Yérouchalayim, Chamaïm et Erets : l'équilibre de la Torah
Le rav relit le verset de David sur la grandeur divine : bonté, mesure et équilibre, et pourquoi Yérouchalayim est au pluriel.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Yerouchalayim, lien entre Dieu et la terre d'Israël, 54 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Rav Akiva va utiliser en fait une prophétie de Divré Hayamim, des chroniques, où David HaMelekh va se relier à HaKadosh Baroukh Hou.
Vous le dites tous les matins dans la tefilah: Vayévarekh David et Hachem. Nahon ? Vous vous levez et vous dites Vayévarekh David et Hachem pendant le Baroukh Cheamar. Que veut dire que David bénit HaKadosh Baroukh Hou ? On a déjà traduit que le mot « bénit » ici est relié au mot bérakha. Le havraha, en hébreu, relié. Donc Vayévarekh David, ce n'est pas que David bénit Dieu.
Mais que David se relie, ou fait en sorte que HaKadosh Baroukh Hou passe par lui. Or, comme il est le vecteur de l'assemblée d'Israël, parce que c'est le roi d'Israël, il fait en sorte que HaKadosh Baroukh Hou passe par lui en tant que royauté d'Israël, pour le bien de tout le peuple. Et qu'est-ce qu'il lui dit à HaKadosh Baroukh Hou ? Il va le définir, ce qui est très bizarre. On ne peut pas définir l'infini.
Mais David ne définit pas l'infini. Il va définir en fait les relations entre l'infini et le monde. La première des choses qu'il va dire: Lekha Hachem hag'doula, « à toi, Hachem, appartient la grandeur ». Qu'est-ce que c'est, la grandeur ? Il y a fait. Être grand, on a déjà expliqué à plusieurs reprises la différence entre un grand et un petit: le petit est toujours dans un désir de recevoir, alors que le grand est déjà dans le partage.
Donc c'est comme s'il disait à HaKadosh Baroukh Hou: comme tu es le roi du partage, c'est à toi qu'appartient le partage, l'amour, le hessed, la bonté. Eh bien, si je me relie à toi, que se passera-t-il ? La bonté va me traverser. Ta bonté, lorsqu'elle descendra dans ce monde, lorsqu'elle se dévoilera dans ce monde, plus exactement, [02:46] eh bien, elle me traversera, parce que je me suis relié à toi.
Deuxième définition: Véha guevoura. Qu'est-ce que c'est que la Guevoura ? La capacité à donner des limites, d'accord ? À faire un tsimtsoum, une contraction. Eizehou guibor ? Akovèch ètsro. Donc HaKadosh Baroukh Hou s'appelle Guibor. Pourquoi ? Parce qu'il ne nous donne pas la pleine lumière.
Car s'il nous donnait sa pleine lumière, on disparaîtrait. Imaginez-vous que j'éclaire cette pièce avec des milliards de volts: on ne pourrait même plus tenir, ni se voir, ni rien du tout. Alors, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de l'infini. Donc l'infini, qui a une infinité de bonté, de partage, même lorsqu'il veut donner cette bonté, qu'est-ce qu'il fait ? Il la limite. Il la contracte.
Il a rahamim. Donc c'est un acte d'amour. Il fait cette contraction pour nous laisser la capacité de recevoir quelque chose de cette bonté. Donc même sa Guevoura, même son contrôle, j'allais dire, est pour notre bien. En même temps que ça passe par moi, je répète ce que j'ai dit tout à l'heure: eh bien, cet attribut de Guevoura m'enseigne, à moi aussi, l'homme, à devenir un guibor.
Donc j'ai reçu déjà deux qualificatifs. J'ai dit à HaKadosh Baroukh Hou: je me suis relié à ton hessed, à ta bonté, à ton partage. Et maintenant, je me relie à ta façon de donner des limites. Si je me relie, c'est que je reçois les mêmes qualités en moi. Donc, à partir de ce moment-là, David HaMelekh, qui est le roi d'Israël, reçoit, acquiert deux forces: la force de la bonté, car nous devons [04:53] générer cette lumière divine pour le monde. Donc nous devons être des bons. Comme il est dit, le monde est construit par la bonté, par l'amour. Donc je suis obligé de recevoir cette première qualité.
Mais il faut le faire avec mesure. Car si je donne trop d'amour à quelqu'un sans mesurer ce que je suis en train de lui donner, je peux l'aveugler. Je peux le tuer par trop de dons. Vous comprenez ou pas ? Donc je suis obligé de donner des mesures à ce don. Ça aussi, je l'acquiers en me reliant à HaKadosh Baroukh Hou.
Troisième chose: Vé'a Tiféret. Dit David à HaKadosh Baroukh Hou: à toi appartient aussi la Tiféret. Qu'est-ce que c'est, Tiféret ? La gloire, la splendeur, magnifique, tous ces mots en français. En réalité, c'est une notion d'équilibre, donc de thérapie. Dans le mot refoua, il y a le mot Tiféret. Tiféret, c'est Terefoua, Rophé, Per. Donc splendeur, tout ça, ça ne me dit rien du tout. Mais équilibre, ça commence à me dire quelque chose de réel.
Autrement dit, la santé de l'homme est une notion d'équilibre. Toute chose qui sort de l'équilibre est déjà plus proche de la maladie. Donc la maladie est un déséquilibre, alors que la bonne santé est un équilibre de l'être, entre tous ces degrés qui l'animent, qui font de lui ce qu'il est. Morale: on dit à HaKadosh Baroukh Hou: tu n'as pas seulement la bonté, tu n'as pas seulement la mesure, mais tu as en même temps l'équilibre.
Et comme je me relie à toi, Béni sois-tu, je reçois aussi cette notion d'équilibre, qui passe par David HaMelekh, qui est le roi d'Israël, et qui passe par le peuple d'Israël. Donc on acquiert l'équilibre par lequel HaKadosh Baroukh Hou lui-même est, entre guillemets. Donc je vis de son équilibre divin, infini.
— Ken ? Est-ce que, quand on parle de l'eau chaude, ça veut dire quelque chose ? C'est l'eau chaude ou c'est de la vapeur ? Je n'ai pas compris.
— Répète ta question.
— Par exemple, est-ce que c'est comme si on avait de l'eau chaude et de l'eau froide, et qu'on en fait de la tiède ? Ou est-ce que c'est de l'eau chaude quand on va faire un thé, ou de l'eau froide quand on va faire un thé glacé ?
— Chaque valeur doit rester dans son entité. Elle ne doit pas perdre sa force pour plaire à l'autre. Mais elle doit savoir qu'elle n'est pas la seule qui révèle la vérité. Parce que la vérité, dans ce monde, se révèle par l'ensemble des révélations. Donc la chaleur doit garder sa spécificité de chaleur, le froid doit garder sa spécificité de froid, et ils doivent savoir qu'en réalité la vérité ne sort ni de l'un ni de l'autre seul, mais [07:59] de l'association de l'un et de l'autre.
Et il suffit, de temps en temps, de mettre du chaud. Mais même le chaud que tu vas mettre est un chaud qui n'est pas un chaud absolu: il a un degré de froid en lui qui te permet de le boire. Et même le froid, à quel degré tu parles de froid ? Donc même le froid a en lui de la chaleur qui va réchauffer ce froid. Morale: l'équilibre va se retrouver dans une phase centrale, qui est la troisième, la Tiféret.
Ok. La mesure, ce n'est pas l'équilibre. C'est au moment où tu donnes la mesure à la chose qu'apparaît, en fait, le troisième élément. Car si tu ne donnes que des mesures dans ta vie, non …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
- 1
Yom Yerouchalayim : du don divin à notre part activeLe passage de Nissan (Dieu nous délivre) à Iyar (nous y prenons part), et ce que Yérouchalayim révèle de la Gueoula. - 2
Yerouchalayim, entre idéal d'en haut et réalité d'en basPourquoi Yerouchalayim est un pluriel, et comment rapprocher la réalité de l'idéal divin qu'elle porte. - 3
Yom Yerouchalayim : Yerouchalayim, lieu de l'éternitéLe verset de David « Vayévarèkh » lu comme un appel à faire descendre l'infini dans ce monde. - 4
Yérouchalayim, Chamaïm et Erets : l'équilibre de la TorahLe rav relit le verset de David sur la grandeur divine : bonté, mesure et équilibre, et pourquoi Yérouchalayim est au pluriel. - 5
Yerouchalayim, lien entre Dieu et la terre d'IsraëlLe roi David, les sept attributs divins et le retour du peuple à Yerouchalayim en 1967.
Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav