La force de mon bras : Dévarim 8 et la guerre
Rav Cherki répond à des chrétiens : la Torah interdit-elle de dire « la force de mon bras » ?
Rav Oury Cherki
Ensuite : La sainteté de l'indépendance selon le Rav Cherki, 37 min
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## Une rencontre avec des ecclésiastiques
Je voudrais d'abord commencer par un récit, une histoire. Un jour, Manitou Zihono Liwaha m'a demandé de bien vouloir rencontrer un groupe d'ecclésiastiques catholiques qui avaient demandé à me rencontrer. J'ai demandé à Manitou: « Mais pourquoi le faire ? » Il me dit: « Pour ne pas leur dire non. » Bon, d'accord, j'ai accepté de ne pas dire non.
Et le sujet qui m'a été proposé, c'était la signification religieuse du Yom Ha'atzmaut. Alors, nous avons discuté pendant deux heures et demie. Je ne voudrais pas dire qu'ils ont connu leur douleur, mais en tout cas, ça a été extrêmement profond. C'est rentrer dans les profondeurs de la de la problématique chrétienne.
Et je pense que ça nous concerne, étant donné que, comme l'a dit Laura Fison, le retour d'Israël a des conséquences universelles. Il faut se rappeler que le christianisme est le noyau spirituel de la plus grande civilisation mondiale, qui est la civilisation occidentale. Et donc, il y a une importance à entretenir un dialogue, en tout cas une communication avec le monde chrétien. Et la question…
Ah bien voilà, vous avez ici, en tchèque, Shoshana Behar nous a envoyé tous les détails nécessaires pour la prière de Yom Ha'atzmaut. Bon, d'accord, j'accepte que des gens par tchèque introduisent également un message publicitaire, ça ne dépend plus de moi.
Bon, maintenant, je reviens à cette rencontre que j'ai eue avec ce groupe d'ecclésiastiques, pourrait-on dire sympathisants d'Israël, pour tout vous dire, qui m'ont posé la question de savoir:
Quelle était la signification religieuse de Yom Ha'atzmaut ? Alors, je l'ai expliqué: il n'y avait aucune signification religieuse à Yom Ha'atzmaut, de même qu'il n'y a aucune signification religieuse à la fête de Pessah, ou au jour du Chabbat, et à aucun des commandements de la Torah, étant donné que la Torah, le judaïsme, n'est pas une religion, mais une identité nationale.
Et donc, ce que nous faisons à Yom HaTzmaout ou à Pessah, et dans toutes les fêtes, dans toutes les mitsvot, nous fêtons le retour, l'accomplissement de notre identité nationale, qui est évidemment liée au Créateur du monde. Voilà, c'était ça le point de départ de notre discussion.
Et alors, j'ai eu ici toute une série de questions qui m'ont été posées, telles que: « Mais comment est-ce qu'on peut donner un sens à… » — ce sont des chrétiens qui parlent — « comment est-ce qu'on peut donner un sens à un État qui transgresse le Chabbat, où il y a des problèmes de tsniout, où il y a des transports publics le jour du Chabbat, etc. ? » Ça, c'était, disons, le premier argument.
Le deuxième argument, c'est qu'il faut attendre la venue du Messie, non ?
Et est-ce qu'on a le droit de fonder un État sans l'intervention directe de Dieu ? Ces arguments, j'avais l'habitude de les entendre ailleurs, je les ai entendus souvent chez Hariri, mais là j'ai trouvé l'origine des arguments.
Et puis, la question forte qui a été posée: « Mais est-ce que ce n'est pas finalement prétendre que c'est la force de mon bras qui m'a fait faire cette réussite ? »
Alors là, c'est une citation directe de la Torah, dans le livre de Devarim, dans la paracha d'Ekev, dans laquelle il semblerait que la Torah nous interdit de parler de la force de notre bras. Alors je leur ai dit: « Mais vous ne savez pas lire la Torah ? Je vous demande de m'amener ici la Torah. » Alors ils m'ont amené une Bible ornée de symboles cruciformes. J'ai demandé si vous pouviez quand même amener un autre livre. Alors finalement, ils m'ont amené une Bible hébraïque, et je leur ai dit que dans la Torah, c'était un commandement de dire: c'est la force de mon bras qui m'a fait réussir.
Et là, je voudrais, pour bien comprendre ce que dit la Torah, voir le contexte dans lequel ce verset a été dit.
Alors, je voudrais… je lis ici dans la paracha, excusez-moi, ça prend un peu de temps de m'y retrouver. Voilà, je lis ici dans le livre de Devarim, au chapitre 8, au verset 7: « L'Éternel, ton Dieu, t'amène dans un bon pays, un pays de courants d'eau, de sources et d'abîmes qui sortent, qui s'épanchent dans la plaine et dans la montagne.
Un pays de blé, d'orge, de vignes, de figues et de grenades. Un pays où il y a des olives donnant de l'huile, et du miel.
C'est un pays dans lequel tu ne mangeras pas le pain dans la pauvreté, tu n'y manqueras de rien. C'est un pays dont les pierres donnent du fer, et tu extrairas du cuivre de ces montagnes.
Et tu mangeras, et tu seras rassasié. » Bon, ça, c'est jusque-là. Ce sont les versets qui nous disent que la bénédiction de Dieu fait que ça s'achève par le fait que tu mangeras et tu seras rassasié.
Maintenant, je vous lis deux versets plus loin. Voici ce que dit la Torah: « Prends garde d'oublier l'Éternel ton Dieu. Prends garde d'oublier… N'arrive pas, je traduis mieux: prends garde d'oublier l'Éternel ton Dieu,
de sorte que tu n'observerais plus ces commandements, et ces préceptes, et ces lois que je te donne aujourd'hui, de peur que tu ne viennes à manger et à te rassasier… » J'ai rien compris. Si dans la bénédiction il est dit « tu mangeras et tu seras rassasié », c'est quelque chose de positif.
Après, la Torah nous dit: fais attention de ne pas manger et d'être rassasié. Donc, manger et être rassasié, c'est quelque chose de négatif. Alors, comment comprendre ? Eh bien, il faut lire simplement la suite. Quand la Torah dit que c'est positif, elle dit: « Tu mangeras et tu seras rassasié, et tu béniras l'Éternel ton Dieu pour la bonne terre qu'il t'a donnée. »
C'est-à-dire: si le fait de manger et d'être rassasié t'amène à faire le Birkat Hamazon, à remercier Dieu pour la nourriture qu'il t'a donnée, donc la satiété est quelque chose de positif. Mais si cela t'entraîne à oublier l'Éternel ton Dieu, alors c'est là que la Torah dit: fais attention, tu risques d'oublier l'Éternel ton Dieu lorsque tu seras rassasié.
Cela veut dire donc qu'être rassasié n'est ni un bien ni un mal, tout dépend de ce que l'on en fait. Et là, je continue ce que dit le verset: « Et tu diras dans ton cœur: ma force et la puissance de ma main, ou de mon bras, m'a donné toute cette réussite. »
« Et tu te souviendras de l'Éternel ton Dieu, parce que c'est lui qui te donne la force de réussir. » Conclusion: la Torah nous demande, de même qu'elle nous demande d'être rassasié — parce que si on n'est pas rassasié, on ne peut pas faire le Birkat Hamazon, on ne peut pas remercier — s'il n'y a pas eu de satisfaction, donc il faut d'abord être satisfait pour pouvoir remercier.
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