Ticha BeAv, transformer le deuil en danse
Comment le jour de Ticha BeAv renferme la clé de l'espoir, à partir de Zacharie, Gittin et du renversement du mispéd en mahol.
Orot veKelim
Ensuite : Kfir Itzhak Franco, un vignoble à la mémoire d'un soldat, 9 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Salaam alaykhem, bonjour. Comme tu l'as dit, on ne peut pas dire bonjour, alors je l'ai dit de manière générale. J'ai marqué... je ne pensais pas à la famille Franco, mais en tout cas, je suis dédié, puisqu'en principe Élie devait parler avant moi. Aussi, le Limoud Nichmatov, le Limoud de Yossef Avener, le fils d'Élie et Rachel, bien entendu aussi.
Le fils de la famille Franco, j'ai écouté leur intervention, qui était très émouvante. Et je dois dire qu'il y a quelque chose d'extrêmement impressionnant: dans la Guemara de Guitin, on dit qu'au moment de la révolte de Bar Kokhba, autour de Bétar, justement, les Romains ont mis les cordes de ceux qui étaient tués, les soldats juifs, autour de la vigne.
Et que lorsqu'ils ont été enterrés, on a institué une bera'hah spéciale, qui est la bera'hah Hatov vehamétiv, quand on boit deux vins différents. Donc je pense qu'il y a ici une signification incroyable dans le fait que leur vigne, votre vigne, s'ils nous écoutent, se trouve juste à côté de Bétar, et qu'elle est complètement liée à cet espoir de passer de la mort à la vie. Alors, je vais commencer comme j'ai l'habitude, avec une tefila habituelle sur notre situation.
## Le jour de Simhat Torah et la double difficulté
Le sujet du cours d'aujourd'hui part d'un enseignement sur l'actualité, qui, je pense, est extrêmement important. On se trouve dans une situation, depuis le jour de Simhat Torah, d'une difficulté qui est double. Premièrement, la grande difficulté de ce qui s'est passé ce jour-même, que ce soit au niveau de l'échec militaire, on pourrait dire, et politique qui est arrivé, et aussi le prix de ce que ça a coûté, avec tous ceux qui sont tombés, blessés, les chatoufim. Que les blessés soient guéris, que les chatoufim soient libérés, et que les nofim soient vengés.
Et puis aussi, le fait que depuis que nous sommes en guerre, il y a malheureusement pratiquement tous les jours encore des soldats et des civils qui paient le prix de cette guerre: que ce soit ceux qui tombent, comme ceux que j'ai mentionnés tout à l'heure, la famille Durand et Franco, et aussi les blessés, et tous ceux qui sont autour, qui sont touchés, les mishpokhot, etc. D'un autre côté,
il faut remarquer, et j'ai entendu les intervenants précédents qui y ont fait mention, que depuis le jour même de Simhat Torah et surtout après, nous sommes dans une guerre dans laquelle nous sommes victorieux. C'est-à-dire que nous gagnons la guerre contre nos ennemis, de manière journalière, à hasard, et puis avec de grands faits d'armes: comme notre défense contre la première attaque des Perses, des Iraniens, et le fait qu'on a réussi à tuer Nasrallah, Sinouar, etc. Ce sont des faits d'arme, mais aussi au jour le jour. Et du coup, on est en balance, on pourrait dire permanente, tous les jours. Notre nefesh, notre esprit, balance entre la joie de la victoire, ou la fierté de la victoire, et puis la tristesse qui accompagne tous les événements, que ce soient
les séquelles de ce jour traumatisant, terrible, ce jour de Simhat Torah, et aussi tout ce qui nous accompagne au jour le jour, même, je dirais, dans les difficultés et dissensions qui se trouvent à l'intérieur du peuple juif, de ces dissensions dont Aboul Richer parle, par exemple, dans son chiour à propos de la sinéphrine. Comment gérer ce genre de choses, de vivre en même temps ces deux choses-là ?
C'est le sujet dont je voudrais parler, c'est-à-dire de voir les choses. Et pour l'étudier, on est aujourd'hui à Ticha BeAv. Je voudrais étudier plusieurs textes qui nous montrent que le jour de Ticha BeAv est le jour qui nous donne la clé de cette difficulté existentielle dans laquelle on se trouve, au paroxysme, depuis le jour de Simhat Torah. On peut dire que, de toute façon, le peuple juif, depuis toujours, surtout depuis le Hourban, depuis la destruction du Temple, se trouve dans ce paroxysme entre
le désespoir et l'espoir, entre le yéouch et la tikva, l'espérance. Mais malgré tout, ce qui s'avère, c'est ce qu'on va étudier aujourd'hui, dans notre cours: le jour de Ticha BeAv lui-même est un jour du renversement, c'est-à-dire que d'un côté il y a le deuil et de l'autre côté l'espoir, qui se trouve dans le jour de Simhat Torah lui-même. Et c'est pour ça que j'ai donné comme titre: Hafakhta mispedi.
Il y a une aliya, un renversement du mispéd, le deuil. On va voir comment les traducteurs l'ont rendu: « Tu as renversé mon deuil en danse joyeuse pour moi. » Alors c'est ce thème qu'on va étudier, mais à propos de Ticha BeAv lui-même. On va tout d'abord prendre un texte d'étude dont le thème est très connu, mais il y a une différence entre connaître le thème en une phrase et étudier.
## Ticha BeAv, jour de renversement
À Ticha BeAv, comme a dit Rav Shaoul David, on peut étudier seulement des choses qui sont liées à Ticha BeAv. Et ce texte, qui se trouve dans le Yerouchalmi, Brakhot, chapitre 2, 4, et aussi dans le Midrash Eïcha Rabba, c'est-à-dire le Midrash Rabba sur Méguilat Eïcha, nous dit quelque chose que nous connaissons. C'est que le jour de Ticha BeAv, la source du fait que, d'un côté, c'est un jour triste, mais que, d'un autre côté, ce n'est pas un jour aussi strict: par exemple, il y a certaines halakhot du fait que, justement,
à partir de Min'ha, de l'après-midi, on peut arrêter d'être complètement en deuil. C'est pour ça qu'on s'assoit déjà sur une chaise, on dit « Nahem » dans la Amida pour ceux qui le disent à Min'ha. Il y a aussi des coutumes de commencer déjà à nettoyer la maison, à partir de Min'ha, à Yerouchalayim. Et tout cela est cité aussi par le Chaar HaKavanot, c'est-à-dire le Ari HaKadoch, le Rabbi Haïm Vital, à propos de cet enseignement. Eh bien, tout ça est lié, entre autres, au fait que, dans ce Midrash, on a dit qu'autant le Temple a été détruit, autant le Machia'h est né le jour de Ticha BeAv.
Alors, dire que le Machia'h est né le jour de Ticha BeAv, on va voir que si on lit le texte dans le Yerouchalmi au pied de la lettre, ça semble un petit peu bizarre, parce qu'on parlerait d'un Machia'h qui serait né le jour même de la destruction du Temple par les Romains, il y a 2000 ans. Mais en fait, il faut bien entendu, comme tous les grands commentateurs, le voir à un deuxième niveau. C'est-à-dire qu'il y a, dans le jour de Ticha BeAv, cette force potentielle de destruction et cette force potentielle de reconstruction.
Je vais quand même citer, pour ouvrir cela, l'enseignement de Manitou, qui disait qu'il y a une différence entre Shoah et Hourban. La destruction du Temple, c'est Hourban Beit Hamikdash, et ce n'est pas Shoah, ce n'est pas Shoah Beit Hamikdash, etc. Il disait, dans sa phrase, une clé très claire: Hourban, c'est …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
Dans la même série
Toutes les vidéos de la chaîne, de la plus récente à la plus ancienne.
- 203
Saadia Yaakov Dehri, de l'individu au collectifLe père de Saadia Dehri raconte comment sa famille a enseigné à passer après soi le peuple, la terre et la Torah. - 204
La sortie d'Égypte, archétype de la santé mentaleLe mot machber (souffrance qui brise) et l'esprit de galout, lus à partir de Yona, Iyov et Daniel. - 205
Présentation de la yechiva en ligne d'Orot veKelimQui sont les rabbanim, comment se déroule l'étude annuelle et comment rejoindre les cours du dimanche et du jeudi. - 206
Lancement Officiel de l'Année 2024-2025 : Rejoignez-Nous ! - 207
Ticha BeAv, transformer le deuil en danseComment le jour de Ticha BeAv renferme la clé de l'espoir, à partir de Zacharie, Gittin et du renversement du mispéd en mahol. - 208
Kfir Itzhak Franco, un vignoble à la mémoire d'un soldatLes parents de Kfir racontent son engagement et le vignoble planté en son nom à Har Hévron. - 209
Le deuil, le Kaddish et l'optimisme d'IsraëlUn père témoigne de la mort de son fils Joseph à Gaza et du sens du Kaddish. - 210
Gaël Grunewald : reconstruire les kibboutzim de GazaLe 7 octobre vécu à Shlomit, le rôle du Mizrahi et le défi du retour dans l'enveloppe de Gaza. - 211
Ticha BeAv et la faute des explorateursPourquoi le premier Ticha BeAv est lié au refus des explorateurs d'entrer en Erets Israël. - 212
Le mois de Chvat et la sortie d'EgypteLe temps et l'espace comme entités vivantes selon le Sefer Yetzira, et ce que révèle le mois de Chvat.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav