Le Rambam sur les Haggadot de la Guemara
Pourquoi les sages parlent en allusions, et pourquoi ceux qui s'en moquent ne comprennent pas encore.
Orot veKelim
Ensuite : Le but de l'homme selon le Rambam, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ma Shlom Krem. Juste une petite information: les garderies n'ont toujours pas repris en Israël. Cette semaine, je n'ai pas trouvé de solution pour ma fille de deux ans et demi, qui est assise à côté de moi et qui risque de participer d'une manière ou d'une autre. Mais j'ai une arme qui devrait nous permettre de passer un cours correct: des bandes-bas. Ça devrait faire l'affaire, si Dieu veut. Avec l'aide du Ciel.
Nous étions donc en train de parler des Haggadot de la Guemara, des Haggadot du Chass, et nous avions vu les sources qui nous disent que tous les secrets et les réponses aux questions existentielles se trouvent dans cette partie de la Torah, la partie du « pourquoi ». C'est pourquoi le Rambam va consacrer tout un chapitre de cet ouvrage, le paragraphe 5, pour nous parler de ces Haggadot. Il nous dit qu'il ne faut pas s'arrêter à l'aspect extérieur de ces Haggadot: elles ont l'air d'histoires un peu bizarres, on ne comprend pas tellement ce qu'elles veulent dire. Il nous dit qu'il ne faut pas s'arrêter à cet aspect extérieur, mais qu'il faut les approfondir.
Ensuite, il se demande: pourquoi les Hachamim ont-ils choisi de parler de ces profondeurs, de tous ces sujets essentiels, sous forme d'histoires un peu bizarres ? Et il nous donne quatre raisons.
La première: cela permet à celui qui les étudie de comprendre l'histoire à plusieurs niveaux, plusieurs couches, plusieurs facettes. Le fait que ce soit sous forme d'allusion laisse à celui qui l'étudie l'inspiration pour aller plus loin que ce qu'il y a dans le texte. Ce ne serait pas vrai si c'était dit de manière très claire, où le texte ne laisserait pas plusieurs sens de compréhension.
La deuxième raison: pour que ce ne soit pas mal compris par des gens qui ne sont pas au niveau. Si on dit des choses profondes à des gens qui n'ont pas encore la maturité intellectuelle pour les comprendre, ils pourraient mal les comprendre, et les comprendre de manière même dangereuse, au niveau moral, etc.
Le Rav Kook explique, ce n'est pas complètement lié mais cela peut un peu éclairer ce point, qu'il y a une providence concernant les différentes découvertes scientifiques. Il dit par exemple que si on avait dit, il y a 3000 ou 4000 ans, aux gens que la Terre était ronde, ils n'auraient pas eu une compréhension assez abstraite et mature pour se dire: mais si la Terre est ronde, alors je peux tomber à n'importe quel moment. Il faut que je m'attache au sol, que je me retienne aux objets pour ne pas tomber. La maturité n'était pas encore assez développée pour se dire que, oui, elle est ronde, mais qu'il existe d'autres forces, qu'ils appellent les forces de la gravité, qui nous tiennent bien sur Terre. C'est un peu la même chose: quelqu'un qui n'est pas prêt, cela peut ne pas lui faire du bien.
La troisième raison, qu'on avait dite, peut un peu sembler contradictoire: pourquoi cela a-t-il été mis sous forme d'histoire ? Pour que chaque personne, même les enfants qui n'ont pas encore un intellect très développé, puisse avoir une certaine appartenance à ces histoires. D'un côté, on ne veut pas que n'importe qui puisse les comprendre; mais de l'autre, on ne veut pas non plus qu'il y ait un détachement total. Si c'est trop, trop, trop secret, au point que même le pchat de l'histoire, le sens simple, n'est pas compréhensible, alors il y a un risque que les gens se détachent totalement de ces histoires, et on ne veut pas cela. C'est donc aussi pour que chacun puisse en prendre un peu. Même si c'est seulement le sens simple, et que ce sens simple a l'air bizarre, quelqu'un qui n'est pas développé intellectuellement peut quand même avoir, ne serait-ce que, quelque chose de ces concepts.
La quatrième raison, qui est la raison principale: lorsqu'on parle de choses qui dépassent l'intellect humain, qui dépassent notre propre vie, qui parlent de la création même de l'homme, il n'est finalement pas vraiment possible de les expliquer autrement que par des exemples, par des allusions, parce que cela va dépasser, d'une certaine manière, les mots informatifs.
Après tout cela, le Rambam, comme beaucoup d'autres, va nous dire, ici, — je n'ai pas fait de partage d'écran, en fait, voilà — Oul'pirach. Oul'pirach veut dire: et c'est pourquoi. Et c'est pourquoi: Raoui la Adam Yim Yavou Lé Yadou Mi Divrihim Inyan Shiachike Ouassechel Léphim Arshaftou Shélo Yéyachès Afrisaron Leotam Adévarim.
Bon, c'est pourquoi. Il est, il est bon canon.
Quelqu'un qui rencontre ce genre de Haggadot, ce genre d'histoire, et qui se dit: c'est extrêmement loin de toute compréhension intellectuelle, je ne comprends rien à ce que ça veut dire, on dirait des histoires à dormir debout, qui ont l'air totalement bizarres. Eh bien, cet homme-là doit comprendre que le manque n'est pas dans l'histoire. Ce n'est pas l'histoire qui est bête, c'est toi qui es bête. C'est ce qu'il dit: le manque ici, le manque de compréhension, n'est pas dans l'histoire même, mais dans ton intellect. Le manque
se trouve donc dans son intellect. Et lorsqu'il voit qu'il y a quelque chose d'extrêmement loin de sa compréhension, qu'il ne comprend rien, qu'est-ce qu'il doit faire ? Raoul Lo Yé'ché Yé'ichal Israël: il doit avoir de la peine, être désolé, et se dire: mais comment est-il possible que je sois aussi loin de la compréhension ? Il rencontre à ce moment-là son propre manque, et non le manque des Hachamim.
C'est beaucoup plus simple, bien sûr, lorsqu'on rencontre quelque chose qu'on ne comprend pas et qui a l'air bête, de dire que c'est la chose qui est bête. Et parfois c'est vrai, je ne dis pas le contraire. Mais lorsqu'il s'agit des Hachamim, de gens qui ont reçu la Torah, qui sont capables, dans d'autres sujets, de halakha, de nous dire des choses extrêmement complexes, eh bien, il est bien entendu que le manque n'est pas chez eux, mais chez nous. Donc, Raoul Oleyter Me'od, Al Sichlo Acherlo Evina Kavana: il a de la peine sur son propre niveau intellectuel. Il rencontre son manque, et il voit que les vérités dites dans ces histoires sont très loin de lui.
Et là, le Rambam nous dit, en substance, que les intellects, les intelligences, sont différents d'une personne à l'autre, et qu'il peut y avoir des personnes plus intelligentes que d'autres, comme Kei Yitaron Mezagim. On va traduire mezeg ici par le tempérament. Le verbe limzog veut dire fusionner, mélanger. Par exemple, on utilise ce terme lorsqu'on mélange différents vins, ou de l'eau avec du vin: quand on met de l'eau dans son vin, cela s'appelle limzog.
Le tempérament, finalement, c'est quoi ? C'est une fusion de différentes forces de l'homme. On a de l'intelligence, de l'émotion, de l'imaginaire, toutes sortes de forces, mais chacune dans des pourcentages différents. Les pourcentages d'une personne vont donc constituer son mezeg, son tempérament, sa fusion personnelle. Il y a des tempéraments qui sont, on …
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