lavais de quelque chose.

D'ailleurs, Yom HaKippourim s'appelle le mikvé de l'année. C'est comme le bain rituel dans lequel nous entrons tous, et on en sort comme une nouvelle créature, comme un nouveau bébé qui vient de naître.

## Avoir confiance dans ce degré

Morale: il faut avoir confiance dans ce degré-là. On n'a pas le droit de croire que c'est un jeu. Oui, on m'a dit que Yom HaKippourim répare, mais c'est trop facile, si c'était aussi simple... Ça, ce sont des systèmes humains qui nous bloquent dans des traumatismes et qui nous y laissent. Ayez confiance dans ce que la Torah nous dit, dans ce que Hakadosh Baroukh Hou nous dit, dans ce que les sages d'Israël nous disent: que ça marche. Si ça marche, je ne dois pas rester avec des traces de quelque chose qui s'est passé il y a quelques années, ou ne serait-ce que l'année dernière. Je dois justement évoluer, grandir, et ne pas rester dans les traumatismes.

Car vouloir garder les traumatismes à tout prix, ne pas vouloir s'en débarrasser, cela fait partie de la faute. C'est encore pire que la faute, je dirais. Parce que tu refuses en fait d'avancer, tu refuses de grandir, en décidant de rester dans ta propre faute, et en te disant quelque part: ce n'est pas possible que ce soit aussi simple que cela. Alors j'ai de bonnes nouvelles pour vous: c'est aussi simple que cela. Il faut y croire, il faut le vivre, et à partir du moment où vous êtes conscients et dans cette volonté de réparer, eh bien vous réparez. Et c'est réparé. Il est inutile d'y rester.

C'est pour cela qu'on dit: enlève le satan de devant nous et de derrière nous. Derrière nous, dans les fautes qui ont déjà été commises: si tu gardes le satan avec toi, il va garder le souvenir de ta faute sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt. Cela va t'accompagner toute ta vie. Et en réalité, quelque part, tu prends avec toi la valise de ta faute, la trace, la mémoire de ta faute, et tu ne t'en débarrasses jamais, parce qu'elle t'étouffe, parce qu'elle te fait du mal. Et cela, ce n'est pas ce qui est voulu par la Torah.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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