La connaissance qui mène à la richesse
Rabbi Elazar enseigne que la connaissance rend riche : être content de sa part, et non posséder beaucoup.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les tsadikim ressuscités appelés kadosh : le sens du mot, 51 min
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Tsadik bête, Hamoud Aleph, dans les lignes larges. Qu'est-ce qu'il y a ? C'était quoi la blague ? Un tsadik bête, c'est ça, c'est ça. C'est comme lorsqu'on rentre dans la forêt et qu'on voit que tous les arbres ont été coupés. Et c'est alors le Chassid de Brassab qui explique que, comme c'est Tou Bichvat, c'est Roch Hachana des arbres, ils sont tous à Oumane. Bon, Vehamar Rabbi Elazar. Donc c'est ici dans une série.
L'enseignement de Rabbi Elazar s'enchaîne sur les précédents. On avait vu que la Daat, la connaissance, était équivalente au Beit Hamikdash. C'est-à-dire que le Beit Hamikdash est le lieu de la connaissance de Dieu. Or, si l'on est capable d'accéder à la connaissance, même sans passer par le Beit Hamikdash, c'est comme si le Beit Hamikdash était construit de son vivant. C'est-à-dire que le Beit Hamikdash, c'est l'homme lui-même. Je crois avoir cité une source qui indique que le… Merci.
Le cœur peut être considéré comme le Kodesh HaKodashim, comme le Saint des Saints de la personne humaine. Vehama Rabbi Elazar ajoute: Kol adam chéyech bo daat, tout celui qui est doué de connaissance, sof mit'acher, à la fin s'enrichit. Chénéemar, ainsi qu'il est dit: oufda'at, par la connaissance, hadarim imal'ou, les chambres se rempliront, kol hon yakar vénaïm, de toute richesse rare et agréable.
C'est-à-dire que la connaissance entraîne la richesse. C'est quand même bizarre. La connaissance, c'est du spirituel. La richesse, c'est du matériel. Pourquoi y aurait-il un rapport entre le spirituel et le matériel ? On pourrait dire au contraire que celui qui se consacre à la connaissance ne peut pas être riche. Pour être riche, il faut se consacrer à d'autres choses: aux biens, à l'acquisition, à beaucoup de choses, des investissements qui demandent beaucoup d'efforts à l'homme. Et donc on ne peut pas consacrer sa tête à la connaissance, la connaissance spirituelle, quand on est occupé à devenir riche. Alors pourquoi la Guemara nous dit-elle que celui qui est doué de connaissance finit par devenir riche ?
En fait, je pense qu'il faut insister sur le mot sof, « à la fin ». C'est à la fin qu'il devient riche. C'est-à-dire que si l'on veut être riche tout de suite, il faut s'occuper de richesse. Mais si l'on veut être riche à la fin, il faut s'occuper de spiritualité. Ce qui est vraiment important, c'est la connaissance, et la richesse viendra d'elle-même. C'est-à-dire qu'on est finalement comblé dans ses nécessités, dans ses besoins.
Parce qu'on est habité de connaissance, c'est-à-dire qu'on est comblé. Est-ce que cela veut dire qu'on devient très riche ? Certainement pas. Cela veut dire simplement qu'on a la suffisance. Puisque le principe des Hachamim est Eizehou... hachi rasamer behelko, qui est riche ? Celui qui est content de sa part. La connaissance nous permet d'être contents de notre part. Et donc on devient riche par la connaissance. C'est littéral: si vous avez beaucoup de biens et que vous n'en êtes pas contents, c'est comme si on n'avait rien. Tandis que…
Quand on a un peu de bien et qu'on en est content, on est véritablement riche. Maintenant, il y a aussi autre chose. Vous savez que d'après la Guemara, on ne peut être prophète que si l'on est riche. Pourquoi ? Parce que la richesse, c'est la plénitude, la perfection de la personne humaine. Ce n'est pas la seule perfection. Il y a plusieurs perfections, qui sont Hachem, Gibor et Achir. Il faut être sage, vaillant et riche. Mais si l'on manque de quelque chose, d'un des éléments de la vie, alors on n'a pas l'esprit totalement équilibré.
C'est pour cela que la richesse sert de substrat à la prophétie. Mais non, souvent la richesse empêche l'étude. Quand on est riche, on est moins intéressé par les choses spirituelles, cela arrive aussi. Mais il s'agit de celui qui sait mettre… qui a une échelle véritable. Ce qui se place au-dessus de l'échelle, c'est la connaissance. Et puis, par voie de conséquence, il devient riche.
Donc j'en étais… ah, c'est ça: oufda'at, hadarim imal'ou. Ah, vehama Rabbi Elazar. Maintenant nous avons un autre enseignement de Rabbi Elazar, extrêmement surprenant. Rabbi Elazar était un rabbin, un rabbin juif. Les rabbins juifs sont charitables. Nous allons voir un enseignement de Rabbi Elazar qui semble aller contre cette image: vehama Rabbi Elazar: kol adam chéeïn bo daat, tout homme qui n'a pas de connaissance, al rachem alav, il est interdit d'avoir pitié de lui.
Chénéemar, ainsi qu'il est dit: ki lo am binot hou, car ce n'est pas un peuple d'entendement. Al ken lo yerahem ossó oselo, c'est pourquoi celui qui l'a fait ne le prendra pas en pitié, veyotser lo yehoneno, et son créateur ne lui fera pas grâce. Donc ce n'est pas seulement Rabbi Elazar qui n'a pas l'air sympathique: c'est également le prophète, qui dit que si l'on n'a pas la connaissance, il ne faut pas en avoir pitié.
Cela est également cité dans l'introduction du Messilat Yécharim du Ramhal: kol mi-chééin bo daat, ou bien kol adam chéeïn bo daat, sur le rachem alav. Quelle est la logique morale de cet enseignement ? C'est très simple. Si l'on n'a pas la connaissance, le seul moyen de la faire acquérir, c'est de ne pas en avoir pitié. Parce que si l'on a pitié de moi alors que je suis sans connaissance, je resterai sans connaissance, ce qui est vraiment misérable.
C'est-à-dire que si quelqu'un, par exemple, ne veut pas prendre d'initiative pour faire avancer sa vie, on dit: c'est très bien, mon fils reste comme ça. On le transforme en une patate douce installée sur un canapé qui ne fait rien de sa vie. Tandis que si on lui dit: tu veux manger ? Eh bien, il faut travailler pour ça. On ne l'a pas pris en pitié. C'est comme cela qu'on le fait avancer. C'est-à-dire que c'est par pitié qu'il ne faut pas le prendre en pitié.
Avez-vous compris ? Voilà. Bon. Oui ? Très bien. C'est-à-dire qu'on a le sentiment que cette histoire de connaissance est vraiment déplacée, puisque la Torah est contre la connaissance, n'est-ce pas ? Puisqu'elle a interdit au premier homme de manger de l'arbre de la connaissance. Donc c'est très grave, la connaissance. La Torah préférait l'ignorance, n'est-ce pas ?
— Hein ? Non, c'est effectivement ce qu'on peut penser. D'ailleurs il y avait un goy du nom de Blaise Pascal.
Qui, philosophe et scientifique qu'il était, considérait que l'intelligence est un obstacle à la émouna. N'est-ce pas ? Ce qui est effectivement très chrétien, n'est-ce pas ? La connaissance qu'on ob… hein ?
— Oui, mais quoi qu'il en soit, la Torah emploie le même terme: l'arbre de la connaissance. Le mot daat est employé ici et là-bas. Dans ce cas, la Torah aurait dû employer un autre mot. Je ne sais pas, yedia ou havana ou je ne sais pas quoi. Tandis que là, on nous dit daat. Oui ?
Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki
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