L'attente de la délivrance, selon le Rav Harlap
Pourquoi l'attente active de la Gueoula a plus de valeur que la Gueoula elle-même, et comment la reconnaître déjà dans l'histoire.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La sainteté d'Israël et l'attente de la délivrance, 18 min
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Chalom à tous. Nous voici une fois de plus dans notre séminaire consacré aux différentes facettes de l'exil et de la délivrance, et, bien entendu, à la manière dont le peuple d'Israël s'inscrit à l'intérieur de ces données, qui sont des données de l'histoire, qui sont en réalité des chutes pour remonter, avec la puissance que nous devons sortir avec nous, pour extirper de nos différents exils.
Aujourd'hui, je voudrais me concentrer sur l'espérance, l'espoir et l'attente de la délivrance. La forme d'attente de la délivrance nous donne-t-elle un relief différent ? Cela ajoute-t-il quelque chose concernant la délivrance elle-même ? Avec des mots simples: en attendant la délivrance, accélère-t-on le processus ? Ou bien l'attente de la délivrance est-elle un sujet complètement différent de la délivrance elle-même ?
J'ai choisi un texte du Rav Harlap, zatsal. Je vous avais dit que nous allons développer nos thèmes à partir de ses écrits, et il traite de ce sujet; il appelle donc ce cours Hatsipia. Quelle est la valeur de cette attente ?
Avant de commencer, nous devons comprendre que le mot tsipia en hébreu ne veut pas dire seulement une attente, mais aussi une manière de voir, de visualiser, de regarder, d'observer. Le verbe litspot (à l'infinitif) ne se traduit plus seulement comme une attente de la délivrance, mais comme une vision, une capacité à entrevoir la délivrance d'Israël dans les événements de l'actualité, dans les événements de l'histoire, dans les événements de tout ce qui se passe réellement autour de nous et à l'intérieur de nous-mêmes.
Ces événements sont-ils apparemment des degrés naturels du temps qui passe et des événements qui se déroulent à l'intérieur de ce temps ? Ou bien s'agit-il plutôt d'une façon qu'a l'Éternel de faire avancer le processus de la délivrance, habillée, bien entendu, dans ces éléments de la nature ? Le Rav nous dit donc que la valeur intrinsèque qui se trouve dans cette attente, j'allais dire dans cette attente visuelle, dans cette manière d'entrevoir, de prévoir, de voir, dans les événements, comment Hakadosh Baroukh Hou fait avancer sa Gueoula, cette attente-là, cette vision-là, est supérieure à la délivrance elle-même, réelle, lorsqu'elle se réalisera véritablement, de facto, dans notre monde.
Comment est-ce possible ? L'attente de la délivrance est-elle plus importante que la délivrance elle-même ? Quel est le sens de ces paroles du Rav Harlap ? Le Rav l'explique tout de suite.
Le Rav nous dit cela parce que la délivrance est infinie. Pourquoi est-elle infinie ? Tout simplement parce que nous avons face à nous, les hommes, l'infini. C'est-à-dire que l'homme ne peut jamais arriver au bout, car le bout n'existe pas. Tout ce qui est devant nous relève de l'ordre de l'infini, et ce que nous faisons durant notre vie, c'est simplement essayer d'intégrer des morceaux, j'allais dire, d'infini, des parcelles d'infini, mais l'infini reste toujours dans son infinité.
Contrairement aux animaux, contrairement aux autres créatures, dans le minéral, dans le végétal, chez l'animal, qui sont structurés d'une manière définitive, une vache est une vache dès le premier jour de sa vie, et elle ne pourra pas devenir plus vache qu'elle ne l'est déjà. Autrement dit, ses instincts de vache fonctionnent, sont actifs, directement dès le début de sa vie. Pour cette raison, la vache est considérée comme un être statique, même s'il est en mouvement. C'est un mouvement qui, en réalité, est limité à ce qu'il est lui-même.
Bien entendu, plus on descend dans les domaines, plus le côté statique est supérieur. L'animal bouge beaucoup plus qu'une plante. Chez la plante, il va y avoir un certain mouvement, beaucoup plus lent, beaucoup plus discret, mais la fleur en question ne pourra pas changer d'identité; elle restera fleur depuis sa création, sa première pousse, jusqu'à la fin de son existence. Et si l'on descend au niveau des éléments, nous arrivons au minéral. Prenons l'exemple d'une pierre: elle va rester inerte, et elle ne peut pas être plus pierre que pierre, à tel point qu'elle est complètement statique, réellement statique, parce que son mouvement est limité à ce point.
Chez l'homme, les instincts ne sont pas activés. Les instincts ne s'activent pas tout seuls. Il faut que l'homme lui-même réactive les instincts qui se trouvent à l'intérieur de son être. Le Saint béni soit-Il nous a créés avec ces instincts, mais ils sont à l'intérieur, au plus profond de notre être, et on ne peut pas les sortir, les mettre à jour, si ce n'est par la participation de l'homme lui-même à cette élaboration.
Lorsque l'homme dévoile ce qu'il est dans son intériorité, il joue le jeu de commencer à exprimer ce qu'il est dans son être, et il va avancer, au fur et à mesure de sa vie, vers des domaines de l'ordre de l'infini. Et comme cela relève de l'infini, son avancée est illimitée. Par ce fait, l'homme ne s'appelle pas statique, mais celui qui marche: celui qui avance, celui qui a une démarche dans sa vie, celui qui va vers l'infini sans jamais l'atteindre.
Donc, ne vous faites pas de soucis si vous n'êtes pas complet: vous n'êtes pas censé être complet. Il n'y a qu'un seul être complet, c'est l'Éternel béni soit-Il. Mais nous sommes tous dans une démarche de nous compléter. En hébreu, la différence entre shalem et mishtalem: nous ne sommes pas shalem, nous ne sommes pas dans le complet, mais nous allons sans arrêt dans un mouvement qui nous complète, qui nous remplit, et ce mouvement est éternel.
Je reviens donc à ce que j'ai dit tout à l'heure au nom du Rav. Étant donné que la délivrance qui se trouve devant moi est infinie, on ne pourra jamais arriver à son bout, à sa pointe, à son extrémité, que l'on appelle le ketz. Alors comment faut-il voir ou comprendre la délivrance ? Le Rav nous donne ici un enseignement très intelligent et très important: chaque pas vers cet infini, et là nous parlons de la délivrance, chaque pas vers notre délivrance, chaque pas vers la délivrance de Dieu, c'est-à-dire chaque pas vers le dévoilement d'un degré de plus divin dans notre monde, n'est en réalité qu'une parcelle de cette même rédemption totale.
Et donc je dois savoir, voir, comment la Gueoula se dévoile devant moi, par des morceaux de Gueoula, par des parcelles de lumière qui arrivent dans le monde dans lequel je suis, par des étincelles. Au fur et à mesure de ma démarche de me compléter, j'absorbe des éléments de cet infini qui deviennent une partie de moi, mais j'ai encore l'infini devant moi. C'est ainsi qu'il faut appréhender les choses.
Quel est l'avantage de cette manière de vivre ? Tout simplement, d'abord, que l'homme ne tombe pas dans une dépression, en croyant que la rédemption d'Israël est une question de date. L'homme comprend que la rédemption d'Israël est un processus, une démarche qui se développe en réalité au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire.
Donc, tout le secret de ce texte que le Rav nous offre ici, c'est de comprendre comment entrevoir, pendant cette démarche, pendant cette marche vers la rédemption, comment bénéficier de chaque élément, de chaque partie, de …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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