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Pourim, Amalek et la joie qu'il faut augmenter

Pourquoi la Simcha se travaille à Adar, et comment la Guemara de Rabba et Rabbi Zéra lui donne sa clé.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tant de facettes font de l'ombre pour bloquer le flux, pour bloquer la diffusion de la volonté divine sur terre, qui passe par Israël. Chaque nation représente donc une forme de contradiction, que l'on appelle dans le langage de nos sages et dans la Kabbale une klipa, une écorce.

Car Israël, c'est en réalité la force de la Gueoula du monde. C'est par Israël que la Gueoula va passer. Donc, à chaque fois qu'une nation se présente devant le peuple d'Israël, à un moment donné de l'histoire, c'est pour contredire, et en même temps pour révéler. Il y a ici une double fonction. De la même manière que l'acide ronge la matière, il révèle en même temps ce qu'il y a à révéler. Chaque écorce représentée par les nations du monde est donc une nouvelle forme de révélation qui est demandée à Israël.

Nous allons nous efforcer de comprendre quelle est l'écorce qui apparaît à Pourim. J'introduis ici un nouveau sujet: chaque fête de notre calendrier vient avec sa force contradictoire, c'est-à-dire avec une nation qui représente l'antithèse de cette fête. Il y a donc un ennemi caché dans chaque fête d'Israël. L'ennemi qui se cache à Pourim, c'est Amalek. Autrement dit, sans comprendre la guerre que je dois mener contre ce concept nommé Amalek, sans savoir comment le combattre, Pourim ne peut pas être le même. Je ne peux pas révéler l'essence réelle de Pourim tant que je n'ai pas fait ce travail, tant que je n'ai pas combattu cet ennemi qui se trouve au même moment que la fête.

Première information: on nous dit que lorsque le mois d'Adar commence, il faut augmenter la Simcha. Il n'est pas écrit que la Simcha augmente d'elle-même. Ce n'est donc pas une conséquence naturelle que, dès que le mois d'Adar commence, la Simcha vienne avec. Ce n'est pas ce qui est dit par nos sages. Les sages nous disent: fais attention, dès que le mois d'Adar entre, il faut que tu augmentes la Simcha. Fais donc un effort pour augmenter le volume de la Simcha dans ta vie. Si tu ne le fais pas, tu seras à un degré de Simcha qui ne suffira plus par rapport à ce qui se passe pendant le mois d'Adar.

Je veux dire par là que nous avons un curseur dans notre vie, et sur ce curseur il est marqué Simcha. En haut, il est marqué plus; en bas, moins. On monte et on descend le volume, l'intensité de la Simcha, au fil de l'année. Le mois d'Av, on nous demande de diminuer la Simcha; le mois d'Adar, on nous demande de l'augmenter.

Première information: nous avons une seule référence dans le judaïsme, la Simcha. Le mot « tristesse » n'apparaît pas. Ou tu augmentes la Simcha, ou tu la diminues, mais c'est toujours de la Simcha. La tristesse, ça n'existe pas. Cela veut dire que j'ai une seule référence dans ma vie: la Simcha. Et ce n'est que par la Simcha que tu peux réellement fonctionner, que tu peux réellement traduire les valeurs de l'Éternel dans ce monde. Je vous rappelle qu'un prophète, qui est le révélateur des valeurs de l'Éternel dans ce monde, ne peut pas prophétiser s'il n'est pas dans la Simcha. Vous voyez que c'est une clé: la Simcha est une clé qui ouvre des portes. Sans Simcha, tu ne peux pas être prophète; sans prophète, tu n'es pas la bouche de l'Éternel, et donc tu ne peux pas jouer ton rôle dans l'histoire.

Moralité: je dois augmenter, pendant le mois d'Adar, le volume de la Simcha. Comment fais-je ? D'après vous, qu'est-ce qu'il faut faire ? Quand on boit, ce n'est pas pour augmenter le volume de la Simcha, c'est pour oublier, pour oublier sa défaite. Au contraire, boire, c'est lâcher prise complètement. Cela ne veut pas dire que tu es plus heureux: tu lâches prise parce que tu as envie d'oublier quelque chose de terrible.

Comment peux-tu augmenter la Simcha dans ta vie ? Comment peux-tu la trouver ? Qu'est-ce que tu dois faire ? À quoi dois-tu penser ? Qu'est-ce que tu dois dire ? Est-ce qu'il y a un magasin qui vend de la Simcha ? Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Prier. Quand tu dis prier, d'accord. Remercier. En te dévoilant complètement. Quoi encore ? Y a-t-il d'autres idées ? Éloigner le mal. Ce que vous dites est vrai, mais ce n'est pas ce qui va vous ouvrir réellement les portes de la Simcha. Pour ouvrir ces portes, c'est beaucoup plus simple que tout ce que vous avez dit: il faut être actif.

Tant que tu es passif dans ta vie, tu ne peux pas réellement être dans la Simcha. Quand tu entres en activité, quand tu augmentes l'activité de ce que tu fais dans la vie, il y a de la Simcha. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que tu deviens toi-même associé au mouvement de la vie. Qu'est-ce que cela veut dire, être actif ? Je vais commencer à courir dans les rues ? Non. Être actif, c'est réellement donner.

Je reprends ma phrase: pour augmenter le volume de la Simcha dans ta vie, il faut que tu apprennes à devenir un donneur. Il faut que tu arrêtes d'être un receveur, il faut que tu commences à grandir. La différence entre quelqu'un de grand et quelqu'un de petit, c'est que le petit ne fait que recevoir, et que le grand a appris à donner. En donnant, tu deviens associé au Créateur. Comme il est dit dans Téhilim: le monde ne peut être construit, édifié, ne peut se maintenir que s'il y a du hessed, s'il y a de la bonté, s'il y a du partage.

Donc, si je veux devenir participant à ce programme divin: lui, par définition, est-il donneur ou receveur ? Donneur. Si donc je veux ressembler à Dieu, entre guillemets, dans ma vie, je dois devenir à mon tour donneur. Donneur, c'est ce que je suis en train de faire maintenant: je donne. D'accord ?

Je peux donner où ? Du savoir. Je peux donner où ? De la connaissance. Je peux donner où ? De la joie. Je peux donner de l'argent, je peux donner des moyens, je peux donner, donner, donner. D'accord ? Donc maintenant, on voit que, pour coller à l'Éternel, il faut donner ce que l'Éternel donne lui-même. Je deviens comme lui dans ce monde, en petit. Je suis donc sa suite, je suis donc un bras de l'Éternel. Si je vois que l'Éternel veut donner la Torah au monde, parce qu'il la donne en permanence, et si je deviens moi-même donneur de Torah dans ma vie, j'augmente la Simcha. C'est-à-dire que je deviens comme lui.

Et lui, est-il heureux ou malheureux ? On ne peut pas se le représenter, et pourtant on le dit: nous savons que chez lui il n'y a que Simcha. Encore une fois, le seul problème, c'est que lui vit cette Simcha. C'est la Simcha elle-même qui est vivante. Toi, tu as cela en toi, mais la dévoiles-tu ou l'étouffes-tu ? Ça, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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