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Israël, sa vie et ses souffrances selon le Rav Kook

Le lien entre nature et miracle, puis l'histoire d'Israël lue à travers ses souffrances.

1 h 00

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le christianisme, un vol d'identité juive selon Rav Kook, 1 h 01

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Très bien. C'est un texte un peu complexe, qui comporte plusieurs éléments. Tout d'abord, on revient ici à l'idée classique de la liaison entre la nature et le miracle. De manière générale, chez le Rav, il y a toujours une recherche d'unité: unité entre le corps et l'âme, entre le nigleh et le nistar, c'est-à-dire ce qui est révélé et ce qui est caché.

Entre le miracle et la nature, entre les forces nationales et les forces spirituelles, il y a toujours cette recherche de l'unité. Ça, c'est le premier point. Et deuxièmement, nous allons découvrir également une analyse intéressante de l'histoire d'Israël à travers ses souffrances.

Quand on parle de l'histoire d'Israël et des souffrances, en général, c'est à peu près la même chose. Nous allons voir à quoi ça correspond. Voilà, ça, c'est, disons, le plan général du texte que nous allons étudier. Je m'y lance.

De même que le pchat et le sod sont liés l'un à l'autre. Qu'est-ce que veut dire pchat et sod ? Il y a souvent ce qu'on appelle la tentation allégorique. Par exemple, à la fin de l'époque du Deuxième Temple, il y avait un philosophe juif à Alexandrie du nom de Philon, qui a inventé ce qu'on appelle la lecture allégorique de la Torah.

C'est quoi, la lecture allégorique ? Eh bien, la Torah parle de quelque chose au niveau du pchat, mais elle parle de tout à fait autre chose au niveau du sod. Cette vision des choses a divisé la Torah en deux lectures totalement opposées, enfin, pas opposées, mais étrangères l'une à l'autre. Et cela a été par la suite repris par le christianisme. Le christianisme a souvent la tendance à considérer le texte de la Torah comme étant un texte allégorique.

Par exemple, quand la Torah dit qu'il ne faut pas manger du cochon, eh bien, les chrétiens disent que les Juifs sont aveuglés et pensent que quand la Torah dit qu'il ne faut pas manger du cochon, ça veut dire qu'il ne faut pas manger du cochon. Est-ce qu'ils sont quand même limités, ces Juifs ? Les Juifs auraient dû comprendre que l'intention véritable de la Torah est de dire qu'il ne faut pas salir son âme par des défauts, de même que le cochon se salit dans les ordures. Mais la chair du cochon n'a jamais été interdite, parce que ce texte n'est qu'une allégorie.

Alors évidemment, quand Philon d'Alexandrie a dit qu'il y avait deux niveaux dans la Torah, il ne voulait pas évacuer le premier niveau, qui est le niveau du pchat. Mais il voulait également ajouter un deuxième niveau, qu'on appelle l'allégorie. Il y a une différence profonde entre la lecture allégorique de la Torah et le sod. Le sod, le secret de la Torah, n'a rien à voir avec l'allégorie. C'est important de le comprendre.

Le sod de la Torah est la profondeur du pchat, et le pchat véritable est la révélation du sod. Le Gaon de Vilna disait que pour savoir si une compréhension d'un verset au niveau du pchat est véritable, il faut voir si elle correspond au sod. Et pour savoir si une idée dans le sod est véritable, il faut voir si elle correspond au pchat.

Donc il y a ce qu'on appelle ici la liaison du pchat et du sod, de même que le pchat et le sod sont liés l'un à l'autre. De même, c'est le fondement de l'unité entre la loi écrite et la loi orale. En effet, la loi écrite dit certaines choses, la loi orale en dit d'autres. Par exemple, la loi écrite dit que si on blesse l'œil de son prochain, alors il y a « œil pour œil ». C'est-à-dire qu'il faut enlever l'œil de celui qui a enlevé l'œil. Tandis que la loi orale nous dit qu'il faut payer une somme d'argent.

Alors, y aurait-il une contradiction entre la Torah shebiktav et la Torah shebe'al pé ? Non. Ça, c'est le travail de l'étude: montrer qu'en fait, l'un et l'autre s'interprètent. C'est-à-dire qu'on ne se base pas sur l'idée qu'il faudrait payer quand on a blessé l'œil du prochain, ni sur l'idée qu'il faudrait enlever l'œil. Mais parce que l'œil était remplaçable: si on pouvait remplacer un œil par un œil, c'est ce qu'on ferait. Mais étant donné que ce n'est pas possible, on paye de l'argent. Il y a donc une relation directe entre la Torah shebiktav et la Torah shebe'al pé.

Vous pourrez approfondir la chose, mais pour l'instant, on va s'en sortir de là. Il y a encore une deuxième, une troisième liaison: ha-hitbonenut peniet, ha-hitbonenut hitsonit. La contemplation intérieure avec la contemplation extérieure. Vous savez que chez les mystiques, il y a toujours cette tentation de se réfugier dans la vie intérieure. Et donc, la vision extérieure des choses serait tout à fait inutile, elle serait futile. Eh bien non: d'après la tradition, ce que nous voyons dans l'intérieur et ce que nous voyons dans l'extérieur ne sont pas exactement la même chose, mais il y a une relation.

Ba'olam, ba'haïm, ba'mitsvot, ba'tsiyour, ba'adam, ba'havaya. Tout cela, cette unité de la vision intérieure et de la vision extérieure, aussi bien dans le cosmos, dans la vie, dans la réalité, dans les mitsvot – ça veut dire les trajectoires –, dans le style, dans l'homme et dans l'être. C'est-à-dire que dans tous les niveaux de contemplation, on peut voir un rapport entre la vie intérieure et la vie extérieure, la vision intérieure et la vision extérieure.

Donc nous avons, pour l'instant, fait trois liaisons: du pchat et du sod, de la loi écrite et de la loi orale, de la vision intérieure et de la vision extérieure. De même, ça, c'est le quatrième niveau: l'unité entre le miracle et la nature. C'est-à-dire que certains vous diront: « Je ne vois la main de Dieu que dans la nature. Le miracle est une sorte de bizarrerie. » D'autres vous diront: « Non, je ne vois la main de Dieu que dans le miracle. C'est la nature qui est un écran, qui nous cache la vérité. »

Et ce que nous dit ici le Rav Kook, c'est que la vision monothéiste exige l'unité du miracle et de la nature. C'est vrai aussi bien dans la conduite que dans la émouna, c'est-à-dire dans la pratique comme dans la émouna. L'approfondissement pénétrant, mais réunit ce qui est séparé, alors que le cheminement moyen les sépare.

C'est-à-dire que si, par exemple, vous voyez du mal dans le monde – nous lisons la presse, nous écoutons les médias, et nous savons qu'il y a beaucoup de mal –, on peut dire: il y a le bien, il y a le mal, une dichotomie. Ça, c'est ce qu'on appelle la vision moyenne, le chvil haBenoni, le cheminement moyen, dans le sens de médiocre. Par contre, dans la vision profonde, on voit comment le bien et le mal participent ensemble de la même finalité.

Cette idée, ça, c'est le sod. Au niveau du sod, il y a une vision qui permet de voir comment tous les éléments de …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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