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Trois à table et les paroles de Torah selon Pirké Avot

La table comme autel : pourquoi la Michna compare un repas partagé au sacrifice ou à la table de Dieu.

44 min

Rav Shaoul David Botschko

Ensuite : Pirké Avot 3 : la présence de Dieu et la modestie, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Voici une Michna de Rabbi Shimon, Rabbi Shimon bar Yochaï, que nous connaissons tous pour sa grande sainteté. Il y a donc ici une Michna de Rabbi Shimon bar Yochaï. D'abord, bonjour à tous, bonne santé à tous, que tous soient bien.

Rabbi Shimon dit: Shloshah she'akhlou al hashoulhan ehad, trois personnes qui ont mangé à la même table, ve-lo amrou alav divrei Torah, et qui n'ont pas dit de paroles de Torah, ke'ilou akhlou mizivchei metim, c'est comme s'ils avaient mangé des sacrifices de morts.

C'est marqué dans Yeshayahou: ki kol shoulhanot mali kie tsoa bli makom, toutes les tables sont pleines de vomi, de saleté, sans aucun endroit propre. Donc, trois personnes qui ont mangé à la même table et qui ont dit des paroles de Torah, ils ont comme s'ils avaient mangé de la table de Dieu: ke'ilou akhlou mi-shoulhan Hachem. C'est la table qui se trouve devant HaKadosh Baroukh Hou.

Voilà, nous avons traduit la Michna et nous allons essayer de l'expliquer avec le commentaire du Bartenoura. D'abord, le Bartenoura nous dit quelque chose de très étonnant: Shloshah she'akhlou al shoulhan ehad, ve-lo amrou alav divrei Torah... Alors, dit le Bartenoura: avec la Birkat Hamazon, que l'on dit à la fin du repas, on accomplit l'obligation de dire un dvar Torah, c'est considéré comme s'ils avaient dit des paroles de Torah.

Cela, ce n'est pas de moi, dit le Bartenoura, c'est un commentaire que j'ai entendu. Les ifrémétim — ils disent korbanot avodah zara — les ifrémétim sont quelque chose qui est en rapport avec l'idolâtrie. Voilà ce que nous dit le Bartenoura.

Le Tosfot Yom Tov va faire remarquer que cette explication, qu'avec la Birkat Hamazon ça suffit, est une explication un petit peu étonnante. Parce que l'idée de cette Michna, ce n'est pas de faire ce que tout le monde doit faire. La Michna de Pirké Avot, c'est pour nous enseigner des conduites respectables, importantes. Dire la Birkat Hamazon, c'est évident, on n'a pas besoin d'une Michna pour nous dire qu'il faut dire la Birkat Hamazon.

Il faut quand même dire merci au Bartenoura, parce que quelquefois on nous dit de dire de vrais dvar Torah, et le Bartenoura nous dit que vous n'avez pas mangé des ifrémétim. Il faut essayer de comprendre cette notion d'ifrémétim, et puis celle de sacrifices de morts, c'est une expression vraiment très étonnante.

Ensuite, Shloshah she'akhlou: trois qui ont mangé à la même table et qui ont dit des paroles de Torah, c'est comme s'ils avaient mangé de la table de Dieu. Il faut essayer de comprendre pourquoi. En fait, il y a un point commun entre la première partie de la Michna et la deuxième partie: dans les deux parties, on considère la table comme un autel. Pas un autel avec un H, mais un autel avec A-U-T-E-L.

Dans la première partie, on ne dit pas: « c'est pas bien, c'est une faute, ce sont des pécheurs ». On dit: c'est comme s'ils avaient apporté des ifrémétim. Zeva, c'est un sacrifice, un sacrifice de mort. Dans cette Michna, Rabbi Shimon bar Yochaï nous dit: sachez que votre table, c'est un Mizbéa, un autel. Vous pouvez en faire du bien ou du pas bien. Si vous faites du bien, c'est comme si vous aviez mangé de la table de Dieu; si vous faites pas bien, c'est zifré Beti.

Cette notion, que manger, être à table, est une notion a priori: avant même de dire un dvar Torah, dès l'origine, la table est un mizbéa. C'est un grand hidouch de cette Michna: la table est un autel. Comment ça, la table ? On mange à table, quel est le rapport avec un autel ? C'est important de se souvenir que dans le Beit Hamikdash, dans le Hechal, dans l'endroit saint, il y avait trois meubles: la Ménorah, le Kondelab, l'autel d'or, et puis la table, le Shoulhan.

La table se trouve dans le Hechal. Qu'est-ce qu'il y avait sur la table ? Il y avait des pains, les lehem hapanim. Donc, a priori, une table, c'est une mitsva, une table, c'est quelque chose de saint. Pourquoi ? Parce que, voyez-vous, on vit dans un monde où il y a une séparation complète entre le sacré et le profane. Dans cette conception de la Michna de Rabbi Shimon bar Yochaï, il dit: manger, c'est saint. Pourquoi ? Parce que c'est saint, et ça y est.

C'est saint et c'est sainteté. Qui nous donne le pain ? HaKadosh Baroukh Hou, béni soit-Il. Cette activité essentielle de l'homme, manger, est a priori une activité qui doit être sainte. Et si on va dans cette sainteté, c'est très bien; sinon, on fait un mauvais sacrifice. A priori, la table est un rapport entre l'homme et HaKadosh Baroukh Hou. C'est très étonnant.

On comprend qu'a priori la maison d'études ou la synagogue, c'est l'endroit de servir Hachem. Ça se comprend. Et ensuite, si on fait des livrets de Torah là-bas, c'est très bien; si on fait des blagues, ce n'est pas bien. Ça, on le comprend, parce que c'est quelque chose de saint. Et Rabbi Shimon bar Yochaï, dans sa grande sainteté, a vu dans la table où l'on mange un autel, un endroit pour servir Hachem.

Un problème de son est survenu, il est réglé. S'il y a une question, vous pouvez m'arrêter, pas de problème. Voilà, c'est pour expliquer pourquoi l'on nous parle d'ifrémétim et rien d'autre. Je vous ai dit aussi que le Tosfot Yom Tov dit que la Birkat Hamazon n'est pas suffisante. D'autres disent que dans la Birkat Hamazon il y a beaucoup de choses de Torah.

D'abord, on remercie HaKadosh Baroukh Hou pour la nourriture. Ensuite, dans la deuxième bénédiction, on parle d'Erets Israël. Dans la troisième, on parle de Yerouchalayim et du Beit Hamikdash. Ce que fait le Bartenoura: même si vous n'avez pas vraiment dit de vrais dvar Torah, en disant la Birkat Hamazon, on n'est déjà pas dans le cadre des ifrémétim. On n'a pas fait de notre table quelque chose qu'il ne fallait pas.

Dans la deuxième partie de la Michna, on nous dit qu'il n'y a pas eu de livrets de Torah. On n'a pas dit qu'il y a eu des bêtises. On a dit simplement qu'il n'y a pas de dvar Torah. C'est une parole très, très sévère. Dans beaucoup d'endroits, on dit un dvar Torah avant la Birkat Hamazon, au milieu du repas. Il faut dire un dvar Torah.

Il faut quand même faire attention dans la vie avec la famille. Les enfants ont besoin de parler, de raconter ce qui s'est passé. Il ne faut pas les faire taire. Il faut garder la convivialité de la table familiale. Le mieux, c'est que les paroles de Torah entrent dans la discussion elles-mêmes, sans avoir besoin de dire: « Attention, maintenant, dvar Torah ! » Il faut s'efforcer, dans le cadre des discussions qu'il y a dans toute maison, dans toute famille, que la parole soit une parole saine, bonne, encourageante. C'est …

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